Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
Vigeois, Uzerche, Brives la Gaillarde

Vendredi 19 juin, il est 9h40 lorsque nous reprenons notre route. La température est agréable : 20° et un beau soleil illumine le ciel. Sur la route, nous passons devant une magnifique église et nous décidons de nous arrêter pour la visiter.

Vigeois






Le village s'est étendu sur l'autre rive grâce à un vieux pont du XIIe siècle.
La petite ville est un des lieux les plus anciennement connus du Bas-Limousin, grace à une abbaye fondée au VIe siècle. Celle-ci sera dévastée à maintes reprises au cours des siècles. Au XIIe siècle, la vie féodale s'adoucit. Geoffroy du Breuil, dit de Vigeois, écrit ses chroniques.
Témoins de ce lointain passé, l'église abbatiale et le Vieux Pont, dit aussi Pont des Anglais (tous deux monuments historiques). Des fouilles réalisées au printemps 1993, permirent de découvrir des vestiges Mérovingiens, dont certains sont visibles dans l'église (sarcophages).
L'histoire suit son cours. Vigeois est devenu un village fleuri et est considérée parmi les villages de caractère de Corrèze. Ses demeures aux toits d'ardoise entourent la remarquable église abbatiale romane du XIIe siècle.
A 2 km du bourg, en direction de Brive par la route départementale 7, dans un vallon verdoyant, s'étend le lac de Pontcharal (15 ha). En-dessous de la digue de retenue, on remarque la vieille chaussée de l'étang des moines de l'abbaye qui a été éventrée à la révolution, par les habitants en colère.
Le nom du village est un toponyme d'origine gauloise qui évoque l'emplacement où est situé un lieu habité.
Vigeois est un village bâti à flanc de coteau, surplombant la vallée de la Vézère.
L'église abbatiale
La plus ancienne mention de l'abbaye de Vigeois se trouve dans le testament du saint fondateur, St Yrieix et date de 572 après J-C. L'abbaye est placée sous le vocable de Saint Pierre. Elle est soumise à celle de Solignac au début du XIe siècle. Le monastère fut détruit par un incendie vers 1060-1080. En 1082, Géraud de Lestrade, envoyé par Saint Martial de Limoges est nommé Abbé de Vigeois. Le monastère eut à souffrir de la guerre de Cent Ans et des dévastations faites par les Anglais. En 1489, l'évêque de Limoges ordonne de rebâtir le monastère . En 1635, suite au concile de Trente, les Bénédictins de Vigeois s'unissent à la Congrégation des Exempts de la Province de Guyenne. Un nouvel incendie survient en 1705. L'abbaye est unie au Séminaire des Ordinants de Limoges par arrêté royal du 7 novembre 1745 puis supprimée par décret de l'Assemblée Constituante daté du 13 Février 1790. L'église actuelle est devenue église paroissiale. Elle se compose d'un chœur avec chapelles rayonnantes et d'un transept terminés en 1124 ainsi que d'une nef moderne. L'abbatiale de Vigeois est un des plus précieux témoins de l'art et de l'architecture romans en Bas Limousin (chapiteaux en particulier) et a été classée Monument Historique le 12 juillet 1886. Le chevet répond à un équilibre précieux entre les chapelles rayonnantes du transept et celles du chœur. Le toit de l'abside et des chapelles repose sur une corniche soutenue par des modillons sculptés, tous différents, selon l'imagination des artistes ayant représenté des personnages grimaçants ou humoristiques. De chaque côté de l'abside s'élèvent deux tourelles contenant les escaliers d'accès aux combles. Le clocher se situe au dessus du bras nord du transept. Il est desservi par une porte d'entrée polylobée et ornée de deux statues - Saint Pierre et Saint Paul.
          
La visite étant très courte mais très interressante (il semble qu'il n'y ait rien d'autre à visiter), nous continuons notre chemin. Vers 13 heures, nous arrivons à Uzerche et nous nous y arrêtons.

