Porto

Nous sommes toujours le dimanche 15 juin, nous approchons de Porto, nous quittons l'autoroute et la circulation devient difficile. Nous sommes dans la banlieue et il y a beaucoup de monde. Les routes sont mal entretenues et les plaques d'égouts sont enfoncés de près de 10cm dans le bitume. Il n'est pas toujours facile de les éviter et au bout d'un moment, le pot d'échappement commence à faire un drôle de bruit.
Nous arrivons vers 16 heures au camping "Orbitur Madalena" à Vila Nova de Gaïa. Nous sommes déçus : sanitaire pas terribles ; pas d'eau chaude chez les femmes ; terrain dans un état lamentable. Pourtant, ce camping a sûrement été très bien, il y a longtemps. Le manque d'entretient est sans doute la cause de son état.
Après avoir fait les formalités d'inscription,nous prenons une bonne douche (Brigitte : côté hommes) puis il est vite l'heure de dîner (dehors sous les eucalyptus). Nous visitons le camps et allons à la salle Wifi ou nous passons un bon moment. Ensuite : dodo ! Nous sommes réveillés vers 5 heures du matin par un gros coup de vent. Nous rentrons le linge que Brigitte avait mis à sécher et replions le auvent. Nous nous recouchons jusqu'à environ 8 heures.

Lundi 16 juin, petit déjeuner, toilette et en route pour visiter Porto. Nous partons vers 9 heures et, comme à Lisbonne, le bus est de rigueur. Il est impensable de circuler autrement. Le camping est à 3/4 d'heures de Porto. Le voyage est impressionnant. Le bus passe par des ruelles si peu larges et encombrées qu'il n'y a que 10 centimètres de libre de chaque côté. Nous frôlons les votures en stationnement à une vitesse moins que raisonnable. Le klaxon est aussi de rigueur dans le courbes sans visibilité. Les piétons se rangent en urgence dans les renfoncement de portes.
Nous arrivons enfin à Porto, et là, le spectacle change complètement. C'est une ville magnifique.
Porto
Porto a pour surnoms Cidade Invicta (la ville invaincue) et Capital do Norte (capitale du Nord). Elle a donné son nom au Portugal. Auparavant Porto s'appelait Portus, elle était la capitale du "Condado Portucalense", ou "Portucale".
Selon la légende, Cale, l'un des argonautes grecs arrive sur le site de l'embouchure du Douro et fonde la ville. Mais le choix du site n'est pas approprié à la navigation. Les Romains changent l'emplacement sur la rive droite, pour construire un port, nommé Portus Cale. Entre l'an 410 et 584, la région fût envahie par les peuples germaniques qui prirent le contrôle sur les romains et firent de la ville la capitale en lui donnant le nom de Braga. Mais cette domination des germaniques Suèves ne dura pas longtemps puisqu'en 584 elle fut envahie par les wisigoths qui redonnèrent le nom de Portucalense à la ville. En 868 le Comte Vímara Peres (voir sa statue au pied de la cathédrale de Porto) vainquit les Maures en prenant le contrôle de la région du fleuve Douro au fleuve Minho, au nord du pays, où il créa le premier comté du Portugal (Comté Portucalense) et donna ainsi origine à l'identité nationale et aux racines du Portugal comme pays.
En 1386, le roi D.João I du Portugal, marié à Filipa de Lencastre, fille du premier Duc de Lencastre, l'anglais John Gaunt, établit le traité de Windsor, alliance entre l'Angleterre et le Portugal, c'est l'alliance militaire entre deux pays la plus ancienne au monde. Entre les XIVe et XVe siècles, béni par les eaux du Douro, Porto fut crucial pour le développement de la construction navale portugaise et ce fut de Porto qu'en 1415 l'Infant D. Henrique, le navigateur, partit pour explorer la côte occidentale africaine en commençant ainsi l'époque des Découvertes Portugaises. Sous son commandement les îles de Madère et des Açores furent conquises en 1419 et 1427, respectivement. C'est à cette époque que les habitants de la ville gagnèrent leur surnom de "tripeiros" car la viande étant envoyée sur les navires pour les marins, le peuple se nourrissait de ce qu'il restait, en l'occurrence des tripes.
Aux alentours de 1700 le vin représentait déjà une partie importante de l'économie et a fortement contribué à l'essor de Porto. Les bateaux connus sous le nom de "Rebelos" servaient à transporter les barriques de vins sur le fleuve Douro depuis les vignes de la vallée du Douro. En 1703 le traité de Methuen permit d'établir des relations commerciales entre l'Angleterre et le Portugal et en 1717 la première production anglaise de vin de Porto était opérationnelle à partir de la ville du même nom.
