Le Château de Prague et la Cathédrale Saint Guy

Le Château
Le château de Prague (en tchèque : Pražský hrad) est le château fort où les rois de Bohême, les empereurs du  Saint-Empire romain germanique, les présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque, siègent  ou ont siégé. Les joyaux de la couronne de Bohême y sont conservés. Ses dimensions sont impressionnantes 570  mètres de long et 130 de large, Le Livre Guinness des records l'a listé comme le plus grand château ancien du monde
Situé sur la colline de Hradčany et dominant la Vieille Ville de Prague et Malá Strana, cet ensemble  monumental émerge d’une couronne de jardins et de toits et déploie sa longue façade horizontale d’où  jaillissent les tours de la cathédrale Saint-Guy et de la basilique Saint-Georges.
Sur ce site surélevé, une première fortification en bois est bâtie au IXe siècle pour protéger la résidence  des princes Přemyslides régnant sur le royaume du Bohême. A l’intérieur de l‘enceinte, les premiers bâtiments  en pierre sont des églises construites à côté du palais encore en bois : l‘église Notre Dame (IXe siècle,  aujourd’hui disparue : quelques traces archéologiques sont cependant encore visibles), l’église et le couvent  Saint-Georges (Xe siècle, plusieurs fois reconstruit), la rotonde Saint-Guy (Xe siècle, à peu-près à  l’emplacement du choeur de l’actuelle cathédrale). Le site est ainsi dès cette époque le centre politique et  religieux de Prague et du royaume.
Le château lui-même, résidence princière, royale puis impériale fut progressivement aménagé au cours des  siècles, principalement sous l’empereur Charles IV (XIVe siècle), le roi Vladislas Jagellon (fin XVe-début  XVIe),  l’empereur Rodolphe II Habsbourg (XVIe-début XVIIe siècle), et l’impératrice Marie-Thérèse Habsbourg  (XVIIIe siècle). Après la chute de l’empire austro-hongrois en 1918, il devient naturellement le siège du  nouveau président de la République tchécoslovaque. Il reste aujourd’hui la résidence officielle du président  tchèque.
Les édifices religieux sont également de première importance : l’actuelle cathédrale Saint-Guy est le siège  de l’archevéché de Prague, et abrite de très nombreux trésors artistiques et religieux, et la basilique  Saint-Georges, nécropole de plusieurs souverains přemyslides, est l’un des plus beaux monuments romans de  Prague.
Entrée du Château
Une des cours du Château   Salle Vladislas
cour du Château
 
Salle du Trône   La grande salle des fétes
Cour du Château   Porte Mathias
La Cathédrale Saint Guy
Siège de l'archevêché de Prague, la cathédrale Saint-Guy est le plus important bâtiment gothique de la ville. Elle est située au milieu du complexe du château. Construite sur plusieurs siècles, elle renferme de nombreux trésors artistiques, des joyaux de la couronne aux mausolées des plus grandes personnalités du royaume, de sa mosaïque vénitienne aux vitraux Art Nouveau signés Alfons Mucha.
Le bâtiment que l'on visite actuellement est le fruit d'une construction de plus de cinq siècles, sur un site où s'élevait déjà auparavant une rotonde en pierre (Xe siècle), puis une église romane. On y trouve dès le Moyen-Age les sépultures de Saint-Venceslas et Saint-Adalbert, patrons de la Bohême. C'est l'empereur Charles IV qui initie au XIVe siècle le chantier d'une immense cathédrale gothique pour l'archevêché tout nouvellement créé, qui doit par son faste et sa beauté refléter le rang de Prague, alors capitale d'Empire.
Il fait d'abord appel à un architecte français, Matthieu d'Arras, dont les réalisations visibles dans le chœur rappellent les grandes cathédrales françaises. Il est à sa mort remplacé par Petr Parléř qui achève le chœur par une voûte très inventive, aux nervures entrelacées qui forment un espace unifié organiquement et très dynamique.
En raison des guerres hussites, les travaux sont interrompus pendant une longue période au cours des siècles suivants. On ajoute à la tour une élégante galerie Renaissance et un dôme à l'époque baroque. La cathédrale sera achevée seulement au début du XXe siècle par Josef Mocker (achèvement de la nef, façade Ouest encadrée de deux tours).
Outre la beauté de son architecture, la cathédrale renferme des richesses artistiques et d'intérêt historique majeur. A l'extérieur, à l'entrée Sud, on découvre une magnifique mosaïque vénicienne sur fond d'or. Cette « porte d'or » vous conduit directement à la chapelle Saint-Venceslas, sompteusement ornée de pierres précieuses, de stucs dorés et de fresques : c'est là que se trouve la tombe de Saint-Venceslas, grand saint patron du royaume de Bohême. Derrière la porte à l'arrière sont conservés les précieux joyaux de la couronne, très rarement montrés au public.
D'autres tombes toutes aussi prestigieuses se trouvent dans les chapelles du chœur : comme à Saint-Denis en France, la cathédrale Saint-Guy sert en effet de lieu de mausolée principal pour la dynastie règnante. De nombreux membres de la famille Přemyslide sont ainsi enterrés sous des pierres tombales gothiques sculptées par Petr Parléř.
Plus récent et particulièrement impressionnant, un immense tombeau baroque ostentatoire en argent massif renferme la dépouille d'un autre saint patron de Bohême, Saint Jean-Népomucène.
Les amateurs d'Art Nouveau ne manqueront pas d'admirer le vitrail dessiné par Alfons Mucha et représentant la vie des saints Cyrille et Méthode.
Une construction très imposante !
                    
