Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
La Roque Gageac, Domme

Mardi 16 juin, nous sommes toujours à la Roque Gageac, la nuit a été calme. Nous nous levons vers 8 heures. Après nous être préparés, nous partons visiter les hauteurs du village.
Il faut aller à l'entrée du village (côté Sarlat) pour trouver le chemin qui permet d'atteindre les hauteurs de La Roque Gageac.


Le manoir de Tarde

Ancienne demeure des Tarde, famille de magistrats sarladais, le manoir domine le village. Il est construit au XVIIIe siècle sur la porte fortifiée de l’ancienne enceinte intérieure de La Roque-Gageac.
La famille des Tarde s’installe à La Roque-Gageac, au XIIIe siècle. À l’époque, la demeure familiale se limite à deux étroites maisons encastrées dans la falaise. Le manoir en lui-même date de la Renaissance.


Jean Tarde
était chanoine théologal et vicaire général du diocèse de Sarlat, connu pour sa chronique des évènements dans son diocèse, né et mort à La Roque-Gageac (1561 ou 1562, 1636).



La promenade est difficile tant le dénivelé est important.
Mais, quand nous arrivons en haut, le magnifique spectacle nous fait oublier notre fatigue.
 
 


église Notre-Dame



Ancienne chapelle du château de La Roque-Gageac, l’église Notre-Dame est située à l’intérieur des remparts qui protègent la cité médiévale. Datée du début du XIIe siècle, cette église romane est, à l’origine, la chapelle du château abbatial puis épiscopal. En effet, le seigneur de La Roque-Gageac est, au Moyen Âge, l’abbé puis l’évêque de Sarlat.
Vers 9h30 heures, nous rejoignons le camping-car pour continuer notre voyage. Nous partons pour Domme à environ 10 Kms. Arrivés à Cénac et Saint Julien, le village situé au bas de la colline ou se trouve Domme, nous cherchons une place pour nous garer. En effet la signalisation nous fait douter de la possibilité de stationner la haut en camping-car. Nous nous apercevrons sur place qu'il n'en est rien !
Pour l'heure, nous montons à pieds. Il nous faut une grande demi-heure pour parcourir les 3 Kms de la route qui monte à Domme.


Domme

 
Leur authenticité pour ces trois sites est contestée par les spécialistes. En outre l'identification des graffiti de Domme et leur prétendue justification historique furent basés sur de faux relevés et des méthodes d'interprétation des images et des documents très fantaisistes sans aucun fondement scientifique.

                                             

Ultérieurement, durant la guerre de Cent Ans, la bastide devient un lieu convoité par les Anglais. La première prise de la cité par ces derniers date de 1347. À plusieurs reprises, elle change successivement de mains entre les deux camps rivaux jusqu'en 1437, date de son retour dans le domaine français.
De nouvelles tribulations attendent ce site durant les guerres de Religion. La bastide est prise en 1588 par Geoffroy de Vivans, capitaine protestant de la garnison de Castelnaud qui escalade, de nuit avec ses hommes, la falaise pour ouvrir les portes au corps principal de ses troupes. Toutefois, le succès des troupes catholiques fut tel qu'il dut céder la bastide dans laquelle il s'était retranché en 1592.
Le calme à peine revenu, la bastide dut faire face à une jacquerie des croquants en 1594 puis ultérieurement en 1637.
Domme connaîtra la prospérité au XVIIe siècle puis périclitera, ce qui a facilité sa conservation jusqu'à nos jours.
La bastide fut fondée en 1281 par Philippe le Hardi sur un plateau à l'ouest duquel existait déjà un château, alors dans les mains de la famille de Gourdon. Domme possède deux places où se pratiquait le commerce : la place de la Halle et la place de la Rode. La cité commerçante organisait des foires et obtint le privilège de battre sa propre monnaie.
On a considéré longtemps qu'en 1307 la cité devint, lors de l'arrestation des Templiers, un lieu où soixante-dix d'entre eux furent emprisonnés. Ils venaient des diocèses de Périgueux, Cahors, Rodez, Bourges, Limoges, Clermont, Angoulême et Poitiers; et qu'ils laissèrent comme témoignage de leur passage la centaine de graffitis que l'on retrouve à la porte des Tours.
On a dit à ce sujet et sans preuve que les Templiers usaient d'un code géométrique : l'octogone pour le Graal, le triangle surmonté d'une croix pour le Golgotha, le carré pour le Temple. Les cercles, eux, auraient symbolisé l'enfermement.
On a dit aussi que des gravures à la symbolique assez proche furent retrouvées à Loches, Gisors et Chinon, ce qui est purement imaginaire.