Les XVIIIe et XIXe siècles furent une période de croissance dans l'histoire de Porto, mais furent également une période de conflits. Les armées napoléoniennes envahirent la ville en 1809 et provoquèrent la chute du pont "das barcas" (pont de barques) qui céda sous le poids de la population en fuite. Heureusement l'armée française fut stoppée par Arthur Wellesley, premier Duc de Wellington, qui traversa le fleuve dans de petite rebelos, avec son armée, depuis les rivages de Vila Nova de Gaia.
Le pont "das Barcas" fut le premier de plusieurs ponts qui permirent de traverser le fleuve Douro, en reliant les deux rives. Il était constitué de 20 barques, reliées entre elles, par des cables en acier, il pouvait s'ouvrir en deux pour céder le passage au trafic fluvial. Après la chute de ce pont, le pont suspendu Dona Maria vint le remplacer et l'on peut encore voir aujourd'hui ses piliers tout au long du pont D. Luis. Le premier pont en fer fut inauguré la même année. Le pont ferroviaire D. Maria, qui continue à permettre la traversée du fleuve de nos jours, fut dessiné par Gustave Eiffel et fut considéré comme un chef d'œuvre de la technique de l'époque. Le pont D. Luis, le plus célèbre de la ville de Porto , fut ouvert au public en 1886 et fut exécuté par Teophile Seyrig, ancien associé de Gustave Eiffel.
À la fin du XIXe siècle, en 1891, les républicains provoquèrent une révolte dans la ville, véritable évènement dans l'histoire de Porto et du Portugal puisqu'il amorçât la déclaration et la création de la République Portugaise en 1910.
Les ponts de Porto
A la descente du bus, nous nous retrouvons au pied du pont D. Luis Ier qui relie Porto à Vila Nova de Gaia. et permet la traverseée du Douro. Y circulent : voitures et piétons en bas, métro et piétons en haut.
Le premier monument que nous rencontrons est l'Igreja de São Francisco. Le tramway passe au pied de l'église.
Cette église, dont l’intérieur est recouvert d’or, est l’un des exemples les plus remarquables du baroque portugais. L’église de São Francisco fut construite au XIVe siècle sous le règne de Dom Fernando, à l’emplacement d’une église plus modeste fondée par l’ordre des Franciscains, établis à Porto depuis 1223. Le plan de l’église obéit aux règles du gothique des ordres mendiants, avec trois nefs, un transept prédominant et un chevet trilobé, le chœur étant situé sur un plan plus éloigné. Toutefois, on remarquera l’introduction de certains éléments innovants, comme la décoration de billettes sur les parties ajourées du chœur.Au XVIe siècle, l’architecte João de Castilho réalisa la chapelle de Saint-Jean Baptiste, mais c’est au XVIIIe siècle qu’eurent lieu les travaux les plus importants, qui ont donné à cette église toute sa magnificence baroque, préservée jusqu’à aujourd’hui. Par l’abondance de bois dorés, l’intérieur semble totalement recouvert d’or.Parmi les chefs-d’œuvre, le remarquable retable du chœur, représentant l’arbre de Jessé, fut remanié entre 1718 et 1721 par Filipe da Silva et António Gomes.
L’entré de l’église est payante et donne accès à un musée avec une collection d’art sacré et la visite des catacombes remplies d’ossements.
Dans la crypte de cet édifice se trouvent les catacombes. Elles servirent de cimetière privé au Tiers Ordre de St-François de 1749 à 1866. Les enterrements ont cessé en 1866 à la suite de la Loi sur la Santé du 26/11/1845.
Un escalier conduit à la salle du conseil d'administration au premier étage.
L'intérieur de l'église est un émerveillement. Des boiserie et des dorures partout !
Face à l'église San Francisco, une petite église : Igreja São Nicolao.
Nous reprenons notre chemin à travers les ruelles.
Notre chauffeur nous attends (gag).
Le marché Ferrera Borges
Ce bâtiment est un ancien marché qui n'est plus utilisé comme tel. Il est situé dans le centre-ville. Il attire l'attention par sa façade en fer rouge réalisée par la Compagnie Alianza. Il n'a été utilisé comme marché que pendant une courte période et sert maintenant pour des animations culturelles.
En arrière plan, la tour de Clerigos.
En bas, le Douro avec, sur l'autre rive, Vila Nova de Gaïa.
