De Batalha à Aveiro

Aujourd'hui, samedi 14 juin, nous visitons le monastère de Batalha.
les dimensions des bâtiments sont impressionnantes.

 

 

 

le monastère da Batalha (de la Bataille)

Cet édifice, érigé sur ordre du roi João 1er, pour commémorer la victoire des Portugais sur les Espagnols est une merveille architecturale.
Sa construction débuta en 1386 . le roi vient alors de vaincre les armées Castillanes et pour commémorer son succès et respecter un voeu fait à Notre-Dame en cas de victoire, il ordonna la construction du monastère de Batalha. Alors forcément ce monastère se devait d'être grandiose car au-delà de la victoire, il devait symboliser l'indépendance portugaise.
Si l'accès à l'église est gratuit, le reste de la visite est payant, 6 €uros (prix très bas par rapport à ce que nous voyons en France pour un monument équivalent). Il comprend notamment les deux cloîtres (cloître du roi João 1er et du roi Alfonso), la chapelle du fondateur (2) (Capela Do Fondador) et les chapelles inachevées (12) (Capelas Imperfaitas) appelées aussi "chapelles imparfaites".
Nous entrons dans l'immense église,
et nous y découvrons les vitraux qui projettent de magnifiques couleurs sur le sol.
Nous passons ensuite dans la chapelle du fondateur !


