Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
Terrasson-Lavilledieu, Excideuil.

Jeudi 18 juin, après une bonne nuit de repos, il est 9h30 lorsque nous reprenons notre chemin, direction Terrasson-Lavilledieu. Après une petite heure de route, nous arrivons à destination.



Terrasson-Lavilledieu



D'où la légende selon laquelle Saint Sour aurait lâché les colombes de ses rochers et, les voyant se poser dans le vallon, se serait écrié : "terra sunt", (elles sont à terre) expression qui aurait donné naissance au nom de Terrasson. On peut toujours rêver mais ce qui est certain c'est que Terrasson était née. D'abord abbaye puis simple bourgade, elle allait occuper la colline, puis s'étendre dans la plaine. C'est vers le XIIe siècle que les moines bénédictins de l'abbaye décidaient la construction d'un pont dans la vallée. Malheureusement les guerres anglaises du XIIIe et XIVe siècles devaient détruire l'abbaye, l'église, le château abbatial, le moulin ainsi que le bourg. A la fin du XVe siècle l'abbé Bertrand de Rouffignac relevait l'église, le monastère et le pont. Quelques années plus tard, en 1514, François 1er, créait un marché et quatre foires dans l'année dont 3 existent encore de nos jours. Puis vinrent les guerres de religion. À la croisée des deux grands chemins royaux, de Limoges à Toulouse et de Lyon à Bordeaux, seul le pont de Terrasson permettait la traversée de la rivière. L'abbaye devenait un centre de résistance recherché et Terrasson ne devait en retirer que ruines et désolation. La Révolution française créait les communes avec, sur la rive gauche Terrasson, et sur la rive droite Lavilledieu.
Seul le Vieux Pont permettait de passer la rivière et il était en triste état. C'est en 1830 que la municipalité, avec l'appui de Charles X construisait le Pont Neuf. En 1864, 135 hectares de Lavilledieu étaient rattachés à la commune de Terrasson. Puis avec l'apparition du chemin de fer, Terrasson grandissait et prospérait. En 1912, une série d'aménagement avait lieu et les Terrassonnais découvraient l'électricité. En juin 1944, Terrasson devait encore payer son tribut à la guerre. La rue Margontier, l'hôtel de ville et les archives disparaissaient dans les flammes. C'est enfin en janvier 1963 que les communes de Terrasson et de Lavilledieu s'unissaient pour donner naissance à Terrasson-Lavilledieu.
Il y a près de 1 400 ans, le roi mérovingien Gontrand, prévenu de la grande sagesse du Moine *Sour, lui rendait visite et lui donnait les moyens de fonder son abbaye.

*Au VIe siècle, une petite communauté de moines existe sans doute déjà sur les rives de la Vézère. Parmi eux, un moine auvergnat nommé Sorus (Sour) s'installe en ermite dans une grotte des rochers dits désormais de Saint-Sour. Vers la fin du siècle, autour de 585, il fonde le monastère de Genouillac. Ses compagnons Amand et Cyprien fonderont pour leur part, toujours en Périgord, ceux de Saint-Amand-de-Coly et de Saint-Cyprien.





