Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
Gouffre de Padirac, Martel.

Nous sommes toujours le 17 juin, sur la route du Gouffre de Padirac, nous nous sommes arrêtés à l'ombre sur la parking de l'église du bourg de Padirac pour déjeuner. Il fait très chaud. Nous arrivons sur la site du Gouffre vers 13h45.
Le Gouffre de Padirac, est considéré comme l’une des plus grandes curiosités géologiques de France. Il fut exploré en 1889 par Edouard-Alfred Martel. Après une descente vertigineuse à 103 m de profondeur, on embarque sur la rivière souterraine pour une promenade en barque. C’est alors que l'on découvre la Grande Pendeloque, stalactite géante de 60 m de haut, qui, comme suspendue à un fil, semble s’admirer à la surface du Lac de la Pluie. Ensuite, on accoste et on continue à pieds en direction de la Salle du Grand Dôme dont la voûte s’élève à 94 m de haut. Celle-ci offre une multitude de concrétions, cascades de calcite, façonnées par la nature durant des millions d'années.

La formation du gouffre est due, il y a environ 10 000 ans, à un effondrement de la voûte. Ce gouffre existait déjà au IIIe siècle de notre ère.
En 1907, il existait encore un petit mur en pierres sèches et les restes d'un foyer sur le sol du talus *détritique du gouffre. Armand Viré pensait que ces vestiges avaient été laissés par des vaincus de la guerre de Cent Ans. Des cendres, des charbons, des débris de cuisine et des armes y ont été trouvés et furent par la suite exposés au public dans une vitrine à l'entrée du gouffre. Il fut habité à la fin du XIVe siècle ainsi qu'en fin du XVIe siècle.
En 1595, d'après François de Chalvet de Rochemonteix, les hommes profitent des conditions climatiques du lieu pour en extraire « un fort bon salpêtre ».
En 1867, la justice fit remonter le corps d'une jeune fille assassinée.
Édouard-Alfred Martel rapporte que vers 1865 - 1870, M. le comte Murat et M. de Salvagnac descendirent dans le puits d'entrée dans un grand panier retenu par des cordes. Le fils de M. de Salvagnac confia à Martel que son père y était descendu par curiosité ou à la suite d'un pari. Mais ils ne remarquèrent pas le petit orifice qui conduit à la grande galerie où s'écoule la rivière souterraine.
En 1889, le spéléologue Édouard-Alfred Martel fut le découvreur de la rivière souterraine du gouffre de Padirac.
*Une roche détritique est une roche sédimentaire composée d'au moins 50 % de débris. Si les débris sont issus de l'érosion d'autres roches, alors on la qualifie de roche détritique terrigène. Si au contraire les débris sont formés par des squelettes d'organismes vivants alors la roche est qualifiée de biodétritique ou biogénique.

Une légende raconte que Saint Pierre (ou Saint Martin) cheminait sur sa mule, en quête d'âmes à sauver, sur la voie romaine allant d'Autoire à Montvalent. Soudain Satan apparait et lui propose une épreuve avec comme enjeu les âmes des damnés qu'il emporte en enfer. Le diable frappe le sol de son talon et un gouffre apparaît. La mule et son cavalier franchissent l'obstacle d'un bond extraordinaire dont il subsiste toujours les marques laissées par les sabots dans le rocher. Le diable furieux retourne dans les entrailles de la terre par le trou béant qui devient dans l'imaginaire collectif une porte des enfers.
Une autre légende voudrait qu'à la fin de la Guerre de Cent Ans, les Anglais aient enfouis dans le gouffre un riche butin cousu au préalable dans une peau de veau. Lorsqu'Édouard-Alfred Martel acheta les terrains situés au dessus de la rivière souterraine, les propriétaires exigèrent l'insertion d'une clause leur réservant une part de l'éventuel trésor.

La visite complète dure environ une heure. Les photos présentées ici on été récupérées sur internet. En effet, à l'entrée, il est indiqué que les photos sont interdites. Mais, seul le parcours en barque est concerné par cette restriction. Etant discipliné, je n'ai pas pris mon matériel. Curieusement, à la sortie, on nous propose d'acheter une photo de notre groupe en barque ! Ceci explique peut être celà.
Tout celà n'enlève rien à la beauté des paysages que nous avons trouvés à cet endroit. Une visite à faire au mons une fois.




