Septembre 2014

Petit périple à travers la France.
Saint Laurent en Royans, le grand séchoir, caves de la Chartreuses.


Dimanche 14 septembre, il est 9 heures et il fait 16° lorsque nous quittons notre "camping". Nous allons retrouver nos amis les "Chevrier" à Saint Laurent en Royans. Nous avons prévu de passer la journée avec eux. Arrivés à destination, nous préparons ensembles un petit pique-nique, recherchons sur les cartes ce que nous allons visiter, puis, nous partons avec leur voiture (c'est plus pratique que le camping-car !). Nous commençons par nous rendre à Vinay ou se trouve le "Grand séchoir". Il s'agit d'une ferme musée dédiée à la production des noix de Grenoble. Il est vrai que, depuis quelques jours, nous voyons de noyers partout.
Le grand séchoir
Situé au coeur de la noyeraie iséroise, dans un ancien séchoir à noix réhabilité de manière contemporaine, le « Grand Séchoir – Maison du Pays de la noix » retrace l’histoire des hommes, qui, d’hier à aujourd’hui, ont fait la renommée de la noix de Grenoble. Ce fruit emblématique de la région grenobloise, couronné d’une appellation d’origine contrôlée dès 1938, a enfin une maison qui lui est dédiée !
Des collections variées et une mise en scène ludique racontent l’histoire d’amour de la noix, les contes et légendes du pays, les savoir-faire traditionnels des nuciculteurs, l’histoire de la profession et le métier de producteur aujourd’hui, la noix dans tous ses états et le patrimoine du territoire à travers l’architecture des séchoirs à noix.
Lavage et calibrage.
 
Séchage dans de grands greniers très aérés.
 
Exposition d'anciens matériels de traitement des noix.
Une vitrine présente quelques recettes historiques et contemporaines à base de noix.
Quelques variétés de noix sont présentées dans des vitrines.
 
Noix Franquette , noix parisienne, noix mayette
Quelques maquettes d'anciens séchoirs.
Aujourd'hui, le matériel et les techniques ont bien évolué. Du gaulage à la distribution, le travail manuel n'existe pratiquement plus.

Après cette petite visite, nous reprenons notre route en direction de Voiron. Nous faisons d'abord un petit détour par
Notre dame de L'Osier.
Le jeudi 25 mars 1649 (jour de l'annonciation), Pierre Port-Combet, s'en va tailler ses armariniers (osiers). Soudain, il est recouvert de sang mais, apparemment, il ne s'est pas blessé. Il s'aperçoit que le sang coule des branches d'osier qu'il vient de tailler. La nouvelle se répand dans la région ; ce mystère attire de nombreuses personnes qui viennent voir l'osier miraculeux, devenu source de dévotion.
En 1657, ce même Pierre Port-Combet laboure son champ quand apparaît une belle dame. Celle-ci lui demande de changer de vie et de quitter son état de protestant pour celui de catholique. Cette rencontre aboutit à la conversion du paysan au terme de sa vie, convaincu qu'il a aperçu la Vierge qui lui a donné la grâce. À cette époque le hameau s'appelait "les Plantés" et comptait une vingtaine d'habitants.
L'apparition de la vierge en 1657 est colportée bien au-delà des frontières du Dauphiné et fit de l'Osier une terre de prédilection. Les miracles se succèdent au rythme des pèlerinages. Le village aura été dans un premier temps occupé par des prêtres au comportement peu digne. Ils resteront pour l'histoire les « malandrins de l'Ozier » (avec un z à l'époque). Ils furent heureusement remplacés par les Augustins venus de Vinay, puis par les oblats de Marie Immaculée jusqu‘en 1997, date de leur départ. Les prêtres auront tout de même régné 350 ans au service du "sanctuaire". Ces trois siècles et demi de cohabitation ont laissé des traces parmi elles, le changement de nom qui passe de « Plantés » à « Notre-Dame-de-l'Osier » faisant référence à la fois à la Vierge et à l'osier ensanglanté.
Plus proche de nous, le village a su, en dehors de toute xénophobie, s'ouvrir aux plus faibles, aux persécutés. Plusieurs fois sollicité, il sut accueillir, protéger et aider quelques victimes de sombres périodes de l'histoire contemporaine.
Cette tradition d'accueil, bien ancré aujourd'hui dans ses mœurs se perpétue avec la Résidence Sénior Bon Rencontre et ses 80 résidents.
Le 4 septembre 1869 le village devient une commune indépendante de Vinay et ne cesse, depuis, de se développer.

