Vacances 2015 - nature,histoire et gastronomie
Cahors

Mardi 9 juin, partis de bonne heure de Montauban, nous arrivons rapidement à Cahors. Sans trop chercher, nous trouvons le parking pour camping-cars.
Ce parking ne possède pas de station de ravitallement/vidange par contre, l''avantage est qu'il est près de la ville, il y a beaucoup de place, il est plat et en plus, il est gratuit. De plus, une navette gratuite nous conduit au centre ville. A Cahors, tout est prévu pour les touristes. Pour la vidange, il y a une station (gratuite) dans un autre parking pour voitures, à 500m de là.
Lovée dans un méandre du Lot, entourée par des collines escarpées et les hauteurs arides des causses, la cité de Cahors est riche d'une parure monumentale d'une grande diversité, héritée notamment de l'Antiquité et du Moyen Âge (centre historique aux ruelles tortueuses et aux riches hôtels particuliers, cathédrale Saint-Étienne et surtout le célèbre pont Valentré (classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle)). Pôle touristique majeur, célèbre pour son vignoble et sa gastronomie (truffes, foie gras), cette petite ville typiquement méridionale bénéficie du label « Villes d'art et d'histoire ».



Cahors




SEM DE CAORS, AVEM PAS PAUR
nous sommes de Cahors, nous n'avons pas peur



Renaissance :
Après les ravages de la guerre de Cent ans, la population de Cahors a sans doute diminué et la ville a perdu son importance économique. Autour de 1500, une école de sculpture originale décline roses épanouies et bâtons écotés sur une chapelle de la cathédrale et plusieurs hôtels particuliers. Au XVIe siècle siècle, la capitale du Quercy conserve son prestige dans le domaine intellectuel, grâce à l'Université, aux collèges et à la présence de plusieurs imprimeurs. Cahors est la ville de naissance des poètes humanistes Clément Marot et Olivier de Magny. Malgré l'accession de Galiot de Genouillac, seigneur d'Assier et Grand Maître de l'artillerie du roi François Ier, au statut de sénéchal du Quercy, la Renaissance a laissé peu de traces dans la ville : seules une maison de la rue Bergougnoux et l'Archidiaconé Saint-Jean en portent le décor foisonnant.

XVIIe et XVIIIe siècles :
Cahors connaît un nouveau développement religieux dans le cadre du mouvement de la Contre-Réforme orchestré par l'évêque Alain de Solminihac, qui restaure son diocèse et fonde un grand séminaire. Les administrations de la Cour des Aides et du tribunal des Elus attirent hommes de justice et un important personnel, qui modifient au goût du jour les maisons médiévales qu'ils occupent : de belles portes sculptées, des fenêtres de combles appelées mirandes et des escaliers à volées droites en sont le témoignage. A l'initiative de l'intendant de Guyenne Pellot, le XVIIe siècle voit également la rivière s'équiper des premières écluses, qui facilitent grandement le transport des marchandises. En 1751 l'Université de Cahors est supprimée et transférée à Toulouse. Peu de témoignages d'architecture du Siècle des Lumières nous sont parvenus, hormis de belles cages d'escalier aux ferronneries chantournées.

