Vacances 2013, cathédrales, oiseaux et fricandelles.
La cathédrale de Reims, un chef-d'œuvre de l'art gothique

Il est 8h30 lorsque nous reprenons notre route. Il fait 14° dehors. Il fait relativement beau.
Après plus d'une heure de route, nous atteignons Reims. Nous trouvons à nous garer et rejoignons la Cathédrale.
Une demi-heure de marche pour nous mettre en train et nous arrivons à destination.
 
La Cathédrale Notre-Dame de Reims
Cathédrale des sacres, Notre-Dame de Reims est l'ancien sanctuaire de la royauté française. Une première cathédrale fut édifiée au Ve siècle par l'évêque saint Nicaise sur d'anciens thermes gallo-romains. Déjà dédiée à la Sainte Vierge, cet édifice accueillit le baptême de Clovis (498) consacré par l'archevêque saint Remi. En 816, le fils de Charlemagne, Louis le Pieux choisit Reims pour y être sacré empereur. Le prestige de la Sainte Ampoule et la puissance politique des archevêque de Reims aboutirent à partir d'Henri Ier (1027) à fixer définitivement le lieu du sacre à Reims. Un violent incendie en 1210 ravagea la cathédrale carolingienne. Le 6 mai 1211, l'archevêque Aubry de Humbert lança la construction de l'édifice actuel. Quatre architectes se succédèrent (Jean d'Orbais, Jean-le-Loup, Gaucher de Reims et Bernard de Soissons) sur le chantier dont le gros œuvre fut achevé en 1275. L'incendie de la charpente en 1481 compromit à jamais l'achèvement des travaux. Restaurée puis abandonnée, la cathédrale ne connaîtra jamais la forêt de flèches imaginées pour elle. La cathédrale souffrit plus des hommes que du temps. Les chanoines du XVIIIe, dans leur désir d'embellir leur cathédrale, supprimèrent une grande partie des vitraux, le maître-autel primitif et le labyrinthe. Les révolutionnaires paradoxalement ne firent que peu de dégât en comparaison. La Première Guerre mondiale (1914-1918) ravagea la cathédrale qui malgré un incendie, le 19 septembre 1914, et plus de 300 impacts d'obus, tenait toujours. 25 années de travaux furent nécessaires à Henri Deneux pour rendre en 1938 à la cathédrale sa magnificence d'antan.
Longue extérieurement de près de 150 mètres et large au niveau de la nef de 34 mètres, la surface intérieure est de 4800 m². Haute sous voûte de 38 mètres, la cathédrale de Reims frappe le visiteur par l'harmonie de ses proportions et la richesse de sa statuaire. La façade principale et son revers sont de véritables dentelles de pierre. Dans sa description historique et archéologique de Notre-Dame de Reims, l'abbé Tourneur comptait 211 grandes statues de 3 à 4 mètres de hauteur, 126 moyennes, 936 petites, 788 animaux de toutes grandeurs. Au-dedans, on admire 191 statues moyennes et 50 animaux. Ce qui produit un total de 2303 figures sculptées pour la décoration de Notre-Dame de Reims. Mais hélas, ces richesses ont sensiblement diminué à cause des bombardements de la Première Guerre mondiale.
Ecrin pour le sacre des rois de France, la cathédrale affirme la puissance de l'archevêque de Reims, honorifiquement le premier personnage de France, après le roi. Elle affirme également la ferveur religieuse du Moyen-Age. Œuvre du passé, la cathédrale de Reims accueille depuis 1974 dans sa chapelle axiale des vitraux contemporains créés par Marc Chagall. La cathédrale de Reims est l'un des tout premiers monuments inscrits au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.
 
 
 
