Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
2 juin, Carcassonne - Castelnaudary

Nous partons de la maison vers 7 heures du matin. Il pleut, mais il ne fait pas froid. Notre première destination : Villeneuve les Béziers ou nous allons faire une surprise à Cyril et sa petite famille. Nous y arrivons vers 18h30. Nous passons une excellente soirée.
Mardi 2, après une bonne nuit, nous quittons Béziers vers 8h30, il fait déjà 21° et le temps est ensoleillé. Celà nous change du Morvan.
Nous arrivons à Carcassonne vers 10h30.

Carcassonne




HIC, OVES BENE NATAE AGNUM COMITANTUR
Ici, les brebis bien nées suivent l'agneau
 
Située sur la rive droite de l’Aude, la Cité médiévale encore habitée, compte 52 tours et deux enceintes concentriques qui totalisent 3 km de remparts. Accessible de jour comme de nuit, par la Porte Narbonnaise et la Porte d’Aude, une grande partie de la Cité médiévale se visite librement.


Cette devise s'inspire de l'agneau pascal du blason, elle a un sens mystique.
Peut-on tenter de l'expliquer ainsi : il n'est pas d'usage que, dans un troupeau, les agneaux ouvrent la marche et que les brebis viennent à leur suite ; mais chez les chrétiens où l'agneau symbolise le Fils de Dieu et où les brebis sont les fidèles, il en est tout autrement.
La cité de Carcassonne.   La porte Narbonnaise
 
La porte Narbonnaise, située à l'est, est construite vers 1280 durant le règne de Philippe III le Hardi et est composée de deux énormes tours en éperon. Elle doit son nom à son orientation vers Narbonne. Au XIXe siècle Viollet-le-Duc reconstitue le crénelage et le toit en ardoise et la dote d'un pseudo pont-levis qui n'existait pas à l'origine.
Le Château Comtal
Ultime défense, il fut construit au XIIe siècle par les Trencavel, Vicomtes de Carcassonne, et fut sans cesse modifié au cours des siècles suivants. Au XIIIème siècle la construction de l’enceinte est entreprise pour le fortifier. Cette ceinture est constituée d’une courtine, de tours rondes, du châtelet d’entrée, de la barbacane ainsi que du fossé.
Les remparts
La Cité médiévale possède 52 tours réparties sur une double enceinte mesurant 3 km de long. La muraille intérieure comprend des parties de remparts gallo-romains (III-IVème siècle) caractérisés par leur petit appareillage surmonté de cordons de briques. Durant le XIIIe siècle, les rois de France ordonnèrent la construction d'une seconde enceinte extérieure autour de la Cité, complétée par un fossé sec. Le rempart intérieur est reconstruit pour une grande partie dans le dernier quart du XIIIème siècle, début XIVème.
Résumé de l'histoire de Carcassonne