Comme partout, les rues et ruelles sont décorées.
L'Igreja São lourenço.
Nous continuons à monter jusqu'à atteindre la Cathédrale de Porto (Sé do Porto).
La Cathédrale de Porto est une église forteresse du XIIe siècle. Elle fut construite en haut d'une colline. De style roman, elle est remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais n’en est pas moins un des monuments les plus anciens de la ville. La construction de la cathédrale commence vers 1110. Porto est cependant le siège épiscopal depuis au moins le VIe siècle. Vers 1333 la chapelle funéraire de Jean Gordo fut ajoutée. Le sarcophage surmonté de son gisant est décoré des bustes des apôtres à droite et gauche du Christ (Cène). Jean Gordo est un chevalier hospitalier qui fut au service du roi Denis I. Le cloitre attenant à la cathédrale date de la même époque gothique (XIVe siècle). Il était sans doute achevé lorsque fut célébré dans la cathédrale le mariage de Jean I avec la princesse Philippa de Lancastre (1387).
L’aspect extérieur de la cathédrale est modifié durant l’époque baroque. En 1732, l’artiste et architecte italien Niccoló Nasoni ajoute une large loggia baroque sur le flanc gauche de la cathédrale. En 1772, un nouveau portail baroque remplace l’ancien, et les coupoles des tours sont modifiées.
Le maître-autel créé par Santos Pacheco et exécuté par Miguel Francisco da Silva entre 1727 et 1729, est une œuvre d’art représentative du baroque portugais.
 
Nous passons ensuite dans le cloître.
De magnifiques azulejos tapissent les murs.
La salle capitulaire avec son magnifique plafond.
Il y a eu, avant le pays que l’on nomme aujourd’hui le Portugal, un comté, le Comté de Portucale, ou Comté de Portugal. Ce nom correspond en fait à deux comtés, qui ont existé à deux périodes distinctes de l’Histoire. Pour faire la distinction entre les deux comtés, il est usuel de nommer le premier comté par Condado de Portucale, et le deuxième de Condado Portucalense.
Vimara Peres est né en Galice, en l’an 820. La péninsule ibérique était alors pratiquement toute entière sous contrôle musulman, hormis le petit royaume des Asturies. Devenu seigneur de guerre et vassal du Roi des Asturies (Espagne), Alphonse III, il fut envoyé combattre les occupants musulmans. C’est lui qui repris définitivement aux Maures les villes actuelles de Porto et Gaia, connues à l’époque sous le nom de Portucale. On était alors en l’an 868, et il devint cette même année le premier Comte de Portucale. Il fonda une petite ville, non loin de Braga, nommée Vimaranis, dérivée de son propre nom, et en fit sa capitale. C’est la ville moderne de Guimarães, éternelle rivale de Braga ! Guimarães est surnommée par les Portugais « berceau de la nation ». C’est à partir du comté que Vimara organise le repeuplement chrétien de la région, avec beaucoup de succès.
Vimara mourut en 873, laissant le pouvoir à son fils, Lucidio Vimaranes. Une dynastie était fondée, qui allait durer jusqu’en 1071, avec pour dirigeants des comtes, (comite), des ducs (dux) ou des princes (princeps).
La statue de Vimara Peres se trouve à côté de la cathédrale.

Nous redescendons ensuite du parvis de la cathédrale et nous dirigeons vers le quartier de São Bento.
La gare de São Bento (Estação de São Bento).
Il s'agit d'une des plus importantes gares de Porto située, au centre de la ville. Le bâtiment a été inauguré le 7 novembre 1896.
La gare porte le nom d'un ancien couvent situé précédemment à l'endroit où est érigée l'actuelle gare. Le couvent s'appelait São Bento de Avé Maria.
La salle des pas perdus est un chef-d'oeuvre de l'art de l'azulejo. D'immenses fresques retraçant des scènes de la vie populaire ou les grandes périodes de l'histoire portugaise du XIIe au XVe siècle recouvrent les murs. On peut aussi y voir une belle frise en couleurs sur l'évolution des moyens de transport dans le pays. Une anecdote : construisant sa gare comme un monument, l'architecte en négligea le côté pratique et utile, et oublia... les guichets de vente !
Au centre, l'Igreja de Santo António dos Congregados, à droite, la gare de São Bento.
Après cette magnifique visite, nous reprenons notre route et passons devant la mairie, nous y reviendrons plus tard.
Nous nous dirigeons vers la tour de Clérigos et en profitons pour visiter l'Igreja dos Carmelitas.