Domme a été le cadre de la plupart des scènes en extérieur du téléfilm Ange de feu réalisé par Philippe Setbon et diffusé la première fois en 2006.
Le village, notamment l'église et les remparts, a également servi de lieu de tournage pour Le Tatoué de Denys de La Patellière avec Jean Gabin et Louis de Funès en 1968.
La place de la Rhode   La place de la Halle
L'arbre de mai
C'est une curieuse tradition que nous avons découverte pendant ce voyage.
Les places de nombreux villages sont décorées d'un mât de cocagne (rappel) garni à son sommet d'un petit arbre, et décoré de drapeaux et guirlandes tricolores.On appelle cela, localement le "mai communal". Personne ne sait bien d'où vient cette tradition, peut-être un héritage des "arbres de la Liberté" de l'époque révolutionnaire.
Le plus étonnant sur les "mais communaux" est la petite pancarte, ou l'écusson qui porte la mention "Honneurs aux élus". Mieux encore, dans certains villages, un "mai communal" est planté devant l'habitation de chaque élu avec la mention "Honneur à notre élu".
Cette tradition a été étendue pour mettre à l'honneur les patrons. Le nombre de ces arbres décorés et des "Honneurs au patron" devant les demeures ou ateliers d'artisans occitants, témoigne d'autant de fêtes et de ripailles : tout comme l'élu d'autrefois offrait une fête à ses électeurs, les patrons périgourdins ainsi distingués fournissent de quoi "arroser" l'arbre de mai planté en leur honneur.

Eglise Notre-Dame de l’Assomption
Elle date du XVIIe siècle, sa construction remonte à la fondation de la bastide par le roi de France Philippe le Hardi en 1281.
Elle est détruite pendant les guerres de Religion par le fameux capitaine huguenot *Geoffroy de Vivans lorsqu’il prend la ville de Domme en 1589. Quand le culte catholique est rétabli dans la région, en 1622, elle est reconstruite au même emplacement avec les pierres de l’ancienne église. L’église est une réalisation d’un maître-maçon de Monpazier. Dotée d’une nef unique et d’un clocher-mur, elle est vouée à Notre-Dame de l’Assomption.
Lors de sa reconstruction, l’église est entourée d’un cimetière. Celui-ci est déplacé au XVIIIe siècle à l’extrémité de la ville.
L’élévation de la façade est étayée par deux contreforts latéraux, qui aboutissent au niveau de l’oculus (ouverture circulaire) surmontant le portail d’entrée. Ce tout constitue un clocher-mur, dont la partie supérieure est percée de trois baies en plein-cintre. La baie centrale, la plus grande, est entourée de deux plus petites de même taille où tintent les cloches.

*Geoffroy de Vivans : né le 18 novembre 1543, au château de Castelnaud, fils de Charles de Vivans, seigneur de Mel (seigneurie qui était sur les rives du Céou), gouverneur du château de Castelnaud pour Charles de Caumont, et de Louise de Cazenac. Il est décédé le 21 août 1592 au cours du siège du Château de Villandraut que dirigeait le maréchal de Matignon. Durant les guerres de religion, il s'illustre comme un habile et hardi capitaine ; il commande en particulier cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi Henri IV, devient son conseiller en ses conseils d'État et Privé, et est nommé gouverneur du Périgord et du Limousin.