Uzerche



NON POLLUTA
Non souillée


Il surplombait le col de Sainte-Eulalie où se trouvait un important carrefour routier antique, d'origine préromaine. L'une des routes joignait l'Armorique au Bassin Méditerranéen, une autre permettait de franchir la Vézère à gué. Très tôt, ce col fut équipé d'un lieu de culte consacré à une martyre espagnole du IIIe siècle, Sainte-Eulalie de Mérida. En 480, les Wisigoths pillent et détruisent Uzerche. Pépin le Bref, conscient de l'intérêt du site, fait bâtir une forteresse et une église protégées par une haute muraille flanquée de dix-huit tours. La ville se dote de portes, dont la Porte Bécharie qui subsiste encore. Trente an après leur défaite à Poitiers (732), les Sarrasins envahissent une seconde fois le Limousin. Durant sept ans la ville résiste à leurs assauts et se libère du siège par un habile stratagème. Un blason symbolisant cette victoire est sculptée sur la porte Bécharie. En 909, les Normands saccagent la cité. Au Xe siècle, les Carolingiens décident d'y fonder un monastère sous la conduite de l'abbé Gaubert. Un incendie en 1028 met un terme à la prospérité que connaît la communauté.
Le XIIe siècle est une période faste, les grands de ce monde traversent la cité et s'arrêtent au monastère : Henry II d'Angleterre et Aliénor d'Aquitaine, leur fils, Richard Cœur de Lion. La ville résiste à plusieurs sièges, dont celui des Anglais, méritant ainsi le surnom d'Uzerche-La-Pucelle, celle qui n'a jamais été prise.
Dès le XIVe siècle, son développement justifie l'adage " Qui a maison à Uzerche a château en Limousin ". La noblesse de robe va construire hôtels et maisons fortes jusqu'au XVIe siècle. En 1575, le vicomte de Turenne, à la tête des Huguenots, saccage l'abbaye.
La puissance de son abbaye et la création d'une sénéchaussée royale firent d'elle une capitale du Bas-Limousin.
L''origine du blason d'Uzerche remonterai à l'invasion des Sarrasins au VIIIe siècle. Ceux-ci, refoulés par Charles Martel, vinrent assiéger la ville qui réussit à se délivrer d'une mort certaine grâce à un habile stratagème : assiégés depuis sept ans, mourant de faim et n'ayant plus qu'une mesure de froment et un veau, les Uzerchois décidèrent de l'engraisser avec ce qu'il restait de grain et de le lâcher au dehors. Les Sarrasins, impressionnés et découragés par cette preuve trompeuse que la ville était encore pourvue de vivres pour longtemps, levèrent le siège. C'est en souvenir de ce fait éclatant de résistance et d'ingéniosité que le blason, où apparaissent deux taureaux, aurait été constitué.

Uzerche surnommée La " Perle du Limousin " est implantée sur la crête d'un escarpement rocheux entouré par une courbe serrée de la Vézère.
Les premiers, les Gaulois s'installèrent sur ce piton rocheux. César, après avoir conquis la Gaule, choisit de laisser quelques garnisons dans la région, avec pour mission, à Uzarcba, de surveiller les passages de la Vézère. Le site occupait une position stratégique.

Château Pontier

Porte et château Bécharie
Ancienne demeure des Consuls de la ville d’Uzerche, aujourd'hui Hôtel des Besse du Peyrat. Construit à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècles, il présente deux tours en poivrière. Martial Besse du Peyrat fut lieutenant particulier auprès du sénéchal en 1722. Une de ses descendantes épousa Jean Pontier, également lieutenant particulier en 1777. Le château Pontier est inscrit aux monuments historiques depuis 1932 pour ses façades et depuis 1988 pour son escalier.
 
Au centre ville d'Uzerche, Le château Becharie occupait une place majeure dans la ville murée d'Uzerche. Cet ensemble défensif remonte au XVe siècle avec des éléments des XVIe et XVIIe siècle.
Le château Becharie est formé d'un ensemble de bâtiments aux moellons apparents, à l'architecture puissante et sévère et à l'harmonieux jeu de volumes et de toitures. On peut distinguer au centre. avec sa façade d'entrée au sud, la porte de ville. A l'est de celle-ci, un bâtiment rectangulaire remanié au XVIe siècle ; à l'ouest, du sud au nord, la tour carrée, le pavillon carré et le bâtiment rectangulaire. La porte de ville a un porche à la voûte en arc brisé au chambranle appareillé. Ses baies sont caractéristiques du XVe siècle. La tour carrée à l'angle sud-ouest, très haute a une toiture en pavillon très élancée. Le pavillon carré, au nord de la tour adossé à la porte de ville par son angle nord-est, a son angle sud-est orné d'une tourelle en échauguette très élevée, à la souche moulurée, aux baies aux moulurations du XVe siècle et à la toiture polygonale très élancée. Ce bâtiment carré a une toiture en pavillon.