Il y a longtemps que les hommes ont compris que ce rocher, aux bords de l'Atax (aujourd'hui l' Aude), se trouve sur une position stratégique. Entre la Montagne Noire et les Pyrénées, Carcassonne est sur l'axe de communication entre l'océan Atlantique et la mer Méditerranée.
VIème siècle avant J.-C.: premières traces de civilisation à Carcassonne.
Vers 300 avant J.-C.: Les Volces-Tectosages, peuple venu d'Europe centrale, soumettent les Ibères du Languedoc et s'installent à Carcassonne.
122 avant J.-C.: les romains s'installent vainqueur à Carcassonne et gouvernent seuls dans le Narbonnais.
70 avant J.-C.: Carcassonne est placée au nombre des cités nobles ou élues.
350: les francs s'emparent de la ville qui est très vite reprise par les romains.
508 (ou 507): Clovis lance une campagne contre les wisigoths et s'empare de Toulouse et du trésor provenant du pillage de Rome en 410 par Alaric, alors roi des wisigoths. C'est en vain que Gondebaud (roi des burgondes), missionné par Clovis pour réduire les nids de résistances en Septimanie et occuper Narbonne, assiégea Carcassonne.
585: une nouvelle attaque de Gontran, roi franc de Burgondie est couronnée de succès. Mais, les Wisigoths reprennent la cité peu après et en restent maîtres jusqu'en 713.
Début du VIIème siècle: c'est contre les assauts des sarrasins que Carcassonne se défend et en 725 les arabes s'installent dans la ville.
759: sous l'impulsion de Pépin le Bref (père de Charlemagne), Ils seront chassés de Septimanie et repasseront les Pyrénées. Cette période sarrasine inspire aux auteurs du moyen-âge la légende de Dame Carcas dont Charlemagne est le héros, ce qui est une erreur chronologique.
1096: le pape Urbain II bénit les matériaux qui serviront à la construction de la cathédrale Saint-Nazaire.
1130: construction du château, réparation des murailles gallo-romaines.
1209 (1er août): siège de Carcassonne par les croisés (croisade contre les cathares). Après 15 jours, Raimond Roger Trencavel se soumet à Simon de Montfort et meurt de dysenterie en prison (version officielle ...).
1240: le fils de Trencavel veut reprendre la ville de son père mais échouera après 24 jours de siège. Les habitants du bourg Saint-Vincent furent brûlés pour trahison. Le bourg sera détruit.
1248: Carcassonne fait donc partie du domaine royal. Saint-Louis, qui ne veut plus de guerre avec de longs sièges, fortifie Carcassonne en construisant une deuxième muraille. Carcassonne tel que nous la connaissons vient de naître.
Il permet aux habitants, de retour, de construire une ville en dehors de la cité: il y aura 2 paroisses: Saint-Vincent et Saint-Michel, en souvenir des 2 bourgs.
La cité connaît alors des modifications importantes: Philippe III, dit le Hardi, lors de la guerre avec le roi d'Aragon, continue les ouvrages de son père. Construction de:
- la porte Narbonnaise
- la tour du Trésau
- la porte Saint-Nazaire et toute la partie de l'enceinte environnante
- réparation de certaines tours gallo-romaines
- la barbacane du château
Toutes ces constructions sont facilement reconnaissables à l'emploi des pierres à bossage (ces pierres se reconnaîssent à leur face apparente bombée).
La cité fut dès lors considérée comme imprenable. Le fait est qu'elle ne fut point attaquée depuis et n'ouvrit ses portes au Prince Noir, en 1355, que lorsque tout le Languedoc se fut soumit à ce conquérant qui mit à sac la ville basse.
Au XVIIIème siècle: la cité de Carcassonne subit le même sort que tous les monuments du moyen-âge : l'abandon.
L'abandon officiel est prononcé en 1802 : l'administration militaire se décharge alors d'un poids inutile. La cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse n'est plus qu'une basilique, l'évêque s'installe à Saint-Michel dans la ville basse.
On se servait des pierres provenant des crénelages pour construire ça et là des petites bâtisses prenant appuis sur les murailles des 2 enceintes.
Les toitures des tours se délabrent. Certaines de ces tours deviennent des garages, des caves, des ateliers…
Le pire: un décret de 1850 livre l'ensemble des fortifications à la pioche des démolisseurs.
Jean-Pierre Cros-Meyrevieille sauvera la cité de la destruction. Grâce à lui, à Mérimée et surtout à l'architecte Viollet-le-Duc, la ville médiévale de Carcassonne passe sous l'autorité de "l'administration des beaux-arts". C'est alors que commence la restauration du monument, déjà entamé en 1844 par l'église Saint-Nazaire.
En 1853: commencent les travaux de restauration des fortifications.
Les créneaux sont minutieusement reconstitués, les toitures sont refaites, quelques voûtes consolidées. Près de 15 % du monument est ainsi remis en état.
Même si cette restauration enlève l'authenticité du monument, on doit beaucoup à Viollet-le-Duc dont l'œuvre se poursuivra après sa mort en 1879 par son élève Boeswillwald et ensuite par l'architecte Nodet.

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Nous passons une heure à visiter, je suis un peu déçu car j'y était venu il y a très longtemps et tout n'était pas formatté comme aujourd'hui. La cité a beaucoup perdu de son caractère accueillant. Il faut bien faire des sous par tous les moyens !

Après la visite, nous rejoignons le camping-car. Nous reprenons la route pour chercher un coin ou déjeuner. Nous nous arrêtons au bord du canal du midi, à Pezens. Nous sommes sous les arbres, au frais, et nous voyons passer quelques bateaux. Tranquille quoi !
Après déjeuner, nous rejoignons la grande route, direction Castelnaudary ou nous arrivons vers 14 heures. Nous trouvons facilement une place ou nous garer, et partons à l'aventure dans les rues de la ville. Le centre ville est tout en monté, excellent exercice ! Nous passons l'après-midi à flaner. Et à la tombée de la nuit, nous succombons à un excellent cassoulet avant d'aller dormir ; repus et heureux.

 

Castelnaudary

Le couloir des plaines du Lauragais a été le siège d'une intense circulation dès le néolithique. Il est emprunté par l'une des routes de l'étain puis par la voie romaine d'Aquitaine. A ces périodes correspond pour Castelnaudary une première occupation du site du Pech* par une agglomération de l'âge du fer, connue par des sources romaines sous le nom de Sostomagus et reconnue récemment par les archéologues.
La ville actuelle est née mille ans plus tard autour d'un château sur l'emplacement duquel sera construit le présidial. Mentionné pour la première fois en 1103, son nom apparaît en 1110 dans une charte comme étant le château neuf d'Arri. Dès lors elle connaît une croissance rapide. Entre le XIIe et le XIVe siècle, quatre enceintes englobent les faubourgs qui se forment au fur et à mesure que la ville s'allonge vers l'ouest. La dernière date de 1366 après les destructions opérées par la chevauchée du Prince noir lors de la guerre de Cent Ans.
La ville qui a payé pour que le canal du Midi la traverse, en a tiré au XVIIIe siècle une grande richesse. Non seulement celui-ci a permis la "machine à blé", mais encore alors que Toulouse a d'autres intérêts et que Carcassonne, Narbonne et Béziers lui sont mal reliées, elle devient le centre de nouvelles activités où se côtoient les ingénieurs (avec la dynastie des Andréossy), les patrons et matelots des barques, les charpentiers de marine et les nombreux hôteliers. La population de Castelnaudary passe d'un peu moins de 5000 habitants à la fin du XVIIe siècle à un peu plus de 8000 habitants sous le Premier Empire. Aujourd'hui, avec ses 12000 habitants, Castelnaudary est devenue un pôle de l'industrie agro-alimentaire (Groupe Occitan, Conserveries..) ainsi que de la haute technologie. (Plastisud).