Igreja dos Carmelitas (Eglise des Carmélites), celle de gauche. Igreja do Carmo (Eglise du Carmo), celle de droite.
L’église des Carmélites à Porto est l’une des plus belles de la ville. Vu de dehors, on peut voir qu'elle est accolée à un autre bâtiment (l’Igreja do Carmo). Les deux églises sont séparées par une «maison», si on peut appeler cela une maison. Elle ne mesure qu'un mètre de largeur et a été construite en raison d’une loi qui interdisait à deux églises d’avoir des murs mitoyens. L’église des Carmélites étaient destinée au sœurs carmélites, la nouvelle église du Carmel aux moines. On comprend mieux l’absolue nécessité de la séparation.
L’église des Carmélites prend toute sa dimension lorsque l’on visite l’intérieur : on comprend ce que veux dire Baroque, c’est à couper le souffle. Trois chapelles richement décorées sont installées de part et d’autre de la nef. On appréciera particulièrement le plafond de l’église, tout blanc, ponctué par des éléments architecturaux de style baroque, c'est du plus bel effet. Ce plafond donne une luminosité toute spéciale à l’église, aidée par les grandes fenêtres laissant entrer une lumière abondante. Les chapelles sont splendides, mettant en valeur les images des saints qui y sont représentés. La lumière a été savamment utilisée pour mettre en valeur la riche décoration que nous avons la chance de voir dans un état de conservation impeccable. Cela fait plaisir de voir autre chose que des vieux bâtiments en ruine, faute d’argent pour les maintenir dans l’état originel.
Après cette petite visite, nous repartons et arrivons en vue de la tour de Clérigos.
igreja e torre dos Clérigos (église et tour des clercs)
Visible de nombreux points de la ville de Porto, dont elle est le symbole architectural, la tour de Clerigos, sur la place de la Liberté, est le clocher de l’église qui lui est accolée. En 1750, sur la demande de la confrérie religieuse des «Clérigos pobres» (pauvres clercs), l’architecte italien Niccoló Nasoni planifie la construction de deux clochers monumentaux derrière l’église des Clercs, à peine achevée. Il n’en construira finalement qu’un, entre 1754 et 1763, de style baroque italien (comme le reste de l’église), prenant les campaniles toscans pour inspiration. La tour, d’une hauteur de 76 mètres, était le plus haut édifice du Portugal au moment de sa construction, et c’est toujours le plus haut clocher du pays. Dominant Porto, elle offre de son sommet le plus beau panorama sur la ville, la cathédrale, le Douro et les chais. Elle a longtemps servi de phare pour les navires rentrant au port. En 1910, l’Institut Portugais du Patrimoine architectural (IPPAR) l’a classée monument national.




La montée dans la tour se fait par 190 marches. Après cette montée assez dûre, nous pouvons admirer le carillon et son clavier. Puis nous arrivons sur le petit chemin de ronde. Là, il faut jouer des coudes (gentiment) pour pouvoir approcher de la balustrade et enfin être émervelllé par la vue.
Les estomacs nous rappelant à l'ordre, nous descendons de notre belvédère et partons à la recherche d'un petit restaurant
Dans une petite ruelle, nous trouvons un petit resto recommandé par le Routard. Nous nous installons et choisissons le menu à 4.60€ : Soupe !, plat (3 choix possibles), pain, dessert et café. Il faut ajouter la boisson, mais çà n'est vraiment pas cher.
Nous nous régalons et reprenons notre chemin. Et passons devant la célèbre librairie Lello, nous y entrons.
La Livraria Lello (la librairie Lello), une autre merveille de Porto. Il faut un peu de recul pour apercevoir la façade, sa corniche, ses pinacles et ses flèches de style néogothique, dentelle de pierre blanche qui semble attirer toute la lumière de la rue. Au-dessus de l’arc surbaissé que forment la porte d’entrée et les vitrines, s’ouvre une triple fenêtre, séparée des pilastres par deux *sgraffites en hauteur représentant les allégories féminines de l’Art et de la Science. Au milieu, à l’horizontale, en lettres d’enluminure, l’inscription «Lello & Irmão». Au dessous dans la vitre cintrée : «Livraria Chardron».