                   
Vitraux réalisés par Alfons Mucha en 1931
La grande Rosace
Le tombeau en argent de saint Jean Népomucène fut achevé en 1736 par Ignác Platzer sur un projet de Fischer von Erlach.   De nombreux personnage richement colorés décorent la cathédrale
Les grandes orgues
Un grand-orgue de trois claviers et 40 jeux environ fut construit dans la cathédrale de 1556 à 1567 sous le règne de Ferdinand 1er, roi de Bohême. Plusieurs facteurs d’orgues se succédèrent à cette imposante réalisation : Friedrich PHANMÜLLER de Amberka (1555 - 1561), Georg EBERT de Ravensburg (1561 - 1562), Jonas SCHERER de Klosterneuburg (1563 - 1565) et Joachim RUDNER de Budejovice (1565 - 1567). L’instrument était gigantesque pour cette époque, il se tenait dans la tribune Renaissance construite par Bonifác WOHLMUT, sur le mur ouest de la nef. L’instrument fut sans doute restauré et agrandi vers 1700 par le facteur Abraham STARK. Malheureusement, l’orgue fut détruit lors des bombardements de l’armée prussienne en 1757. De 1762 à 1765, le facteur tchèque Anton GARDNER construisit un nouveau grand-orgue de 40 jeux sur 3 claviers. L’instrument était disposé à la tribune supérieure. La tribune de WOLHMUT fut déplacée en 1909 au fond du transept nord. Le buffet de GARDNER a été reconstruit mais le matériel sonore n’a pas été remonté et c’est ainsi que depuis cette date, le grand-orgue de la tribune supérieure est muet. En 1932, la maison MÖLZER de Kutna Hora a construit un nouveau grand-orgue dans la tribune inférieure, sous le buffet vide de GARDNER. L’orgue est un trois claviers de 58 jeux à transmission pneumatique. La composition de l’orgue a été inspirée par le titulaire et compositeur, Antonín JANDA. De 1970 à 1972, l’instrument a été restauré par la maison IGRA de Prague. De 1999 à 2001, l’orgue qui s’était dégradé, a fait l’objet d’une nouvelle restauration majeure par la maison KÁNSKÝ-BRACHTL de Krnov. L’ensemble de la tuyauterie, la traction, la console et l’alimentation ont été minutieusement restaurés. L’instrument restauré a été inauguré en mars 2001
La Basilique Saint-Georges
Au cœur du complexe du château se cache une église d'une sobriété inattendue derrière sa riche façade baroque.  La basilique Saint-Georges est l'un des plus beaux vestiges romans de la ville. Elle servit de mausolée pour la dynastie régnante des Přemyslides et joua un rôle religieux majeur au Moyen-âge.
Construite en 920, la basilique Saint-Georges fut comme la cathédrale Saint-Guy un des tous premiers bâtiments en pierre sur le site du château de Prague. L'édifice actuel remonte au milieu du XIIe siècle, quand le couvent fut entièrement reconstruit après un grand incendie. La façade baroque a été ajoutée au XVIIe siècle.
L'austérité et la grande solennité du lieu , dûes à la blancheur de la pierre calcaire, frappent dès l'entrée, la massivité des colonnes et des piliers rythmant l'espace et la lumière tamisée. La crypte offre également un grand dépouillement propice au recueillement.
L'église a servi très tôt de lieu de sépulture pour les membres de la famille régnante des Přemyslide. La plus importante est celle de Sainte Ludmila, grand-mère très chrétienne de Saint Venceslas, l'une des patronnes principales du royaume de Bohême. Sa tombe située dans une chapelle à son nom fut sculptée par Petr Parleř, l'architecte de la cathédrale. Une très belle tombe ouvragée du XIVe siècle abrite la dépouille de Vratislas Ier.
A l'extérieur du bâtiment, côté Ouest, on découvre un bas-relief de belle facture représentant Saint-Georges et le dragon, encadrée par un portail du début de la Renaissance : ce dernier est l'œuvre de Bénédikt Ried, le génial architecte de la salle Vradislas au Vieux palais royal.
Le couvent Saint-Georges attenant à l'église se visite indépendamment. Dans les années 970, les moniales bénédictines s'y installèrent, fondant ainsi le plus vieux couvent de Bohême. Recrutant des jeunes filles de noble naissance, parfois même au sein de la famille royale, le couvent jouit d'un prestige immense au Moyen-Age. Fermé en 1782, il est occupé par diverses institutions avant d'être confié à la Galerie Nationale de Prague. Ses collections du XIXe siècle y sont actuellement exposées.
                    