Nous reprenons notre périple en direction de Martel à une vingtaine de kilomètres. En venant à Martel, notre but était de faire le voyage en train à vapeur au long de la vallée de la Dordogne. Pas de chance, ces activités sont à jour et horaires fixes. Il n'y en a pas avant plusieurs jours. Nous décidons donc de passer la nuit ici et de revenir le dimanche 21. Pour l'heure, nous nous installons sur le grand parking à la périphérie de la ville et en profitons pour visiter.

Martel


        

Les 3 marteaux du blason sont là pour rappeler le fameux Charles Martel













A l'origine, l a ville n'était pas un centre religieux ou un castrum (site défensif) comme le plupart des villes dans la région, elle a plutôt été implantée en raison de sa position de carrefour sur la route Paris-Toulouse ainsi qu'une route est-ouest transportant du sel et du vin. Elle est également à proximité de Rocamadour et est ainsi devenue un lieu de passage important pour les pèlerinages.
La ville d'origine, avec un quartier marchand à l'ouest, un quartier religieux à l'est et le quartier fortifiée dans le centre et était entourée par un mur défensif. Le XIIIe siècle fut une époque de richesse économique pour la ville, période à laquelle les maisons de nombreux commerçants ont été construites.
La ville s'étendant, les gens les plus pauvres ont construit les faubourgs à l'extérieur du mur. Puis, pendant la guerre de Cent Ans un second mur défensif était construit et a protégés cette nouvelle partie de la ville. Après la guerre, la ville a récupéré assez rapidement et une nouvelle période de prospérité a suivi au cours du XVe siècle. Les fonctionnaires du gouvernement, les avocats et d'autres sont arrivés et ontconstruit de belles maisons avec des fenêtres à meneaux, escaliers en colimaçon et portes ouvragées.
La légende de Charles Martel, maire du Palais et grand-père de Charlemagne, fondant la ville autour de son église dédiée à saint Maur, soit pour commémorer une bataille gagnée contre les Sarrazins, soit dans le cadre de son conflit avec Eudes, duc d'Aquitaine, ne semble être qu'un conte érigé pour asseoir la fierté des Martelais quand on généralisa les armes parlantes vers le XIIIe siècle, même si certains historiens avancent qu'Abd el-Rahman n'aurait pas été tué à la Bataille de Poitiers mais aurait simplement reflué vers ses bases arrières de Narbonne, que poursuivi par les troupes franques de Charles Martel, il aurait été tué et son armée exterminée à Loupchat, à 3 kilomètres du centre actuel de Martel, en 733. Selon certains auteurs, c'est d'ailleurs à la suite de cette victoire que Charles fut surnommé Martel (en ancien français et en occitan signifie « marteau »), puisqu'il avait violemment écrasé les troupes musulmanes, tel un marteau - le « marteau d'armes » étant aussi une arme de combat. Martel n'ayant été fondée qu'au XIe siècle, la relation directe entre la création de la cité et le maire du palais ne semble donc pas évidente. Il pourrait éventuellement en être autrement pour le nom de la cité, les légendes des origines, même infondées, étant très fréquentes au Moyen Âge, mais là encore rien de certain.
La halle a été construite à la fin du XVIIIe siècle. Ce monument remarquable par sa charpente en châtaignier et ses "conques" (mesures à grain) est édifié sur l'emplacement de l'arsenal et du premier hôtel de ville. Il est inscrit depuis octobre 2004 aux monuments historiques.
La ville comporte de nombreux édifices d’importance tels que le palais de la Raymondie. Édifié à partir de 1280 à l'initiative de Bernard Raymondie, receveur des impôts royaux, l'immeuble est achevé vers 1330. Ce palais urbain se compose de quatre ailes disposées autour d'une vaste cour, avec un porche d’accès surmonté d'une tour transformée en beffroi. Il présente trois niveaux d'élévation, des petites échauguettes aux angles des façades sud et est. À la révolution française, il devient hôtel de ville mais il est dégradé par le développement des logements aux étages et des commerces aux rez-de-chaussée dans les années 70. Plus tard, l'ensemble retourne dans le domaine public. Aujourd’hui, au 1er étage, on trouve le musée d'Uxellodunum qui renferme des collections d'objets protohistoriques et gallo-romains provenant des fouilles du Puy-d'Issolud.
Nous passons la nuit sur legrand parking ou se trouvent une dizaine de camping-cars. Nous ne serons pas seuls.
Demain, nous reprenons la route pour voir d'autres merveilles.