Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
05 juin, Albi, Castelnau de Montmiral, Bruniquel

Il est 9h35 lorsque nous quittons le camping. Il fait un beau soleil et un petit 22°. Nous avons passé une excellente nuit et sommes en pleine forme pour affronter la journée. Seulement quelques kilomètres nous séparent d'Albi et nous sommes vite arrivés. Nous cherchons un parking et en trouvons un au pieds de la cathédrale. La place est ombragée, c'est ce qu'il nous faut pour le frigo. Une fois installés, nous partons en balade.
Albi



STAT BACULUS VIGILATQUC LEO TURRESQUE TUETOR

La croix est dressée - Le lion vieille et protège les tours
 
Du Moyen-Age il reste à voir à Albi de nombreuses maisons à colombages, l’Eglise et le cloître Saint-Salvy, le Pont Vieux (XIe siècle). Le Vieil Alby présente un des plus importants secteurs sauvegardés de France et il est agréable de se perdre dans le dédale des rues et ruelles rouges à la lumière changeante. Albi est surtout connu pour sa cathédrale de brique, Sainte-Cécile, édifiée au XIIIe siècle. par l’évêque Bernard de Castanet pour asseoir la victoire de la foi catholique sur l’Hérésie Cathare. Les travaux se poursuivirent jusqu’au XVIe siècle. avec notamment la décoration intérieure, la splendeur renaissance contrastant fortement avec l’extérieur sobre et austère, quasi militaire, de cette forteresse de la foi. On y trouve notamment un magnifique Jubé, véritable dentelle de pierre, le plus grand Jugement Dernier de France, magnifique, et des voûtes entièrement peintes par des artistes italiens sur un fond de bleu pour le moins céleste. À un jet de pierre de là, se trouve le Palais de la Berbie, l’ancien Palais épiscopal, avec ses jardins à la française, qui abritent la collection des œuvres du peintre Toulouse-Lautrec, enfant du Pays. Un peu plus loin le Musée Lapérouse, le célèbre navigateur étant lui aussi natif d’Albi, retrace son voyage ainsi que les résultats des différentes expéditions à Vanikoro, où a été formellement localisé le lieu du naufrage des frégates l’Astrolabe et la Boussole.
La culture du pastel dans le triangle d’or Toulouse - Albi - Carcassonne a laissé à Albi quelques très beaux hôtels particuliers de la Renaissance, comme l’Hôtel Reynès. A la prospérité succèdent les Guerres de Religion ; tandis que Castres son éternelle rivale embrasse avec fougue le Protestantisme, Albi s’affirme toujours en tant que citadelle de la Foi Catholique. A noter encore au rang des «grands hommes» que Georges Pompidou a fait ses études à Albi, et que Jean-Jaurès y a enseigné. Il y a aussi pris des engagements politiques forts, que ce soit pour la VOA (Verrerie Ouvrière d’Albi) ou tout près de là pour les mineurs de Carmau. Sur le plan économique, Albi attire les étudiants avec son Université Jean-François Champollion et l’Ecole des Mines. La présence des laboratoires Fabre (pharmaceutique) se fait également sentir, comme dans toute la région.
Albi est la préfecture du Tarn depuis 1797 (avant, c’était Castres, mais celle-ci fut accusée de «tiédeur» par les révolutionnaires qui la rétrogradèrent au rang de sous-préfecture). A ce titre on y trouve une grande concentration administrative. Au niveau du tourisme la ville met bien sûr en avant son centre ancien avec les joyaux que sont la Cathédrale et le Palais de la Berbie - Musée Toulouse Lautrec. Les places de la Cathédrale et du Vigan ont été remaniées récemment, afin de rendre le centre ville plus agréable aux touristes ainsi qu’aux habitants.
La devise date de 1764.
Le blason comporte :
La tour crénelée avec 2 portes symbolise l'enceinte de la ville ;
la croix archiépiscopale à deux branches ;
le lion, symbolise la force, il protège la tour, en présentatnt sa tête de face.
Y figurent également le soleil et la lune, symbolisant la protection de jour comme de nuit
.