Porte surmontée d'une sculpture de St Georges terrassant le dragon
Tombeaux de Sainte-Ludmila, grand-mère de Saint-Venceslas.
La Ruelle d'or
L'image de ces petites maisons de poupée colorées et serrées les unes contre les autres est célèbre. La ruelle d'or a alimenté bien des mythes, notamment celui des expériences sulfureuses des alchimistes et astronomes de la cour de Rodolphe II. Si la réalité historique est plus prosaïque, le charme pittoresque du lieu reste intact.
La ruelle d'or date de la fin du XVe siècle, au moment de la construction de la nouvelle fortification gothique du château : plus éloignée que le précédent système de défense, celle-ci ménageait un espace nouveau au sein de l'enceinte protégée. Les domestiques de la cour s'y installèrent dans des abris provisoires. Détruits par un incendie, ceux-ci furent remplacés par des petites maisons en dur à la fin du XVIe siècle, sur autorisation spéciale de l'empereur Rodolphe II. De cette époque datent la plupart des mythes entourant les alchimistes qui auraient résidé là : l'imagination des générations postérieures en fit le centre d'une " Prague magique " mystérieuse et ésotérique. A la fin du XVIIIe siècle s'y installent de nouveaux habitants, principalement des artisans et orfèvres, puis progressivement des couches de population plus pauvres. Des artistes en quête d'inspiration y logent au début du XXe siècle. Le plus célèbre d'entre eux, Franz Kafka, séjourne très provisoirement au n°22.
Actuellement, des petits artisans et marchands de souvenir occupent les lieux, qui retrouvent leur charme en dehors des périodes de grande affluence touristique.

La galerie des armures

 

 




Meurtrière articulée


 
Le Palais de l'archevêque
Le vieux bâtiment Renaissance du Palais de l'archevêque fut acheté par l'empereur Ferdinand Ier en 1561, qui en fit don à l'archevêché de Prague. Devenu siège de l'archevêché, il subit plusieurs rénovations importantes. La première, dans le style de la Renaissance tardive, eut sans doute lieu d'après les plans de l'architecte de la cour, Bonifác Wohlmuth. La plus importante, celle qui décida de l'aspect actuel du palais, fut la restauration radicale du XVIIe siècle, pendant le premier baroque. La façade et son portail en marbre de Slivenec ainsi que la gloriette du toit furent dessinés par l'architecte français Jean Baptiste Mathey, et sont caractéristiques
de son style. Mathey a signé son œuvre d'un sigle triangulaire visible encore aujourd'hui au-dessus du portique, et portant la date de 1676.
La décoration intérieure du palais est elle aussi tout à fait originale, et se distingue par ses bois sculptés et ses stucs rococos, ses lustres somptueux, son mobilier d'époque, ses cristaux et ses porcelaines rares. Les salles les plus représentatives sont celle du trône et celle du réfectoire, situées au deuxième étage et décorées de neufs tapisseries de Paris représentant les Indes nouvelles.
Les intérieurs du palais de l'archevêché ont été utilisés pendant le tournage du film Amadeus de Miloš Forman.
Vues depuis les jardins sud du Château
 
Les jardins Sud du Château de Prague furent fondés au XVIe siècle, à l'emplacement des anciennes lices du Château. Suite à l'évolution des stratégies militaires, les fortifications médiévales perdirent tout intérêt stratégique, et les remparts furent progressivement détruits. Sur les fossés remblayés, on construisit des jardins et on planta des vignes. Dans leur forme actuelle, les jardins sont avant tout l'œuvre de l'architecte Jože Plečnik, sur une commande du premier président tchécoslovaque, T. G. Masaryk. Dès leur fondation, les jardins Sud sont divisés en deux parties : les Jardins du paradis (Rajská zahrada) et les Jardins des remparts (Zahrada Na Valech). On accède aux jardins par la terrasse située devant la cour principale du Château, près des Nouveaux escaliers du Château et, de l'autre côté, par le chemin Na Opyše, ou encore par la troisième cour et l'Escalier des taureaux, construit par Jože Plečnik en 1922.
Les jardins Sud offrent un panorama unique sur le quartier de Malá Strana et la Vieille Ville. Ils ne sont ouverts au public qu'en été.
Saint-Nicolas de Malá Strana
Le pont Charles
Vues sur la ville

Le Château by night

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