Il est l'heure de déjeuner. Nous trouvons un parc aménagé pour pique-niquer.
Basilique de Notre-Dame-de-l'Osier
La première pierre de l'église de Notre-Dame de l'Osier est posée le 17 mai 1858 et sa construction durera 10 ans, selon les plans d'Alfred Berruyer. Inaugurée en 1868, elle est consacrée le 8 septembre 1873 en présence de l'évêque de Grenoble et devient basilique mineure par décret du pape Pie XI en 1924.
Elle ne sera jamais complètement terminée et restera sans les flèches de ses clochetons et sans le campanile qui, sur sa droite, devait supporter les cloches. Gravures et vitrail central du chœur témoignent de ce qu'elle aurait dû être.
À l'intérieur, se trouvent une relique de l'osier sanglant et des morceaux de la charrue de Pierre.
Un projet est en cours pour l'avenir du monument religieux. Une association a été créée en juillet 2010 pour restaurer et mettre en sécurité la Basilique, en partenariat avec la municipalité, propriétaire, la paroisse et le diocèse de Grenoble-Vienne. Les premiers travaux concerneront la restauration des vitraux, notamment ceux du transept nord (côté place) et la rosace au-dessus de la porte d’entrée.

Face à la basilique, on peut voir la Chapelle Bon-Rencontre

Parée de nombreux ex-voto témoins de la ferveur qui l'entoure, cette chapelle célèbre l'apparition de la Vierge à Pierre Port-Combet en 1657.
Voûté d'un berceau en plein cintre, le petit sanctuaire a fait l'objet d'un agrandissement en 1836. Une tour accolée est érigée en 1856 à l'occasion du deuxième centenaire de l'apparition de l'Osier. Restaurée en 1941, elle accueille en son sommet une statue de l'Immaculée Conception.
Vers 15 heures, nous arrivons à Voiron. Nous visitons les caves de la Chartreuse.
Sous la conduite de guides, durant une heure, on avance dans les caves là où sont entreposés les 19 cuves et 170 foudres et par là même, dans le mystère de l'alchimie. Qui à inventé la liqueur de Chartreuse ? On ne le sait pas, sans doute un alchimiste du XVIe siècle. A la recherche d'un élixir de longue vie et qui connaissant parfaitement les vertus des plantes, arriva habilement à combiner 130 d'entre elles. Ce que l'on sait, c'est qu'en 1605, le maréchal d'Estrées, compagnon d'Henri IV a fait don aux chartreux de Vauvert, près de Paris, d'un manuscrit original où s'alignent les noms des plantes. Le document restera dans l'oubli jusqu'en 1787, année où le frère Jérôme Maubec réussit la première fabrication de ce qui est appelé encore de nos jours l'élixir végétal de la Grande Chartreuse (71°). Peut après, il réalisera la liqueur de Chartreuse verte, la jaune n'arrivant qu'en 1838. Liqueurs entièrement naturelles jusque dans leur couleur.
D'abord fabriqués à la pharmacie du monastère, ces trois produits furent ensuite élaborés à la distillerie de Fourvoirie, puis à Voiron. Le secret est aujourd'hui confié à trois frères. Fabriquée selon le fameux manuscrit, cette liqueur d'exception vieillit de nombreuses années en foûdres de chêne de Russie ou de Hongrie, dans la plus grande Cave à liqueur du monde. Elle acquiert ainsi la perfection qui explique son image et sa réputation mondiale
 
Après la visite, passage obligé par la boutique où nous pouvons déguster (avec modération) une des nombreuses production de Chartreuse.
Nous en profitons pour faire quelques achats. Puis, nous ressortons de l'établissement. Arrivés sur le parking, nous voyons arriver un convoi de voitures anciennes.
Après cette petite journée bien agréable, nous rejoignons Saint Laurent en Royans. Nous impoprovisons un dîner à la bonne franquette, non sans être passé par la case "apéro", au Champagne s'il vous plaît. Puis, en fin de soirée, nous rejoignons notre camping-car, garé tout à côté, sous des noyers.

Encore une très bonne journée passée avec des amis, à refaire !
Demain, départ pour le grand sud.

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