Le site d’Albi fut occupé dès l’Age du Fer (Ve siècle av JC), par des Celtes. Au IIIe siècle, ce sont les Ruthènes, celtes aussi, qui occupent les territoires correspondant aujourd’hui a une grande partie du Tarn et de l’Aveyron (Rodez vient de la déformation de ce nom). Le site est favorable : une rivière : le Tarn, et un escarpement calcaire qui défend naturellement l’accès. Le nom même d’Albi dériverait de là, soit d’Alba, blanc, la couleur du calcaire, soit Alp, mot celte signifiant escarpement (les Alpes). La ville est dès le 1er siècle avant J.-C. sous administration romaine (Civitas Albigensium), mais c’est une modeste cité. D’ailleurs aucun vestige gallo-romain n’y a été découvert. Au Moyen-Âge, la ville est un des fiefs des Trencavel, Vicomtes d’Albi, Carcassonne et le Razès, les plus puissants vassaux des comtes de Toulouse. La ville est fortifiée mais peu étendue. Les XIIe et XIIIe siècles voient le catharisme s’implanter dans les contrées occitanes. La croisade contre ces hérétiques prendra d’ailleurs le nom de «Croisade contre les Albigeois», les «bonshommes» étant particulièrement actifs dans le Tarn et le Lauragais (conciles cathares de Lombers et de Saint-Félix).
La Cité épiscopale d'Albi et la Cathédrale Sainte-Cécile
Visible de tous côtés à l’approche d’Albi, la cathédrale imposante par sa hauteur et la majesté de son clocher est comme un phare qui balise la route et invite à s’en rapprocher.
La cathédrale sainte Cécile a été construite à partir de 1282 en réponse à l’hérésie cathare, comme une forteresse symbolisant la puissance de l’Église catholique. Plus grande cathédrale de briques au monde, longue de 113 m et large de 35 m, elle domine la ville avec son clocher de 78 m terminé en 1492 peu après la consécration, en 1480, du chœur. Réalisée entre 1474 et 1484, la peinture murale du Jugement dernier, reconnu comme le plus grand du monde, offre une représentation de la fin des temps que l’on doit probablement à des artistes flamands. En 1509, des peintres italiens recouvrent la voûte de la cathédrale avec des fresques composant le plus vaste ensemble de peintures Renaissance réalisé en France. Chef d’œuvre autant architectural que musical, l’orgue classique, le plus grand de France, a été réalisé au XVIIIe siècle par le facteur d’orgue Christophe Moucherel. La cathédrale sainte Cécile est ce lieu vivant où, chaque année, des centaines de milliers de personnes de toutes origines et confessions viennent admirer l’architecture et la décoration et font silence dans un espace porteur de sens.
Au pieds de la cathédrale, on se sent tout petit.  
 
L'entrée principale, qui se trouvait autrefois à l'ouest, comme le veut la tradition, se trouve désormais au sud (depuis la fin du XVe siècle). C'est à cette époque que, dans un style gothique tardif, on ajoute à cette porte un baldaquin. Ce dernier rompt l'unité de la muraille : la richesse du décor tranche avec la rigueur des murs de la cathédrale, et la couleur de la pierre utilisée, blanche (calcaire) tranche avec le rouge de la brique.
Le superbe jubée de la cathédrale Sainte-Cécile, c'est lui qui sépare le chœur liturgique de la nef.
L'étonnante clôture de chœur ou jubé (fin xve siècle) de style flamboyant est ornée d'une statuaire polychrome sculptée par les ateliers bourguignons de Cluny, d'autant plus précieuse que la plupart des jubés ont été détruits ; il n'en reste qu'une dizaine en France.
 
Le « Grand orgue » de la cathédrale Sainte-Cécile avec en dessous, les fresques du «Jugement dernier».
Les dimensions hors du commun (16,40m de large - 15,30m de haut) du buffet d’orgue de Christophe Moucherel (XVIIIe siècle) et la variété de ses décorations le classent parmi l’un des plus beaux de France. Des concerts gratuits sont programmés les mercredis et dimanches en juillet et août.
 