Ancien hôtel Joyet de Maubec
Cette charmante demeure était au XVIIe siècle, l’hôtel particulier de la famille Joyet de Maubec. Le portail en granite, du XVIIIe siècle, est remarquable de par sa voûte habilement taillée, surmontée de 3 sphères de granite. Au XVIIIe siècle la demeure appartient à la famille de Larouverade. Les grandes baies de la façade offrent une vue unique sur la vallée de la Vézère. Une haute tour coiffée d’une toiture « à l’impériale » domine des jardins en terrasse réalisés à la fin du XVIIIe siècle. L'ensemble est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Ce bâtiment accueille désormais un hôtel quatre étoiles avec restaurant .
Eglise St Pierre
Des moines bénédictins commencèrent la construction de cette église au début du XIe s. et la terminèrent au XIIe s. L'édifice est doté de trois tours de fortification, témoins de la guerre de Cent Ans. Au XVIIIe siècle, le roi Louis XV confirme la sécularisation de l'abbaye qui devient alors église collégiale séculière ; disposition de stalles pour le collège. De style roman limousin, elle présente dans son choeur un déambulatoire bordé par six colonnes rondes à chapiteaux sculptés de décors végétaux. Sur un autre chapiteau transformé en bénitier sont représentés des monstres à corps de lion et à tête humaine. Le clocher, de type limousin, se caractérise par ses gables qui permettent le passage de la base carrée à la flèche octogonale. Les baies géminées du clocher sont ornées de chapiteaux en calcaire finement sculptés.

Crypte de l’abbatiale St Pierre
La crypte de l'église Saint-Pierre d'Uzerche est tout à fait remarquable par son style architectural. Celle-ci est construite sous le chevet de l’église, elle est d’aspect archaïque, semi-enterrée, et présente comme l'église qui lui est superposée un plan à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Cela caractérise les grandes églises de pélerinage, comme par exemple Saint-Martial de Limoges. Il faut noter qu'elle possède des fenêtres irréguliérement placées et nues, et qu'elle était reliée à l'église par deux escaliers. Sans qu'on puisse précisément la dater, elle parait en tous cas antérieure au XIIe siècle et serait la plus ancienne crypte limousine. Malheureusement, elle est très mal éclairée. Ceci n'est d'ailleurs pas le fait de la municipalité qui se heurte visiblement à un vandalisme récurrent.
Le plus étonnant reste la présence, dans la chapelle nord de la crypte, d'un tombeau composé d'un sarcophage. Au dessus de celui-ci , reposant sur un arceau, figure une dalle sculptée. La tranche est finement décorée de petits écussons ou blasons, de rosaces et quadrilobes évoquant des trèfles à quatre feuilles.
Des pélerins venaient vénérer jadis dans ce tombeau les reliques de deux saints qui avaient été mises à l'abri à Uzerche à l'époque des invasions normandes. Il s'agit des saints Léon et Coronat, étrangers au diocèse de Limoges, et d'origine celtique (Bretagne actuelle). Ce n'est d'ailleurs pas le seul exemple de translation de reliques effectuées en Bas-Limousin à cause du péril normand. On peut également citer, par exemple, les reliques de Saint Lô de Coutances ou de Saint Clair de Nantes abritées à Tulle.
Maison Eyssartier
Cette maison, datant du XVe siècle, présente une façade caractéristique du style Renaissance avec de magnifiques fenêtres à meneaux.
Une partie de la construction est faite de granit. Elle s'élève sur 4 niveau du rez-de-chaussé au grenier et possède à droite de sa façade principale une splendide tour en échauguette. Elle était habitée au XIXe siècle par une famille d'apothicaires (écusson avec un mortier et pilon, en façade) et notamment le pharmacien Eyssartier, impliqué dans la célèbre affaire Lafarge en vendant de l'arsenic.
Cette demeure est en effet l'ancienne pharmacie où Marie Lafarge-Capelle avait acheté l'arsenic qui aurait servi à assassiner son propre mari, en 1840. A la suite d'un procès compliqué ou de nombres expertises contradictoire eurent lieux, elle fût condamnée, sans preuves irréfutables, aux travaux forcés à perpétuité. Comme certains le mentionne, erreur judiciaire ou crime parfait , "L'affaire Lafarge" constitue une véritable énigme judiciaire et fait partie de l'histoire de la région pour laquelle beaucoup d'encre a coulé. Dans un registre plus contemporain, il est amusant de noter que la documentation sur cette affaire (journaux, recueils, ...) est abondante en regard de ce qu'on peut apprendre sur la bâtisse en particulier.
Petite promenade dans la ville.
                
Vers 15 heures, la visite terminée, nous repartons pour Brives où nous arrivons après une petite demi-heure de route. Nous allons nous garer sur le grand parking du Geant Casino, il est impossible de se garer chez nos amis (terrains en pente). Une fois installés, nous les appelons pour qu'ils viennent nous chercher.