la Chapelle du Fondateur, le chef d’œuvre du concepteur du monastère, maître Huguet. C’est un lieu lourd de symbolisme pour le peuple portugais : c’est ici que sont inhumés le roi Dom João I (Jean Ier de Portugal) et son épouse, la reine Filipa de Lencastre, ainsi que leurs enfants, ceux que l’on nomme la « ínclita geração ». Ces souverains correspondent au début de l’apogée du Portugal, et ont marqué leur époque et notre civilisation, pour avoir amorcé le début des Grandes Découvertes. Le monument qui leur est consacré se devait d’être à la hauteur.
Dom João I (1357-1433) et Dona Filipa de Lancastre (1360-1415)
Ils ont formé un couple très aimé dans l’histoire du Portugal. Fils illégitime de Pierre 1er roi du Portugal, et de Teresa Lourenço, Dom João naquit à Lisbonne en 1358.
Suite aux querelles habituelles avec l’Espagne, auxquelles le Portugal a dû faire face pour éviter que le roi d’Espagne ne devienne l’hériter du trône du Portugal (les deux familles royales ayant trop souvent des liens de parenté très proches et «dangereux » pour l’indépendance nationale), Dom João I a été proclamé roi du Portugal en 1385.
En 1387 Jean 1er épousa Filipa (ou Phillipa) de Lancastre (fille de Jean de Gand ou John of Gaunt duc de Lancastre, et sœur d'Henri IV d'Angleterre) dans le but de renforcer l’alliance diplomatique avec l’Angleterre.Le traité de Windsor fut signé en 1386.
En cette même année, son père venant d’Angleterre, avait emmené Dona Filipa et l’avait laissée à la garde de l’évêque au Palais Episcopal de Porto. Mais ce n’est que l’année suivant que le mariage eut lieu dans cette même ville
Sur le mur Sud, nous trouvons les tombeaux du roi Dom Pedro et de sa femme Isabelle d’Aragon, du prince Henri le Navigateur, de l’infant Dom Jean et sa femme Isabelle, fille du comte de Barcelos et finalement, Dom Fernando, « l’Infant Saint ». Sur le mur Ouest, c’est le roi Dom Afonso V (Alphonse V), Dom Jean II, le prince Dom Afonso et les enfants de Dom Jean II. C’est bien un tombeau royal ! Pratiquement resté intact depuis sa construction, seul le fameux tremblement de terre de 1755 aura eu raison de la flèche qui surmontait la coupole. Les tombeaux furent quand à eux endommagés par les guerres Napoléoniennes. Il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour que des travaux de restauration et reconstruction soient effectués, par José Augusto Fragoso. On peut aujourd’hui admirer la superbe Chapelle dans toute sa splendeur originale, en faisant honneur au Panthéon Royal, qui ne trouve d’équivalent que dans les Chapelles Imparfaites, de ce même monastère.
Dom Fernando (1402-1443)
Infant de Portugal, le Saint Infant, fils de Jean Ier roi de Portugal et de Philippa de Lancastre.
Dom João (1400-1442) et Dona Isabel son épouse
Infant de Portugal, troisième connétable de Portugal, dixième maître de l'Ordre Militaire de Saint Jacques. Il est le fils de Jean Ier de Portugal et de Philippa de Lancastre. Il épouse en 1424 sa nièce Isabelle de Bragance (morte en 1465), fille du premier duc de Bragance (bâtard de Jean Ier de Portugal) et de sa femme Béatrice de Portugal (fille héritière de Nuno Álvares Pereira, le Saint Connétable de Portugal, comte d'Ourém, d'Arraiolos et de Barcelos).
Dom Henrique (1394-1460)
Henri le Navigateur, également appelé Infante Dom Henrique, prince de Portugal, est souvent considéré comme la figure la plus importante du début de l'expansion coloniale européenne. Lui-même n'a jamais vraiment navigué et n'a donc fait aucune découverte géographique. Son rôle dans ce domaine s'est uniquement limité à du mécénat. L'épithète de « navigateur » qui lui a été attribuée est donc purement honorifique. Il est le troisième fils de Jean Ier de Portugal, le fondateur de la dynastie d'Aviz. Sa mère est Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gand et sœur d'Henri IV d'Angleterre. Henri le Navigateur ne s'est jamais marié et n'a pas eu de descendance.
Dom Pedro (1392-1449)
1er duc de Coimbra, (mort à la bataille d'Alfarrobeira) est un prince de la dynastie d'Aviz, fils du roi Jean Ier de Portugal et de Philippa de Lancastre. Régent de Portugal entre 1439 et 1448, il est connu pour ses nombreux voyages à l'étranger, qui lui valent le surnom d’Infant des Sept parties du Monde. À l'occasion de ces pérégrinations européennes, il reçoit de l'empereur Sigismond Ier le duché de Trévise pour services rendus (1422). En 1427, Henri VI d'Angleterre le fait chevalier de l'ordre de la Jarretière.
Les Soldats Inconnus
En France, il y a l’Arc de Triomphe à Paris, et sa flamme « éternelle » à la mémoire du Soldat Inconnu qui y est inhumé, rappelant aux vivants ceux qui par le passé sont morts pour défendre notre pays. Au Portugal, le monument choisi pour ce rappel n’est autre que le glorieux Monastère de Batalha, qui célèbre déjà lui même la victoire des portugais sur les castillans à la Bataille d’Aljubarrota. C’est en se promenant dans le Cloître Royal du roi Dom João I que l’on découvre la Salle du Chapitre, toujours gardée par des militaires. Vous verrez en permanence des militaires se reposant à l’entrée de la Salle, et on comprend mieux la raison de la présence de ces militaires très vite : à l’intérieur, gardant le tombeau, deux soldats ne bougeant pas d’un poil gardent la mémoire de deux des leurs, tombés sur le front.
Le monastère de Batalha est articulé autour du Cloître Royal, avec l’église d’un coté, les autres bâtiments se partageant les autres cotés. Entourée d’arcades en ogive disposées sur un seul étage, le premier architecte du cloître est Afonso Domingues, le créateur initial du projet architectural du monastère. De lui, on garde le début du chantier en 1386, et les deux premières galeries du cloître.
Le cloître royal (claustro Real) ne faisait pas partie du projet initial. Il fut édifié entre 1448 et 1477. Son apparence sobre est en contraste frappant avec le style gothique flamboyant de l’église. Entre les arcades furent ensuite ajoutés les entrelacs à fleurs de lys et rosettes dans le plus pur style manuélin. C’est une profusion de fleurs de lotus, de branches de bruyère, de coquillages et de végétation exotique.
Le lavabo est particulièrement riche. C’est une fontaine surmontée de deux vasques sculptées. Elle est de plus mise en valeur par la lumière dorée qui filtre à travers les arcades et dont l’intensité évolue en fonction de la position du soleil. Placé à l'entrée du réfectoire, il permettait le lavage des mains avant d'y entrer.
Le cloître Afonso V, du nom du 12ème roi du Portugal (1432 ~ 1481) est un cloître secondaire si on le compare au Cloître Royal. Mais il possède un charme qui lui est bien propre, avec son petit jardin intérieur, sa fontaine, et ses deux niveaux.
 