La pièce maîtresse des fresques de la cathédrale est le Jugement dernier (18 x 15 mètres). Il est situé à l'extrémité occidentale. L'auteur de cette fresque s'est inspiré Jugement dernier de Roger Van der Weyden, qu'on peut voir aux hospices de Beaune. A l'époque, le mur de fond n'était pas percé d'une porte. A l'emplacement de la porte actuelle se trouvait sans doute un Christ en majesté, accompagné de la Vierge et de St Jean. St Michel, en dessous de lui, jugeait les âmes. A droite de l'emplacement ou devait se trouver le Christ, on distingue Saint Louis, Charlemagne et les apôtres.
Le marché couvert
En 1901, la construction du marché couvert est attribuée à André Jules Michelin, l'inventeur des célèbres pneumatiques. L'ancien quartier est alors rasé pour accueillir la structure métallique, typique de l'époque. Elle est conçue pour recevoir 25 boutiques de bouchers et charcutiers, 10 poissonniers et 115 maraîchers, fruitiers et fromagers dans des loges de 4 m2 chacune. Jusqu'en 1982, le marché couvert était le seul marché de la ville. Après des travaux pharaoniques, l'espace a été réaménagé sans pour autant perdre son âme bien au contraire. Le marché couvert (pavillon d'architecture Baltard, classé aux Monuments historiques) vous ouvre ses portes du mardi au dimanche et tous les jours fériés, ainsi qu'en nocturne le vendredi et le samedi. Vous y trouverez toute la commodité d'un point de vente alimentaire frais ; mais le véritable jour du marché est le samedi, où près de 120 commerçants et producteurs vous proposent leurs marchandises.
Promenade dans les vieux quartiers d'Albi.
 

Vues du Pont Neuf sur le Tarn.
A gauche, la Cité Episcopale, à droite le quartier de la Madeleine.
Ces deux quartiers sont séparés par le pont-vieux (XIe siècle).

La construction d'un palais épiscopal débute au XIIIe siècle sous l'impulsion de Durand de Beaucaire. Il s'agit d'abord d'une maison noble, qui comprend le logement de l'évêque, une salle de réception, une tour de guet et une prison adossée au tribunal ecclésiastique. Le successeur de Durand, Bernard de Combret, agrandit les bâtiments et les ceint de remparts.
À partir de 1276, Bernard de Castanet en fait une véritable forteresse. La tour Saint-Michel est rehaussée et lui est adjointe une sœur, la tour Sainte-Catherine. L'ensemble culmine à 50 mètres, tel un donjon seigneurial. Le logement est agrandi pour accueillir les Inquisiteurs chargés de détruire toute trace d'hérésie cathare.
Cette imposante forteresse est incontestablement l'expression de la puissance temporelle et spirituelle des évêques d'Albi. La hauteur des murs et leur épaisseur attestent de son rôle défensif et dissuasif. Au fil des siècles, diverses modifications l'ont transformée en un véritable palais d'agrément.
Au XVIIe siècle, les fortifications vont tomber : un portail s'ouvre sur la ville vers le quai Choiseul qui descend vers le Pont-vieux. Des galeries, des grands salons, une bibliothèque, des terrasses vont agrémenter l'ensemble. Un jardin à la Française, dominé par un chemin de ronde, va remplacer la place d’armes.
En application de la loi de 1905, relative à la séparation de l'Eglise et de l’Etat, le palais cesse d’être une résidence épiscopale et devient propriété de la ville qui va y installer le musée Toulouse-Lautrec, musée aujourd'hui de renommée internationale doté d'une collection exceptionnelle du peintre natif d'Albi.
Le palais de la Berbie

Après avoir bien marché, nous rejoignons le camping-car. Nous faisons une petite pause avant de repartir pour Gaillac. Sur la route, vers midi, nous nous arrêtons pour déjeuner. Nous passons ensuite par Castelnau de Montmiral, village médiéval, et nous nous arrêtons.