On peine à se frayer un chemin parmi les touristes qui entrent et sortent de la librairie Lello, mais l’impression est celle de pénétrer dans un musée, un studio où aurait été tournée une scène de Harry Potter, une machine à remonter le temps, un lieu sacré. «Fotos não, No pictures, Pas de photos», avertissent les vendeurs. Je suis obligé de ruser pour faire une photo sans me faire voir. Des employés sont en faction et rappellent à l'ordre les contrevenants. Au sol, sur le plancher en bois, de minces rails, qui servaient jadis à transporter les livres sur un wagonnet, suivent le passage central en marqueterie, puis bifurquent sur la gauche, jusqu’à la porte-fenêtre du fond, cachée par un rideau. A droite et à gauche, en entrant, les écussons des fondateurs, José Pinto Sousa Lello (1861-1925) et son frère António (1870-1953), puis, sur des piliers surmontés par des baldaquins, les bustes d’émérites représentants des lettres portugaises : José Maria Eça de Queiróz, Antero de Quental, Tomás Ribeiro, Teófilo Braga, Guerra Junqueir. Les livres sont présentés sur des tables cubiques, à côté de bancs revêtus de cuir, et emplissent toutes les étagères finement ciselées, qui montent jusqu’au plafond et s’achèvent en ogive.
*Provenant du mot italien sgraffito signifiant griffé, le sgraffite est un art visuel destiné à la décoration architecturale. Cette technique fut très utilisée pendant la Renaissance et durant la période Art nouveau.
(Photos internet)
Nous repassons ensuite vers la mairie dans laquelle nous entrons. Nous n'avons accès qu'au hall d'entrée. Nous en profitons pour nous rafraîchir car dehors, la chaleur est intenable.
Nous entamons ensuite la descente vers le Douro où nous pouvons admirer les "barcos rabelos".
Les barcos rabelos
Le transport des barriques des vins de Porto était au centre des préoccupations durant le XVII ème siècle. En effet, initialement les vins destinés à l’exportation étaient acheminés difficilement, par voie terrestre, sur les pentes rocailleuses de la vallée du Haut Douro, jusqu’à Viana do Castelo. Quand en 1667, Colbert, premier ministre du Roi Louis XIV, freine les importations de denrées anglaises, le Roi Charles II d’Angleterre, lui, taxera puis cessera toute importation de vin français. Les marchands anglais voient là une opportunité d’augmenter le commerce de vins du Douro et privilégient le transport des vins par barques à destination de Porto. A partir de 1678, le vin porte le nom du port duquel ils sont exportés. C’est à ce moment là que les marchands, aurait selon les grandes maisons anglaises, ajoutés de l’eau de vie afin de fortifier les vins en augmentant la teneur en alcool et les empêcher de s’altérer pour leur longue traversée de l’Atlantique. En 1710, les marchands de Viana do Castelo viennent définitivement à Porto pour y développer leurs activités vinicoles et commerciales.
L’année 1780 marque le démarrage d’un projet herculéen, la démolition des amas granitiques du *Cachão da Valeira afin de permettre la navigation des terres reculées, à l’est du Douro, obstruées par une cascade formée par d’énormes affleurements rocheux. Les premiers bateaux arrivent à se frayer un passage dès 1789, deux ans avant l’ouverture définitive des gorges qui, même désencombrées, resteront longtemps d’un danger extrême pour les bateaux. Et puisque le transport fluvial, seul moyen d’acheminer les vins hors de la vallée, n’était pas possible depuis les terres en amont de Cachão, très peu de vignobles s’y établirent. Ce n’est donc qu’à partir de l’ouverture des gorges en 1791 que ce secteur se développe. Appelé le «Douro Novo» avant de devenir le «Alto Douro», il devient synonyme de qualité, voire d’exception, ce qui aura contribué au rayonnement des vins de porto. Aujourd'hui, Les barcos rabelos ont perdu leur fonction d'origine, mais conservent encore un attrait touristique. Les derniers sont ancrés devant les sociétés de vente de porto, sur les rives du Douro. Certains prennent part à des régates.
*Le Cachão de Valeira était une cascade très dangereuse dans un canyon rocheux de la rivière Douro.
Nous retrouvons les rives du Douro, au pied du pont D. Luis I.
Il est 16 heure lorsque nous rejoignons l'arrêt de bus (après un bon quart d'heure de marche sous le soleil brûlant). Nous attendons encore un bon moment avant qu'un bus ne montre le bout de son nez. Nous embarquons et retrouvons des français du camping. Nous sympatisons et sommes invités à l'apéro. Nous y passons un bon moment puis retournons au camping-car pour dîner.

Après cette dûre journée, nous nous couchons pour reprendre des forces. Demain, nous retournons visiter les caves.

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