Les frises qui décorent les toits : on dirait de la dentelle.
Les Chapelles Inachevées se trouvent à côté du monastère, mais sont indépendantes de celui-ci car, en effet, elles n’ont pas d’accès direct. Il s’agit d’un lieu qui impressionne tout le monde. L’entrée est comme dans n’importe quelle chapelle, mais quand vous êtes dedans, vous vous rendez compte qu’il s’agit de deux chapelles pas encore terminées et qui n’ont pas de toit. Elles sont parfaitement finies dans toutes leurs parties, c’est à dire : elles ont des murs avec des ornements de toutes sortes, elles ont également des arcs fixés aux murs qui sont parfaitement achevés, et même avec quelques somptueux vitraux divinement colorés qui illuminent de façon magique le lieu. La seule chose qui manque dans ces deux chapelles, ce sont les toits ! Levez les yeux et voyez le ciel ! C’est une sensation étrange qui fait que tous les visiteurs restent hallucinés. Le plus habituel est de se placer au milieu d’une des chapelles et commencer à tourner en regardant le ciel, chose étrange, tout le monde le fait. Leur structure est octogonale dans le style gothique. Apparemment, la construction de ces deux chapelles a été arrêtée sur ordre du régent de l'époque, Manuel I, En effet, il aurait ordonné d’abandonner ce travail pour commencer au plus vite possible le Monastère des Jeronimos dans la ville portugaise de Belem. Depuis lors, elles sont restées.
Tombeau de D. João, premier fils de D. Afonso V mort peu après sa naissance (1451).
Main dans la main, gisants du roi Dom Duarte et de son épouse la reine Leona d’Aragon.
Nous terminons la visite et rejoignons le parking, il est l'heure de déjeuner.
Après le repas, nous reprenons la route, direction Alcobaça. Hier, nous n'avions pas pu visiter le monastère !
 
Dans cette ville se trouve la plus belle abbaye cistercienne du Portugal. Située dans une région agricole, au confluent de l'Alcoa et de la Baça, Alcobaça puise ses principales ressources dans le commerce des fruits, la production de vin et l'élaboration d'une liqueur de cerise. Ajoutons que c'est aussi un centre très actif de vente de faïences locales et que l'on y trouve, étalés sur les trottoirs de la grande place devant le monastère, des vases, des fontaines et des plats aux formes diverses.
La première salle ou nous entrons est la salle des Rois (sala dos Reis) où des statues représentent tous les rois portugais. Tous les murs sont recouverts d’azulejos qui racontent la fondation de l’abbaye.
«Azulejo» est un mot d'origine arabe employé en Espagne et au Portugal pour désigner un carreau de faïence, c'est-à-dire un carreau de terre cuite recouvert d'un émail opaque. Dans ces deux pays, on fit dès le XIIIe siècle un usage fréquent d'azulejo pour revêtir et orner murs, sols, fontaines, plafonds ou cheminées.
Le cloître du monastère d'Alcobaça (aussi appelé Cloître du silence) séduit par la pureté et la simplicité de ses lignes. Il a été construit entre 1308 et 1311, sous le règne du roi Dinis. Les galeries disposent d'arcs et de voûtes, servent de liaison avec le jardin central et abritent des fenêtres et des arches, soutenues par des colonnes. Les chapiteaux sont décorés simplement, certains sont ornés de végétaux et d'autres de dragons.
La salle du chapître garnie de statues toutes blanches comme la plupart des pierres de ce monastère.
Les jardins du cloître du Silence et quelques belles gargouilles.
Jardins du cloître de novices.
Descente vers les cuisines.
Le réfectoire.
Comme dans tous les monastères cisterciens, on trouve le Lavabo près du réfectoire
Dom Pedro de Portugal, prince héritier de la couronne, et Inès de Castro.