Castelnau-de-Montmiral









En surplomb de la vallée de la Vère, au cœur du vignoble de Gaillac, cette bastide albigeoise fondée par le comte de Toulouse Raymond VII renferme, dans son église, la croix reliquaire des comtes d’Armagnac, ornée de 310 pierres précieuses..Tout autour de la forêt de Grésigne s'élèvent des dolmens de l'âge de bronze et des Oppidums/Oppida (places fortes) de l'âge de fer. La bastide albigeoise est fondée en 1222 par Raymond VII, comte de Toulouse. Son nom primitif est "Castellum Novum Montis Mirabilis" ; le diminutif de "Montmiral" a été communément utilisé dans les actes officiels, y compris au XIXe siècle dans l'état civil de la commune.
Pendant la Guerre de Cent Ans, les Anglais, conduits par le prince Noir, envahissent l'Albigeois en 1345. Ceux-ci se retireront sans oser attaquer la ville...
Pendant les Guerres de religion, Castelnau-de-Montmiral n'adhère jamais au protestantisme et accueille les catholiques de Gaillac, qui ont été chassés de la ville par les protestants majoritaires. En janvier 1587, une attaque du capitaine protestant Bruniquel est repoussée. Selon la légende, une femme revenant de puiser l'eau à la fontaine du Théron aurait donné l'alerte, contraignant les assaillants à une retraite précipitée.
Louis XIII est passé à Castelnau de Montmiral le 24 juin 1622, logé dans la maison de "Tonnac". C'est également le lieu d'habitation de la célèbre famille Privat.
Toutes les ruelles convergent vers la grande place.
Photos de droite, sous le porche : le Pilori. Pilier témoin de toute la vie sociale et religieuse, il servait à l’exposition des animaux de boucherie mais aussi à celle des femmes adultères ou encore à celle des maraudeurs surpris en flagrant délit.


Eglise Notre-Dame de l’Assomption




La Croix reliquaire des comtes d’Armagnac «dite de Montmiral» (début du 14ème siècle).
Un magnifique travail de filigranes orne cette croix en argent doré sur une âme de bois. Elle est ornée d’un cabochon central renfermant un fragment de la vraie croix et 12 sachets de soie contenant des reliques des douze apôtres. A l’origine elle était couverte de 354 pierres précieuses ou semi-précieuses dont 144 ont disparu au cours des siècles
L'église Notre Dame de l'Assomption date de 1423. Son rétable qui date de la fin du XVIIème siècle provient de l'Abbaye cistercienne de Candeil, dans le Tarn. Elle a été détruite à la révolution.
Il faut admirer les voûtes décorées. C'est l'oeuvre d'un artiste peintre de Toulouse, M. Lupiac qui les aurait réalisées en 1856. Elle ont été restaurées en 1990 par Mme Marianne, Maire de Castelnau-de-Montmiral. Ces peintures des voûtes rappellent celles de la cathédrale d'Albi. Sur un fond bleu, on y aperçoit des tableaux reprenant des scènes de la vie de la Vierge.
La suite de notre périple nous amène à Gaillac ou nous passons une petite demi-heure.
Gaillac

Des caves ont été creusé sous l'abbaye Saint Michel, dans lesquelle le vin de Gaillac était élevé en fûts. Un port a ensuite été créé pour transporter les fûts de vin par voie d'eau, grâce à la rivière Tarn. Le vin de Gaillac s'exportait donc partout en France et en Europe. Durant tout le Moyen Âge, puis à la Renaissance, jusqu'à l'invention du chemin de fer, Gaillac était tournée sur le commerce. Son port permettait d'être une plaque tournante prospère dans le Sud Ouest de la France.
Les guerres de religions du XVIème siècle ont été un épisode sanglant, surtout entre 1562 et 1572, opposant violemment les catholiques et les protestants. Ces affrontements ne cesseront qu'avec le couronnement du roi Henri IV en 1595. Depuis, la production et l'exportation du vin de Gaillac reprit, et le vin s'est popularisé, jusqu'à atteindre une renommée mondiale. La ville de Gaillac est incontestablement placée sous le signe du coq. En témoignent de nombreuses représentations, pour la plupart en pierre. Dès le XIIIe siècle, le coq est apparu de trois manières:
• blason de la famille de Gailhac,
• sceau de l’abbaye Saint-Michel,
• poids de la ville.
La figure emblématique du coq est associée aux actes importants ou aux grands événements de la vie à Gaillac:
• sceau des consuls,
• médaille en or frappée du coq offerte à François Ier lors de son passage à Gaillac,
• peintures de la tour Palmata,
• écussons divers et variés.
Les vins de Gaillac étaient aussi connus sous le nom "vins du coq", en référence à la marque à feu qui était apposée sur les tonneaux."
La ville de Gaillac porte comme emblême le coq que l'on peut découvrir sur différents frontons ou chapiteaux de maisons anciennes.