Ville longtemps marquée par la poterie et les tuileries, il ne reste rien aujourd'hui de cette activité qui a disparu dans la première moitié du XXe siècle. La seule poterie encore en service est située au Mas Saintes Puelles, à 8 km de Castelnaudary. Des tuileries industrielles ont pris la place et fabriquent en grande quantité les matériaux nécessaires au secteur du bâtiment.
Le canal du midi, après une époque prospère dans le transport des marchandises, a réussi sa reconversion dans le domaine du tourisme fluvial. Ainsi en collaboration avec VNF, l'aménagement d'un port de plaisance a pu voir le jour.      

* Du point de vue toponymique, « Pech » est la retranscription française de l'occitan puèg qui dérive du latin Podium et désigne un endroit plat et surélevé. Nous en retrouverons quelques uns au cours de notre voyage.


Le cassoulet
On raconte que…
Au cours du siège de Castelnaudary pendant la guerre de 100 ans (1337 - 1453), fut cuisiné le premier " estofat " aux fèves.Réunissant toutes les réserves disponibles, les cuisiniers et cuisinières de cet ancien temps préparèrent un plat unique composé de fèves et de viandes diverses pour redonner force aux valeureux défenseurs de la cité. Après ce plantureux repas fort bien arrosé, les Chauriens se précipitèrent sur l'armée anglaise, qui prise de panique, leva le siège et ne s'arrêta, selon la légende, qu'aux rives de la Manche. Les haricots ont remplacé les fèves à partir du XVIe siècle.
La place de Verdun avec sa halle.

 

La Collégiale Saint Michel
Construite au XIIIe siècle, elle a été élevée au rang de Collégiale en 1318. le carillon comprend 35 cloches. D'une hauteur de 50 mètres, c'est un des plus beaux clochers du Midi. Ses grandes orgues, classées en 1969, ont été construites par Cavaillé COLL, agrandies en 1860 et restaurées de 1972 à 1978.

 

 

Le moulin de Cugarel

Castelnaudary est connu pour ses moulins à vent. Encore au début du XIXe siècle, de vingt à trente moulins ornaient les abords du Grand Bassin. Le moulin du Cugarel constitue un des derniers vestiges de cette époque glorieuse et offre une vue imprenable sur la ville et la plaine du Lauragais
Le canal du Midi
Le Canal aurait pu passer ailleurs. Le devis initial, conclu par le chevalier de Clerville, ne prévoyait pas de passer par Castelnaudary. Le modifier, c'était imposer des contraintes techniques et financières plus importantes qui risquaient, comme le craignait Colbert, de retarder l'avancement du projet. Le scénario était le même pour Carcassonne.
La différence, c'est qu'à Castelnaudary, la volonté de voir arriver le canal était certainement bien plus grande ; en tout cas, le projet n'était pas défendu seulement par la ville, celle-ci était soutenue par le diocèse de Saint-Papoul. De plus, la participation demandée par Riquet pour modifier le tracé était bien moindre (30 000 livres).
En définitive, la contribution financière de la ville et du diocèse a permis le passage du canal aux portes de Castelnaudary.
Le grand bassin permet de régulariser l'apport en eau des écluses Saint-Roch. Comme il est souvent balayé par le vent d'autan qui parfois provoquait la noyade des chevaux de halage, une île «coupe-vent» a été aménagée côté Ouest, il s'agit de l'île de la Cybèle.

 

 

L'écluse quadruple de Saint-Roch
Deuxième ouvrage d’art de ce type après les Ecluses de Fonseranes de Béziers, l’écluse Saint-Roch est un des joyaux du canal du Midi.
Avec ses quatre bassins en escalier, cet ouvrage d’art exceptionnel permet aux péniches de franchir en douceur un dénivelé de 9,5 mètres.
L’ouverture des vannes, le jaillissement de l’eau qui vient remplir le sas et fait monter le bateau jusqu’au sas suivant est un spectacle impressionnant qui attire toujours de nombreux badauds.
Le Grand Bassin
S’étendant aux pieds de Castelnaudary, le Grand-Bassin est un plan d’eau de 7 ha où la ville vient se refléter.
Creusé pour réguler l’apport en eau de l’écluse Saint-Roch, il permit à Castelnaudary de devenir le principal port du Canal du Midi.
La région étant souvent balayée par les vents, une île (Ile de la Cybèle) fut aménagée pour servir de coupe vent et faciliter l’entrée au port.
Le tour du bassin constitue une très belle promenade qui offre une vue imprenable sur Castelnaudary, entre eau et arbres et où l’on peut admirer le Pont-Vieux édifié au XVIIème siècle.

Bon début de vacances, demain, direction Castre.
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