Epoque contemporaine :
Après la Révolution, Cahors devient la Préfecture du département du Lot, un territoire rural peu marqué par la grande industrie. Chef-lieu administratif, la ville met en œuvre un plan d'alignement, construit une station de pompage des eaux pour approvisionner les rues en eau potable, aménage le boulevard et les promenades arborées, le long desquels se développent bâtiments de loisirs, de pouvoir et d'enseignement : le théâtre à l'italienne (1835), la Bibliothèque (1907), l'Hôtel de Ville (1847), le Palais de Justice (1865), le Lycée de Jeunes Filles (1889)... Le chemin de fer rejoint Cahors en 1869 pour relier la ville à la ligne Paris-Agen, puis une nouvelle gare est construite en 1884 pour desservir le nouvel axe Cahors-Montauban, qui justifie le lancement sur le Lot d'un imposant pont de chemin de fer faisant appel aux nouvelles techniques de la construction métallique. La guerre de 1914-1918 provoque une importante hémorragie humaine. Durant la seconde guerre mondiale, le Lot, et la ville de Cahors en particulier, connaît une activité résistante, à l'image de l'action de Jacques Chapou, professeur-adjoint de lettres au lycée de garçons, actuel collège Gambetta, dont la place de la cathédrale porte aujourd'hui le nom. Plusieurs monuments aux morts commémorent le sacrifice des soldats des guerres de 1870, 1914-1918, 1939-1945 et des guerres de décolonisation.
Le patrimoine du XXe siècle est assez bien représenté à Cahors : on peut voir une série de maisons de la Belle Epoque disséminées dans la ville et quelques centaines de constructions de l'Entre-Deux-Guerres, réparties le long d'axes comme l'avenue Henri-Martin ou la rue Victor-Hugo.
Antiquité :
Ce n'est pas à Alésia mais bien en Quercy, à Uxellodunum, dans le nord du département actuel du Lot, qu'a eu lieu en 51 avant JC l'ultime combat des gaulois coalisés contre l'invasion romaine. Sous le règne d'Auguste, les Romains complètent leur conquête par la fondation d'une ville au centre du territoire des Cadourques, peuplade gauloise peuplant le lieu, à l'intérieur d'un large méandre du Lot proche d'une résurgence vénérée par les Gaulois en l’honneur de la déesse Divona (l’actuelle fontaine des Chartreux).
Faute de textes, c'est l'archéologie qui ne cesse de révéler la richesse de la ville gallo-romaine de Divona Cadurcorum : 50 mosaïques, un théâtre, un amphithéâtre, des thermes monumentaux, des éléments lapidaires. Cette ville opulente vivait sans doute d'une importante activité commerçante et artisanale : les historiens romains vantent les mérites des fameuses toiles de lin du Quercy et les fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs fours à potiers.

Moyen-Âge :
Après les périodes troubles des premiers siècles du Moyen Âge, le nom de Cahors réapparaît dans les textes au VIIe siècle lorsqu'un puissant évêque du nom de saint Didier restaure la ville et la protège par des murailles. Cinq siècles plus tard la ville connaît un âge d'or qui va durer deux siècles, c'est l'époque des "Caorsins". Du milieu du XIIe au milieu du XIVe siècle, une poignée de riches familles de marchands-usuriers, formés par leurs collègues lombards, fait du commerce international et du prêt à l'intérêt aux quatre coins de l'Europe, ramenant en Quercy d'importantes richesses et faisant reconstruire totalement la ville de Cahors. Place économique, la ville bénéficie de la proximité de la rivière Lot employée pour le transport de marchandises, et notamment le fameux vin noir, apprécié jusqu'en Angleterre. La ville connaît aussi une importante activité religieuse autour de sa cathédrale, de ses dix églises paroissiales et des congrégations. En 1316, le Cadurcien Jacques Duèze devient pape sous le nom de Jean XXII. Il fonde l'université, favorise la vie religieuse et le commerce et attire à sa cour d'Avignon les élites locales. Au XIIIe siècle, le pouvoir du comte-évêque se voit de plus en plus concurrencé par celui des consuls, qui obtiennent la reconnaissance définitive de leurs coutumes en 1351. La Guerre de Cent ans (1337-1453) met un terme à cette époque de prospérité. La ville a conservé un très riche patrimoine médiéval : une cathédrale à coupoles, un cloître gothique flamboyant, plusieurs centaines de maisons médiévales de toutes catégories, sans oublier l'emblématique pont Valentré.
Le Pont Valentré
Il s'agit d'un pont fortifié, qui constitue aujourd'hui encore l'un des plus emblématiques ouvrages de ce type constuits au Moyen-Âge. Il est constitué de trois tours solidement maçonnées et abritait en son centre un corps de garde avec une garnison. Les deux accès du pont étaient solidement verrouillés par de puissantes herses.Passage obligé pour franchir la rivière, le Pont Valentré servait à garantir les droits de passage entre les différentes terres qui donnait sur la Province carrefour du Quercy.
En 1306, les Consuls ont décidé sa construction, les travaux débutèrent en 1308 et furent terminés en 1378. La restauration de l'ouvrage a été assurée au XIXème siècle.
Une légende se rattache au Pont Valentré. Certains prétendent que l'architecte, pour finir son oeuvre, pactisa avec le Diable. Il trouva une ruse pour sauver son âme juste avant la fin des travaux. Le Diable de colère rendit impossible la finition du Pont. Lors de la restauration, une pierre sculptée fut installée, représentant le Diable tentant d'arracher la pierre mais n'y parvenant point, ses doigts étant coincés par le joint.
La porte Saint Michel   la Barbacane
Construite au XIVe siècle, de conception massive elle présente une ouverture en arc brisé sous une voûte supportant un poste de garde ouvert coté ville. Cette terrasse communique avec le chemin de ronde dont elle ferme le parcours par d’épais murs de brique. Hors le mur, une surprise… La porte St Michel est désormais une porte du cimetière !
Corps de garde du XVIe siècle, elle possède des murs percés de nombreuses arquebusières. Cette fortification avancée servait d'accès à la ville. En effet, durant la guerre de cent ans contre les Anglais, les habitants de Cahors durent construire un nouveau rempart au Nord (la Barbacane), afin de protéger les nombreuses habitations et les monastères.