L'histoire de la ville de Gaillac est étroitement liée à son économie vigneronne, en voici un bref résumé.
C'est la création d'une abbaye bénédictine qui est à l'origine de la fondation de la ville durant la deuxième moitié du Xème siècle. Les études archéologiques ont démontré la présence d'une villa gallo-romaine et d'un domaine agricole, ce qui prouve que la cité a été occupé suite aux invasions romaines. De plus, c'est sans doute à cette époque qu'a débuté la production de vin, comme le montre la présence de nombreuses amphores et de poteries gallo-romaines à Montans.
Les moines bénédictins ont ensuite défriché et développé les domaines cultivables au profit de la production du vin de Gaillac. Ils ont aussi affiné les techniques de fabrication, pour en faire un produit gastronomique de grande qualité. Initialement, le vin produit était un vin blanc.
Eglise Saint-Pierre

L’église Saint-Pierre existait déjà en 972 lors de la consécration de l’autel de l’église abbatiale Saint-Michel. Il est vraisemblable même que sa construction est antérieure à celle de ce dernier sanctuaire puisque l’évêque Frotaire fait donation, cette année-là, à l’abbaye Saint-Michel de diverses églises notamment celle de Saint-Pierre de Gaillac, avec ses dépendances. Cette donation sera confirmée la même année par le comte de Toulouse, Guillaume Taillefer.
Le clocher polygonal s’élève à l’angle sud du mur terminal de la nef. Il renferme cinq cloches dont l’une, imposante et massive (4m de circonférence à la base avec inscription,) date de 1499 et provient de l’abbaye de Candeil. Deux autres cloches, moins anciennes, datent l’une de 1704, l’autre de 1727.
Une curieuse construction sur la place du Grifoul.

Il y a bien d'autres choses à voir à Gaillac. Maisayant décidé de nous rendre à Bruniquel avant la nuit, nous avons écourté la visite.

Nous arrivons vers 18 heures à Bruniquel et nous nous installons sur un parking en bas du village.