Brive la Gaillarde



BRIVA LEMOVICI INFERIORIS CAPUT
Brive capitale du Bas Limousin
L'origine de Brive remonte à l'époque Celtique comme l'évoque le nom qui fait référence à un pont au-dessus d'une rivière (ici la Corrèze). A l'époque Gallo-Romaine, Briva est au carrefour de deux voies Romaines: celle joignant Vesuna (Périgueux) à Augustonemetum (Clermont-Ferrand) d'une part et celle reliant Augustoritum (Limoges) à Divona (Cahors). Une petite agglomération existe à l'emplacement de la Collégiale et autour. Le christianisme y est introduit au Vème siècle par Martin l'Espagnol. Un petit édifice est édifié sur sa tombe et c'est là qu'est construite la Collégiale Saint Martin à la fin du XIIe siècle. L'époque Mérovingienne est agitée par des soulèvements qui aboutissent au rattachement temporaire du Limousin au royaume d'Austrasie dont la capitale était à Metz. Autour de l'An Mil, Brive est sous la tutelle des évêques de Limoges. La protection de la ville est assurée par les vicomtes de Turenne et les seigneurs de Malemort, mais la bourgeoisie de Brive est souvent en conflit avec eux. En 1213, la ville obtient la protection du roi de France Philippe II Auguste, un Consulat y est reconnu par le roi Louis VIII en 1225. La première enceinte est construite, elle protège le quartier autour de la Collégiale. Pour autant la place est conquise par traitrise par les Anglais pendant la Guerre de Cent Ans. Une seconde enceinte, beaucoup plus vaste, est construite au début du XVe siècle, elle est délimité par les boulevards actuels. Elle comportait tours et portes d'accès et faisait plus d'un kilomètre et demi de longueur. La ville se développe au XVIe siècle en dépit des Guerres de Religion. De beaux édifices sont construits comme l'Hôtel Labenche et la Tour des Echevins. Avec l'arrivée du chemin de fer en 1860, Brive devient un noeud ferroviaire qui favorise son développement économique. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Brive subit des bombardements, la Résistance (avec par exemple Edmond Michelet) y est forte et la cité se délivre elle-même en août 1944.

Le premier soir, barbecue, puis, petite soirée tranquille. Après quoi nous nous rendons au camping-car pour la nuit.

Le lendemain, samedi 20 juin, jour de marché. Nous y faisons une petite visite.
Nous ne visiterons pratiquement pas la ville.
 
Collégiale Saint Martin




Eglise romane construite dès le XIIe siècle, en forme de croix latine. De cette période subsistent le transept, la coupole octogonale sur pendentifs, une partie du chevet ainsi qu'un ensemble exceptionnel de chapiteaux historiés dans le choeur. Le clocher est de style néo-roman limousin et culmine à 60 mètres de hauteur. Dans la crypte sont visibles les vestiges des précédentes basiliques du Ve siècle, mis à jour en 1986 et 1987.
 
 
La tour des Echevins.

Les marchés
Les marchés à Brive sont des institutions qui ne datent pas d'aujourd'hui ... C'est peut être cette ancienneté qui leur confère cette ambiance si particulière dans laquelle il fait bon se retrouver ! Pour cela, plus de 300 commerçants, artisans et producteurs vous attendent les mardi, jeudi et samedi, Place de la Guierle et Place Thiers, afin de vous faire découvrir et partager leur métier qu'ils aiment tant et les produits qu'ils élaborent, jour après jour, pour le plus grand plaisir de nos papilles ! Leurs activités se regroupent autour de la boucherie-charcuterie-salaisons, la boulangerie-viennoiserie, la crémerie, le maraîchage, la crêperie, la poissonnerie, l'ostréiculture, le vestimentaire ou les accessoires pour la maison ...
 
Attention à la carte bleue. Tellement tout est tentant, nous faisons quelque folies gastronomiques,
Après une petite heure passée à arpenter les allées. Nous partons à la recherche d'un restaurant. Nous passons devant une boutique qui me réjouit. Les filles ne veulent pas s'arrêter !
Dans une petite ruelle, nous découvrons enfin un restaurant à l'affiche bien alléchante.
Que du bon !
Nous nous régalons avec des plats régionnaux excellents.
Après avoir bien déjeuner, nous retournons au camping-car et nous faisons nos adieux. A la suite de quoi, nous reprenons notre route,
direction Martel ou nous nous étions promis de revenir.
Demain, on prends le train !
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