Les héros de La Reine morte, Dom Pedro de Portugal, prince héritier de la couronne, et Inès de Castro, dame d’honneur à la cour, ont bel et bien existé. Leur histoire tragique, digne des amants de Vérone, n’a rien d’inventée : elle s’est déroulée à la cour du Portugal au XIVe siècle.
En 1340, Dom Pedro, prince héritier de la couronne portugaise, épouse, contraint et forcé par son père le roi Alphonse IV, Constance de Castille.L’infant n’a aucun sentiment pour cette princesse et la situation va se compliquer avec la présence à la cour d’une dame d’honneur de son épouse, la Galicienne Inès de Castro. Dom Pedro a vingt ans, Inès de Castro, quinze. La passion inéluctable et fulgurante qui les unit dès le premier regard est bien sûr désapprouvée par leur entourage. Lorsque la princesse meurt en donnant naissance à son troisième enfant, les relations entre Dom Pedro et son père ne vont aller qu’en se dégradant, Dom Pedro refusant tout remariage politique. Il entend vivre au grand jour son amour pour Inès. L’exil d’Inès et autres stratagèmes ayant échoué à séparer les deux amants, le roi décide enfin de faire assassiner Inès de Castro par trois de ses sbires. Si la légende autant que les poèmes, peintures, pièces de théâtre et opéras la représentent toujours poignardée, Inès de Castro a pourtant été décapitée le 7 janvier 1355. La douleur et la colère du prince est telle qu’il entre alors ouvertement en guerre contre son père. Il faudra toute l’entremise de sa mère Béatrice pour mettre fin au conflit.
À la mort de son père deux ans plus tard, Dom Pedro devient roi sous le nom de Pierre Ier. Surnommé Pierre le cruel, il fait retrouver les assassins d’Inès et fait arracher le cœur de l’un par la poitrine, celui du second par le dos.
La déclaration de Cantanhede de 1360 fait d’Inès son épouse légitime. En 1361, sa dépouille est transférée au monastère de Santa Maria d’Alcobaça dans un magnifique tombeau de marbre blanc, après que le squelette a été revêtu de vêtements royaux, assis sur le trône pour que les nobles viennent un par un lui baiser la main. À ses côtés repose le roi Pedro, uni à Inès pour l’éternité.
 
Tombe de Inès de Castro.
 
Tombe de Pierre Ier de Portugal (Dom Pedro)
Les monastères de Batalha et d'Alcobaça sont deux magnifiques monuments qu'il faut absolument visiter si l'on vient au Portugal.

La visite terminée, il est environ 15 heures lorsque nous reprenons notre route vers Aveiro (environ 100Km) où nous passerons la nuit.
 
Sur la route, nous traversons le rio Mondego à Figueira da Foz.
Le Mondego est le plus grand fleuve exclusivement portugais. Il Traverse la partie centrale du pays, de la Serra da Estrela à l'océan Atlantique, où il se jette près de Figueira da Foz. Il est Long de 234 km. A Figueira da Foz, il rejoint l'océan après s'être séparé en deux. Deux magnifiques ponts enjambent les bras du fleuve.
Vers 18 heures, nous arrivons à Aveiro. Nous nous installons sur un grand parking à l'entrée de la ville. Après diner, vers 21 heures, nous faisons une petite ballade By Night dans la ville (à 500m du parking).
Des canaux serpentent dans la ville.
 
Ci-dessus, la Passerelle circulaire d'Aveiro sur un canal.
Même à cette heure tardive, les cafés et restaurants sont bondés. Parout des écrans de télé. Il faut dire que c'est la coupe de foot !
Magnifique spectacle.


Il est 11 heures lorsque nous rentrons nous coucher et nous ne tardons pas à nous endormir.
Demain, nous visiterons Aveiro de jour.

 

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