Statue de Léon Gambetta

En plein centre-ville, sur la place F. Mitterrand (anciennement place d’Armes), se dresse sur un haut socle, la statue de Léon Gambetta, né à Cahors le 2 avril 1838. Avocat, il devient député en 1868. Membre du Gouvernement de la Défense nationale en 1870, chef de l'opposition dans les années suivantes, participant à la chute du Second Empire et à la fondation de la Troisième République, il entre au gouvernement de Défense nationale en tant que ministre de l’intérieur, et quitte Paris en ballon le 7 octobre 1870 et devient alors ministre de la guerre. C’est en tant que chef de guerre qu’il est représenté sur ce monument érigé peu après sa mort le 31 décembre 1882 suite à un accident (sa blessure avait dégénéré en septicémie). Le monument a été inauguré le 14 avril 1884 en présence de Jules Ferry et de Pierre Waldeck-Rousseau.

L'octroi.
C'est une petite construction qui se fond avec le bâti du pont Louis-Philippe. C'est là dans cette minuscule pièce, que jadis, l'administration faisait payer aux visiteurs un droit d'entrée dans la ville. L'ancien édifice dans lequel, le service des crues de la DDE avait remisé des appareils, s'est transformé en point d'accueil des pèlerins en route pour Saint- Jacques de Compostelle.
Derrière l'octroi se trouve un joli petit jardin fleuri.
Nous faisons le tour du centre ville en petit train, mais nous sommes assez déçus car il n'est pas pratique de prendre des photos de tout ce que l'on découvre.
De retour à la station, nous décidons de refaire une partie du parcours à pieds.
  Promenade au gré des ruelles.


Au cours de notre promenade, nous pouvons admirer de magnifiques portes anciennes.