La façade occidentale de la cathédrale est une des plus splendides conceptions du XIIIe siècle. Toutes les lignes verticales semblent aspirer le regard vers les hauteurs sans que l'édifice perde de sa robustesse : c'est un trait d'union entre la terre et le ciel. La profusion du décor n'empêche pas de dégager un programme iconographique très cohérent.
Le portail de gauche ou côté nord, est consacré à la "Passion du Christ".
Au gâble 1 , le Christ crucifié entre la Vierge et Saint Jean.
Aux ébrasements 2 :
- côté droit, Saint Florent diacre, Saint Jocond, Sainte Eutropie (trois Saints martyrisés en 401 avec Saint Nicaise, frère de Sainte Eutropie), apôtre Saint Jean, évêque Saint Rigobert.
- côté gauche : Ange au sourire, Saint Nicaise ou Albert de Louvain évêque, Ange tenant un encensoir, Sainte Hélène ou Sainte Célinie mère de Saint Remi, Saint Nicolas, Saint Etienne.
Les scènes des voussures 3 relatent la Passion du Christ.
Au linteau 4, histoire de Saint Paul, le chemin de Damas.
Le portail central de la façade occidentale est dédié à la Vierge Marie, sa vie et sa glorification. Le gâble qui le surmonte représente le "Couronnement de la Vierge par le Christ". Sur les marches du trône, six anges balancent des ostensoirs, le monde est aux pieds de la Vierge, et le soleil au-dessus de la main du Christ.
Les ébrasements et les grandes statues :
- à droite, l'Ange de l'Annonciation et la Vierge, la Vierge de la Visitation et sa cousine Elisabeth, puis le Roi David (ou Zacharie, époux d'Elisabeth) et le Roi Salomon.
- à gauche, une servante (ou la Vierge de la Purification), Siméon le grand Prêtre, Marie tendant l'Enfant à Siméon et Joseph. Aux côtés de Joseph, Isaïe et la Reine de Saba.
Au trumeau 5, laVierge Reine tenant l'enfant Jésus.
Les voussures ont subies de nombreux remaniements au cours des siècles. Sur l'ensemble des figurines seules dix-sept datent du XIIIe siècle, au côté gauche et vingt-trois au côté droit. On peut y voir les ancêtres de la Vierge représentés en rois musiciens, des scènes de la vie terrestre de la Vierge, dont la crèche de Bethléem, des prophètes, des saints, des anges ainsi que Dieu dans le buisson ardent et le Christ...........
Le portail de droite ou côté sud, est surmonté du gâble du "Jugement Dernier". Le Christ sur un trône, porte le globe du monde, à ses côtés des anges portent les instruments de la Passion. Les grandes statues de droite des ébrasements, les christophores : Siméon, Jean-Baptiste, Isaïe, Moïse, Abraham, Aaron, datent du tout début de la construction de la cathédrale (v. 1220). Celles de gauche, contemporaines de l'architecture (v. 1255), de facture rémoise, représentent Roi, Evêque, Pape et Docteurs de la loi. Dans les voussures des scènes de l'Apocalypse. Au linteau, Conversion de Saint Paul.

A l'étage de la grande rose, le Christ ressuscité est entouré de sainte Madeleine, saint Jean et saint Pierre, et des pèlerins d'Emmaüs, témoins de la résurrection.
Au dessus de la rosace, David combat Goliath.
Sous les tours, la galerie des rois.

1 Le gâble est à l'origine la figure triangulaire formée par les arbalétriers d'une lucarne.
Par extension, il désigne également un élément architectural consistant en un couronnement de forme triangulaire souvent ajouré et orné, qui coiffe l'arc d'une voûte ou d'une baie. Les gables sont fréquents sur les portails gothiques.

2 En architecture, l’ébrasement est la partie disposée en biais au niveau de l’ouverture d’une porte ou d’une baie dans un mur. Dans le cas des cathédrales, les ébrasement, de grandes dimensions, sont les parties servant à loger les statues-colonnes et les voussures au niveau des portails.
3 La voussure, désigne la courbure du profil d'une voûte ou d'un arc. Exagération de la convexité d’un profil. Partie courbe qui surmonte une porte, une fenêtre. Chacun des arcs concentriques formant l'archivolte d'une arcade, d'un portail.
4 Le linteau est une pièce de construction qui se met en travers au-dessus de l’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre pour soutenir la maçonnerie.
5 Le trumeau doit son apparition à l'architecture du Moyen Âge, plus précisément à la fin du XIe siècle. À cette époque, le trumeau était un pilier qui servait à diviser en deux baies des portes principales

 
 
Ebrasement droit du portail gauche.
 
Arcs boutans.
 
 
Quelques gargouilles de la façade.
 