La Vézère (affluent de la Dordogne), sépare la ville en deux. D'un côté Terrasson, de l'autre Lavilledieu. Deux ponts les réunissent : le Pont Vieux et le pont neuf.
C'est au milieu du XIIe siècle que les moines Bénédictins de l'abbaye décidaient de la construction d'un pont dans la vallée. A l'époque on traversait à gué. La digue et le moulin datent également de la même époque. Il est classé aux Monuments Historiques le 25 Juin 1904.
Le Pont Vieux a été construit au milieu du XIIème siècle avec l'argent des moines de l'abbaye de Terrasson. Il a été construit en grès grossier et édifié grâce à une dérivation de la Vézère qui, aujourd'hui, constitue le ruisseau appelé le Brasset.
La longueur, entre l'aplomb des culées est de 104 mètres et il comprend 6 arches. Pour passer d'une rive à l'autre, il fallait payer. Pendant les guerres des XIIIème et XIVème siècles, les deux premières arches de la rive droite furent abattues. Elles furent restaurées par Bertrand de Rouffignac, abbé de Terrasson, à la fin du XVème siècle.
Au début du XIXe siècle, seul le vieux pont permettait de passer la rivière, mais comme il était en triste état, la municipalité, avec l'appui de Charles X décida de se doter d'un nouveau pont sur la Vézère : le pont neuf. Les travaux de construction ont démarré en 1830 pour s'achever en 1833, le pont comportant cinq arches en plein cintre et ses piles étant renforcées par des contreforts circulaires. Aujourd'hui la ville se distingue justement par la présence de ses deux ponts qui lui confèrent un caractère unique et qui lui donnent un charme certain, entre deux rives.
l’église abbatiale Saint-Sour


L'origine de l’église remonte au VIe siècle. La construction de la première abbaye avait été commencée par Sorus en 560. Pillée par les Normands et détruite, elle fut reconstruite à la fin du Xe siècle. Au cours du XIVe siècle l'abbaye fut rasée et resta dans cet état plus de 100 ans. C'est au XVe siècle que l'église a été reconstruite. Elle fut de nouveau détruite pendant les guerres de religion.
AU XIXe siècle, le château abbatial et les bâtiments conventuels seront vendus comme biens nationaux, sauf le bâtiment accolé au portail de l'église qui deviendra le presbytère.
En 1889 l'Abbé PERGOT, d'abord Vicaire puis curé de Terrasson entreprit la reconstruction grâce aux dons de paroissiens. Aujourd'hui, il ne reste que le portail gothique flamboyant du XVIe siècle. Le gisant dit de Saint-Sour se trouve à côté de cette abbaye. Du fait de la destruction de l'église Saint Julien (sur l'emplacement du foirail actuel), l'église Saint Sour devient église paroissiale.
L'abbé Pergot y restera plus de soixante ans. L'œuvre de sa vie sera, avec l'aide des pouvoirs publics et des paroissiens, la reconstruction de l'église suivant son optique (qui était celle de son temps). Les bâtiments conventuels seront détruits pour laisser la place à un presbytère voulu moderne. Le clocher et sa rosace apparaîtront tels que l'imaginera l'architecte, l'abbé Cheval.
Le château abbatial sera détruit postérieurement dans un incendie.
L'intérieur de l'église, tout blanc, est une merveille.
                      
 Promenade dans les ruelles.
en contrebas de l'église
Des travaux de terrassement ont mis au jour en 2003 une quinzaine de sépultures mérovingiennes. Ces sarcophages du haut Moyen Age (VIIe siècle) attestent de la présence d'un cimetière autour de l'ancienne église Saint Julien. L'installation de parois de verre facilite l'observation de ces sépultures de forme trapèzoidale qui contenaient ossements et accessoires. Cet aménagement contribue à la compréhension de la riche histoire de Terrasson.
Les cluzeaux
Une véritable curiosité terrassonnaise... ces abris souterrains entretiennent un mystère. Ils comportent pour la plupart au moins un point d'eau, laissant penser qu'ils pouvaient servir de refuge en période troublée. La ville de Terrasson possède un patrimoine riche, marqué par toutes les époques, mais également,un patrimoine insolite et mystérieux avec les 12 cluzeaux qui y sont rencensés. Le nom de "cluzeau" désigne une cavité artificielle taillée dans la roche par la main de l'Homme.



Il est environ 10 heures lorsque nous quittons Terrasson-Lavilledieu. Avant de partir, nous faisons un petit tour au marché. Puis, nous reprenons notre route.