L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Domme possède une nef d’une grande sobriété. Elle reprend un plan qui devait être celui de la nef de l’église primitive : un vaisseau unique rectangulaire. Celui-ci est couvert d’une voûte en berceau plein cintre d’un seul tenant. Il ouvre, dans la partie la plus proche de l’abside, sur deux chapelles latérales, au nord et au sud. Il est éclairé par quatre baies, qui forment des sortes de lucarnes sur le toit à l’extérieur.
La nef de l’église de Domme abrite une chaire et un panneau sculpté surmonté d’un calvaire, deux œuvres en bois d’une grande qualité.
Cette statue de grande taille proviendrait de la chapelle de l’ancien couvent des Augustins, construite au XVe siècle.
La statue est une représentation de la Vierge. Son auteur serait un moine augustin qui aurait pris comme modèle Notre-Dame de Domme pour les lignes parfaites de son corps.
La statue de la Vierge est une œuvre de plus de deux mètres de haut.
 
Du belvédère, la vue est magnifique.
Petite halte gastronomique !
On eut encore admirer trois portes d’accès à la bastide sur les quatre qui existaient initialement.
Au Sud, la porte Delbos (du bois), sans doute nommée ainsi parce que c’était par là que passaient les habitants qui allaient chercher du bois pour les constructions. Construite au début du XIVe siècle, elle fut remaniée en 1912 pour permettre le passage de gros véhicules.
 
Au Sud également, la porte de la Combe donne accès en contrebas à la fontaine de Giran et autres fontaines qui se trouvent à l’extérieur de la bastide. Son arc segmentaire fut entièrement reconstruit au début du XXe siècle.
A l’Est, la porte des Tours était celle qui restait ouverte en cas d’alerte, tout au moins au début du XVIIe siècle. Elle est flanquée de deux tours percées d’archères. A l’extérieur, deux latrines forment bretèches. La partie inférieure est constituée d’un appareil en bossages (bosses à la surface de la pierre), tandis que la partie supérieure, restaurée vers 1912, fut reconstruite en moellons (pierre non taillée ou partiellement taillée). Les salles de l’intérieur présentent des niches à coussièges, pratiques pour surveiller les alentours. La décoration intérieure date du début du XIVe siècle. La porte fut utilisée très vite après son édification comme prison. En 1307, le roi Philippe le Bel y fit emprisonner soixante-dix Templiers qui gravèrent sur les murs de leur geôle le témoignage de leur foi envers Dieu mais aussi leur colère envers le pape Clément V qui les avait abandonnés. Pendant la guerre de Cent Ans, des prisonniers anglais et français y gravèrent à leur tour des témoignages. En 1588, Geoffroy de Vivans modernisa la porte afin de l’adapter aux canons. 
La porte de la Paillole, située à l’origine à l’Est, a totalement disparu. Des fortifications existent autour de la bastide dès 1281 mais ne sont toujours pas achevées en 1310. L’enceinte ne possédait pas de dispositif défensif côté nord dans la mesure où l’on avait estimé que la barrière rocheuse surplombant la Dordogne constituait un rempart naturel suffisant. Pourtant, lors des guerres de Religion, en 1588, Geoffroy de Vivans, réussit à s’emparer de la bastide en escaladant la falaise. 
Ce rempart était constitué d’un mur simple régulièrement percé de hautes archères cruciformes (habituellement embrasure de tir verticale. A Domme, elles sont en forme de croix) qui s’intègrent dans des niches munies de coussièges (bancs en pierre permettant aux gardes de s’asseoir à l’abri tout en surveillant les alentours). Il était surmonté d’un chemin de ronde (encore visible à certains endroits). La partie Est était la plus accessible. C’est pour cela que Geoffroy de Vivans après 1588, fit ériger de ce côté le fort de Gal (ou de Ga) dont il reste les vestiges d’une tour dans l’actuel cimetière.
Après la période des guerres, le rempart, n’est plus entretenu voire est utilisé comme carrière de pierres. Ce n’est que vers la fin du XIXe siècle que la municipalité de Domme prend conscience qu’il faut sauvegarder ce patrimoine unique. En 1909, la commune décide de faire classer les remparts et de racheter les murs appartenant aux habitants. Les remparts seront inscrits aux Monuments Historiques en 1910. En septembre 1912, le ministre des Beaux Arts donne l’autorisation de les restaurer ainsi que les portes. 
Après la visite de la ville, nous redescendons par par un autre chemin et nous nous retrouvons au dessus de Cénac et Saint Julien et nous pouvons admirer les toits.
Arrivés au camping-car, en route pour Rocamadour, à 55 kilomètres.
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