Bruniquel






Le château légendaire de la reine Brunehaut domine d'un côté la falaise de l'Aveyron, de l'autre le village étagé à flanc de colline. Le lieu avait été attribué à la reine en 587 jusqu'à son exécution en 613, ses cheveux attachée à la queue d'un cheval. En 1211 le troubadour Guilhem de Tudèla, co-auteur de la «Chanson de la croisade» s'y réfugie chez Baudouin de Toulouse (demi-frère du comte Raymond VI de Toulouse) qui livre Bruniquel aux Croisés et est pendu comme traître en 1214, à Montauban.
Après la croisade, le village connut un grand essor au Moyen Âge car il se trouve sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. La majorité des maisons ont été construites entre le XIVe et le XVIe siècle, essentiellement en pierre, mais il en existe également à colombage. La plupart des ruelles tortueuses ont conservé leurs pavements et c'est au sommet de la principale que l'on trouve les châteaux, quasiment suspendus au-dessus du vide. Un quartier nouveau se développe, en contre-bas de la porte de beffroi, quartier bientôt protégé d'un rempart, en 1355, au niveau de la promenade du ravelin que domine l'église. Ces remparts sont détruits après la paix de Montpellier en 1622 entre Louis XIII et les Protestants, ceux-ci ayant fait de la cité une place forte. Mais la communauté protestante reste importante: elle compte environ 850 personnes à la veille de la révocation de l'édit de Nantes (1685).
Bruniquel s'endort ensuite jusqu'au XIXe siècle où se développent les forges de Caussanus qui trouvent leurs matières premières dans la Grésigne et le Causse.
Mais ce sont les artistes qui vont faire revivre le village à travers ses paysages. En 1830, Bruniquel la quercynoise et Penne d'Albigeois, sa sœur languedocienne attirent les romantiques et les premiers voyageurs. De 1915 à 1921, Marcel Lenoir, peintre de l'école de Montparnasse, admiré de Picasso, vit tout près et une partie de son œuvre est exposée au château-musée de Montricoux. Les châteaux de Bruniquel ont été immortalisés au cinéma dans le film de Robert Enrico Le Vieux Fusil en 1975.
L'histoire retient aussi que dès les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre des plans d'évacuation des populations résidant près des frontières de l'est et des vraisemblables zones de combats, les habitants de Salonnes dans la Moselle furent acheminés jusqu'à Bruniquel. Après juin 1940 et l'armistice signifiant la fin des combats, parmi certains de ces réfugiés qui furent autorisés à retourner chez eux en Lorraine, quelques uns choisirent de rester dans le Quercy.
De nos jours, Bruniquel vit essentiellement grâce au tourisme avec l'installation d'artistes et d'artisans, du festival Offenbach organisé en août par la compagnie Brunehaut, à la venue, à demeure d'européens du Nord, aux résidences secondaires de toulousains et de la chasse en Grésigne.
La symbolique héraldique du bélier est proche de sa symbolique en astrologie, en lien avec le printemps et donc le renouveau. Mais il indique également un tempérament guerrier, celui qui défonce les obstacles. Sur les blasons, il est généralement représenté passant, parfois saillant. Sa tête seule peut être figurée de profil ou de face.

Bruniquel se situe sur un piton vertigineux surplombant le confluent de la Vère, qui vient de l'Albigeois, et de l'Aveyron au sortir des gorges du même nom, creusée dans le causse de Limogne. Petit village médiéval du Quercy dont les châteaux (vieux et jeune) surplombent l'Aveyron. Il se situe à 28 km à l'est de Montauban.
À la limite du département du Tarn, les environs de Bruniquel sont très boisés, où se rejoignent trois régions naturelles : les collines et plaines du Bas-Quercy, le plateau calcaire du Causse et à l'est le massif de la forêt de Grésigne.


La grotte de Bruniquel a livré des indices de fréquentation du milieu souterrain profond considérés par leurs inventeurs comme les plus anciens au monde. À 350 mètres de l'entrée de la cavité, des structures anthropiques découvertes par la Société spéléo-archéologique de Caussade étaient associées à un ossement d'ours daté de plus de 47 600 ans.
La commune de Bruniquel abrite également la grotte de Mayrière supérieure, une grotte ornée ayant livré deux peintures de bison probablement antérieures au Magdalénien. Ces peintures ont été fortement abîmées en 1992 par un groupe d'Éclaireuses éclaireurs de France ayant entrepris de nettoyer les parois de la cavité. Au pied du château, les abris ont livré des objets d'art mobilier magdalénien qui font la fierté des plus grands musées, notamment du British Museum et du musée de Saint-Germain-en-Laye.

 
Arrivés en fin de journée, nous décidons de monter au château. Je dis monter car ça monte ! En effet nous sommes garés en bas du village, en fond de vallée, et pour atteindre le château, le chemin n'est pas des plus faciles.
Les magnifiques ruelles, dont certaines sont pavées, s'entrecroisent au milieu des maisons. Certains passages sont juste assez larges pour un âne.
Nous finissons par arriver au pieds du château. Nous sommes exténués. Sur la porte, un panneau sur lequel nous nous apercevons qu'il est trop tard pour visiter. Donc, nous redescendons au camping-car. Nous reviendrons demain.
A suivre la visite des châteaux de Bruniquel
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