Excideuil
(ne pas confondre avec Exideuil sur Vienne)

     


Après les Gaulois, les Romains occupèrent la région, quelques objets découverts en témoignent.
En 1096, la baronnie d’Excideuil appartient au Vicomte de Limoges Aymard IX. Des querelles pour la possession de cette terre déchirent entre eux les seigneurs de Limoges, puis plus tard, les mêmes avec Bertran de Born, le batailleur, seigneur de Hautefort. De cette période date la probable construction du Château sur une ancienne place forte contrôlant le passage de la voie reliant Périgueux à Limoges.
Jean de Beaugourdon et Jean-Paul Laurent qui ont écrit le seul ouvrage consacré à l’histoire de la ville ont décrit cette construction : celle-ci « domine l’histoire comme le paysage, dont les tours jumelées commandent la vallée de la Loue. Autour du bastion primitif s’est édifié l’un des plus robustes édifices militaires de la vicomté de Limoges ».
Excideuil a souffert des nombreux conflits qui agitèrent la région. Pendant l’année 1182, Richard Cœur de Lion ou ses lieutenants mirent trois fois le siège devant le Château. Le bourg, tout proche, subissait pillages et destructions. Au cours de la Guerre de Cent Ans, Excideuil fut pris par les Anglais et délivré, dit-on, par Duguesclin.
Cinq portes en contrôlaient l’entrée :
celle de la rue du Châtel qui deviendra rue des Cendres après l’incendie provoqué par les Anglais en 1420,
celle de la rue des Cordeliers, devenue rue Jean Jaurès,
celle de la Place des Religieuses ou Porte Faucher, près de l’actuelle Mairie,
celle de la Porte Piquet situé dans le quartier du même nom et enfin,
celle de la rue Saint Antoine.
La ville était protégée par ses murailles mais aussi par un étang dont les eaux baignaient le côté ouest.
Le premier texte attestant l’existence d’Excidolium, cité médiévale, est un testament, celui d’Aredius, autrement dit le limousin Saint Yrieix, en 572. C’est un des noms de ville les plus anciens du Périgord. On le retrouve en 1100 sous le vocable d’Issidor puis d’Excideuilh en 725.
Diverses hypothèses existent, dont certaines fantaisistes, parmi lesquelles on trouve Isis Dolium « tonneau d’Isis », par allusion à la culture de la vigne et de la déesse des vendanges.Exito en gaulois ou Exitus en latin « chemin de sortie » suivi du gaulois - ialo, « clairière ou champ ». Le nom pourrait également venir d’une racine celte « ville des eaux » ou d’une autre racine celte évoquant une région riche en fer.
Saint Yrieix dispose, au 1er siècle après Jésus-Christ, du monastère dédié à Saint Médard en un lieu communément appelé Excidolium ainsi que la chapelle de Gandamnaco (aujourd’hui Gandumas). Avant cette mention officielle, on sait qu’Excideuil appartenait au territoire des Pétrocorii.
La magnifique entrée du château.