 
Seules une clé pendante subsiste dans la voûte ainsi qu'une Vierge de l’Annonciation dans sa niche, témoignages sculptés d’un riche passé. Dans la chapelle Saint-Gaubert (à l’origine, la salle capitulaire) est exposée la sainte coiffe. Il s’agirait du linge qui aurait recouvert la tête du Christ dans son tombeau. Elle est enfermée dans un reliquaire datant de la fin du XIXe siècle. La sainte coiffe fut rapportée par Géraud de Cardaillac, évêque de Cahors, à son retour de voyage en Terre sainte au début du XIIe siècle. C’est en son honneur que la cathédrale Saint-Etienne fut consacrée. La chapelle possède un remarquable ensemble de peintures murales (jugement dernier), des tapisseries d’Aubusson ainsi qu’une superbe collection d’insignes épiscopaux. Les galeries du cloître sont entièrement reconstruites à partir de la fin du XVe siècle et pendant toute la première moitié du XVIe siècle. Les ravages des guerres de religion et du passage du Roi de Navarre en 1582 (futur Henri IV) anéantissent cette rénovation. Ce n’est qu’au XIXe siècle que des travaux importants redonnent à l’ensemble son lustre : en 1840 on redécouvre le portail nord et son tympan muré en 1732 et restauré entre 1908 et 1913 ; en 1850, les absidioles sont restaurées et entre 1870 et 1875 le chœur liturgique est refait en style néo-gothique en même temps que l’on dégage les coupoles. Le chœur est édifié au XIIe siècle sur l’emplacement de précédents sanctuaires. La première cathédrale daterait du VIe siècle (déjà consacrée à St Etienne) détruite par Théodebert en 574. En 1860 fut décidée la construction d’un nouvel orgue. L’ancien, en très mauvais état, ne correspondait plus au goût du jour. Jean-Baptiste STOLTZ, facteur Parisien, réalisa un orgue dans le style pré-romantique, tout en réutilisant l’ancien buffet. Pour pouvoir loger l’instrument, celui-ci fut néanmoins élargi et l’arrière de l’orgue prolongé jusqu’au mur de la façade ouest. La restauration, commencée en 1984, a été réalisée par l’atelier du facteur d’Orgue Gérald GUILLEMIN. Au démontage de l’instrument, des fresques du XIVe siècle furent découvertes sur le mur de la façade ouest.Pour pouvoir les mettre en valeur, on a dû dégager la voûte du narthex. La profondeur de l’orgue a été réduite et un second buffet, réalisé par les Monuments Historiques, a été ajouté à l’arrière de l’instrument. Le buffet de L’ÉPINE a été remis dans son état d’origine.
La cathédrale Saint Etienne de Cahors est un édifice du XIe- XIIe siècle, remaniée aux XIIIe - XIVe siècles. Le maître-autel et celui de la Sainte Coiffe furent consacrés en 1119 par le Pape Calixte II et la construction de la nef commença vers 1120. Elle fait partie des églises à coupoles dites du roman méridional. Il n’y a pas de transept. Le massif ouest est une œuvre de la fin du XIII°, début du XIVe, les peintures de la coupole ouest, des murs sud, ouest et nord du massif occidental et du chœur ont été exécutées entre 1316 et 1324. Au XVe siècle : construction d’une Chapelle au sud du chœur dédiée à la Vierge Immaculée, appelée « Chapelle profonde » consacrée en 1484, c’est actuellement la chapelle du Saint-Sacrement. C’est en 1493, sous l’épiscopat d’Antoine d’Alamand, que le chapitre finança la reconstruction du cloître, dans un style gothique flamboyant d’un décor somptueux.

Mercredi 10 juin, il est 9 heures lorsque nous partons pour le marché de Cahors. Nous prenons la navette à la sortie du parking et en quelques minutes, nous sommes rendus.
En plein centre ville, c’est toute l’année que le mercredi et le samedi matin la place de la cathédrale Saint-Etienne se pare de ses nombreux étals multicolores et abrite un des plus beaux marchés du Sud Ouest. Commerçants traditionnels (bouchers, primeurs, charcutiers…) côtoient les producteurs locaux (foie gras, fromage de chèvre « Rocamadour », agneau fermier du Quercy, le fameux gâteau aux pommes appelé « Pastis »… ) et la magie opère.
Le marché devient un lieu de rencontre et de convivialité où l’on profite des odeurs et des saveurs et tous les sens sont à la fête.
Ici on vient faire ses courses mais aussi flâner et s’imprégner de l’ambiance locale. Votre appareil photo sera un compagnon utile pour des prises de vues uniques sur les coupoles de la cathédrale ou pour immortaliser les portraits des producteurs.

Après avoir parcouru le marché de long en large, et avoir fait quelques emplettes, pendant une petite heure, nous décidons de rentre au camping-car à pieds. Il nous faut environ une demi-heure en flanant pour arriver. Vers 10h30, nous passons par la case ravitaillement (eau et vidanges) à quelque centaines de mêtres du parking où nous étions garés.
Nous prenons la direction de Saint-Cirq-Lapopie dont on nous a beaucoup parlé. C'est l'occasion d'admirer Cahors depuis la route qui passe de l'autre côté du Lot.
Cahors est une superbe ville, tant au point de vue historique que pratique. Nous y reviendrons sûrement.
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