Entrons
 
L'intérieur est constitué d'une nef centrale de dix travées bordée, de part et d'autre, de deux collatéraux uniques. La nef présente une élévation à trois niveaux, classique du gothique français du XIIIe siècle, dans sa forme la plus équilibrée, celle qui a été inventée à Chartres. La hauteur de la voûte de la grande nef sous clef est de 37,95 mètres. Fenêtres hautes à deux lancettes surmontées d'une rose à six lobes, avec un couvrement quadripartite, quatre ogives rayonnant à partir d'une clef. La cathédrale de Reims présente un plan assez différent de ceux de Chartres, de Soissons et d'Amiens, déjà par la longueur de la nef, mais aussi par le vaisseau du transept avec des bas-côtés doubles sur trois travées du chœur, contre des bas-côtés triples pour les autres grandes cathédrales et même quadruples à Cologne. Autour de l'hémicycle à cinq pans du chœur, le déambulatoire prolonge le premier collatéral et s'ouvre sur cinq chapelles rayonnantes, celle d'axe étant plus profonde que les autres. Afin de maintenir le maître autel à la place qu'il occupait jadis dans la cathédrale carolingienne, le chœur a été prolongé et empiète sur quelques travées de la nef.
 
 
 
 
L'horloge de chœur rythme le temps, elle appelait jadis les chanoines aux offices (matines - laudes et prime - tierce et messe - sexte - none - vêpres - complies). Peu avant l'office, les chanoines se réunissaient dans la salle "Pretiosa". A la sonnerie de l'heure, ils se rendaient en procession dans le chœur après avoir traversé le couloir et franchi la porte romane, ils saluaient l'autel avant de se rendre à leur place.
 
L' Orgue de Choeur
 
Grandes orgues
Particularité de la langue Française.Au singulier, le mot orgue est du genre masculin. Par contre, au pluriel il peut être soit féminin en parlant d’un seul instrument (de belles orgues, les grandes orgues de Notre-Dame de Paris), soit masculin en parlant de plusieurs instruments (les orgues fabriqués par Clicquot, les beaux orgues de Paris).
Orgue partage cette particularité avec les termes amour et délice.
 
L'orgue de la cathédrale de Reims trouve son origine dès 1487. Le grand orgue est totalement reconstruit en 1849 par John ABBEY. Il comprend 53 jeux.
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle l'orgue est modifié, des jeux sont ajoutés. Après les dégâts occasionnés par les bombardements de la première guerre mondiale, l'orgue est revu par Victor GONZALEZ
Achevé en 1939 il comprend 87 jeux répartis sur 4 claviers et un pédalier.
L'orgue actuel est donc constitué de jeux datant des 17, 18, 19 et 20ème siècles, dans un buffet construit en 1647 recouvert de nouvelles boiseries réalisées par Jean THURY au XVIIe siècle.
Les vitraux
Malgré les destructions successives entamées au XVIIe siècle, la cathédrale possède encore de nombreux vitraux du XIIIe siècle, regroupés dans les parties hautes de la nef, du chœur et du transept. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, la cathédrale reçoit, à intervalles irréguliers, des vitraux contemporains. Ce fut le cas notamment dans les années 1930 (petite rose du portail central de la façade ouest et baies des portails latéraux, rose du bras sud du transept), 1950 (vitrail du champagne), et dans les décennies 1960 et 1970. Après une longue interruption de plusieurs dizaines d'années, ce mouvement reprend avec l'inauguration en 2011, année du 800e anniversaire de la cathédrale, d'un nouveau vitrail dessiné par Imi Knoebel.
Les vitraux contemporains les plus célèbres sont trois fenêtres de Marc Chagall de 1974, situés dans la chapelle axiale : l'arbre de Jessé, les deux testaments et les grandes heures de Reims.
En juin 2012, six nouveaux panneaux de verre ont intégré la cathédrale de Reims, conçus par l'artiste allemand Imi Knoebel et réalisés par l'atelier Simon-Marq pour un budget de 1,8 millions d'euros. L'inauguration a eu lieu le 25 juin 2012 en présence de Jean-François Cirelli, vice-président de GDF Suez dont la fondation d'entreprise a soutenu la création des vitraux 28,5 millions d'euros ont été trouvés pour cette opération (deux personnes privées restant anonymes, Caisse d'Epargne et deux maisons de champagne).
 
 
 
 
 
 
 
 


Cette oeuvre du sculpteur Paul Dubois fut offerte à la Ville de Reims en 1896 par une souscription de tous les Français.
A l'origine, elle tournait le dos à la cathédrale en symbole de sa sortie après le sacre de Charles VII.
 
 
"Jehanne au Sacre"
Célèbre statue de Jeanne d'Arc dans la cathédrale.
Le visage a été fait d'après celui d'une religieuse priant à Rome.
Impressionnante,
C'est la cathédrale de France qui contient le plus de sculptures (plus de 2300). Elle est immense, richement décoré, avec de superbe vitraux dont de magnifiques rosaces et un coeur sublime.
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Fichier : 11.6Mo
20130627 - Reims.zip