Le château d'Excideuil apparaît pour la première fois vers 1100 dans un acte de donation du vicomte Adémar à l'abbaye d'Uzerche. Dans la mesure où, entre 1037 et 1059, l'évêque de Périgueux, en lutte contre le comte de Périgord, inféode le château d'Auberoche au vicomte de Limoges, on peut supposer que la défense d'Auberoche n'était possible pour le vicomte de Limoges que si Excideuil était déjà fortifié.
Bernard de Comborn, doyen de l'oratoire de Saint-Yrieix, oncle et tuteur d'Adémar V, l'avait dépossédé du château d'Excideuil. En 1176, il est obligé de le rendre à son neveu en échange du château allodial de Salon. Attaqué en 1182 et 1184 par les troupes anglaises, menées par Richard Cœur de Lion, le château résiste. À la suite de la trahison du vicomte de Limoges Adémar V en 1199, Jean sans Terre se rendit maître de plusieurs châteaux de la vicomté. Le vicomte Gui V ne put récupérer les châteaux d'Aixe, Châlucet, Thiviers et Excideuil que vers 1210-1211.
En 1303, le château reçoit la visite du roi de France Philippe le Bel, et l'année suivante celle du futur pape Clément V.
Lors de la guerre de Cent Ans, après avoir résisté à un assaut en 1346, il connaît l'occupation anglaise en 1351. Libéré en 1356 puis rendu aux anglais en 1360, en application du traité de Brétigny, il est repris par les troupes de Du Guesclin en 1370. Durant les guerres de religion, le château, toujours sous l'apanage des vicomtes de Limoges, appartient à Jeanne d'Albret, du côté des catholiques. En 1574, il passe aux mains des protestants qui en sont chassés l'année suivante. En 1582, le vicomte de Limoges n'est autre que Henri III de Navarre, le futur roi Henri IV. Il vend la châtellenie d'Excideuil au comte François de Pérusse des Cars. Par mariage, le château passe à la famille de Talleyrand-Périgord et la terre est érigée en marquisat en 1613. Délaissé par ses nouveaux propriétaires qui transfèrent les objets et mobiliers de valeur dans leur château de Chalais, en Charente, le château se dégrade.
En 1883, Hélie Roger de Talleyrand-Périgord lègue le château d'Excideuil aux hospices de Chalais. En 1973, un incendie ravage les toitures du châtelet d'entrée. Lors du dernier quart du xxe siècle, la famille Naudet, nouveau propriétaire, entreprend des travaux de réhabilitation importants.




L'ancien corps de garde, à l'entrée du château.
Le corps de logis ouest.   Les remparts.
Les deux tours du donjon.
Le château vu de la route nationale.
L’Eglise Saint Thomas



Placé face à la fontaine Bugeaud, au cœur du bourg, on s’aperçoit dès son abord que l’édifice a subi de nombreux outrages. Les incendies de 1420, 1868, et du 21 mars 1934 l’ont considérablement endommagée. L’Eglise Saint Thomas a été construite au XIIè siècle sur l’emplacement d’une probable chapelle dépendant de l’Abbaye de Saint Médard. Les moines de Saint Martial, à qui l’Eglise a été donnée, y édifieront un prieuré.
Il ne subsiste de l’Eglise primitive que « le grand portail et le gros œuvre du bas-côté nord, flanqué au XVIe siècle d’une tourelle carrée ».
L’ancien portail d’entrée devait être celui qui est aujourd’hui muré et orné de pointes de diamant. En face du grand portail, on remarque la commanderie et la vieille rue Saint Antoine, celle des potiers d’étain. Au sud, le portail flamboyant a été fait pour Jeanne de Bretagne.
 
 
 
Le 21 mars 1934, vers 18h30, la foudre s'abat sur le clocher de l’Eglise déclanchant un incendie.
Les journaux de l’époque relatèrent ce dramatique accident : Il ne reste plus rien de la flèche, les cloches se sont tues. La plus grosse est tombée, traversant de nouveau l’ouverture par laquelle on l’avait hissée au clocher. Les autres sont sans doute fondues, sous les décombres encore fumants. Quant aux aiguilles du cadran de l’horloge, elles se sont arrêtées à 18h30, l’heure du coup fatal.
En 1936, plutôt que de reconstruire le clocher dans son aspect antérieur, l’architecte à qui le travail avait été confié, a choisi d’utiliser un matériau qui « prenait son envol » : le béton !
Et voilà pourquoi le clocher surprit baucoup de monde à Excideuil : il était moderne !
La visite terminée, il est presque 17 heures et nous reprenons la route vers Brives la Gaillarde où nous sommes attendus demain. Après quelques kilomètres,, nous nous arrêtons à Lanouaille ou nous trouvons un parking pour camping-cars.
Installation, discution avec les camping-caristes, apéro, mangé, dodo...
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20150618 Terrasson - Excideuil.zip