Vacances 2015 - nature, histoire et gastronomie
 
Vallée de la Jordanne, Murat

Lundi 22 juin, vers 9 heures,nous prenons la route direction Aurillac ou nous ne nous arrêtons pas. A aurillac, nous avons le choix entre deux routes. Nous voulons rejoindre la A75 pour rentrer à la maison. La N122 parait plus belle, mais la D17 nous tente car elle passe par les montagnes. Nous prenons la route des montagnes. Nous longeons la Jordanne sur une trentaine de kilomètres. C'est une magnifique vallée ou se succèdent hameaux et villages.
La Jordanne nait sur les flancs du Puy Mary dans le Cantal. Elle traverse une jolie vallée d’origine glacière au sein d’un cirque magnifique, le cirque de Mandailles. Cette petite rivière, qui va se jeter après une trentaine de kilomètres dans la Cère à Aurillac, est parsemée de cascades (La Menette, Chaumeil, Mejanet, Liadouze, Luc). Des chaussées ont été aménagées pour faciliter les promenades au fil de l’eau. C’est une rivière de 1ere catégorie où les pêcheurs peuvent trouver des truites et de l’omble. La rivière fournit également une bonne partie de l’eau potable de la ville d’Aurillac.


Vers 13 heures, nous nous arrêtons à Mandailles Saint Julien, au bord de la rivière. Nous y déjeunons à l'ombre. Après quoi, nous repartons, mais cette fois, la route n'est plus la même. Elle n'est pas très large et les côtes sont assez impressionnante.
Nous sommes obligés de faire quelques arrêts pour permettre au moteur de refroidir. Nous roulons ainsi pendant une demi-heure. Nous traversons deux cols : le col du Pas de Peyrol (1588m) et le col du Redonnet (1535m). Après ce dernier, nous redescendons vers Murat dans le Cantal.
En contrebas de la route, une cabane de berger, avec, un peu plus loin, quelques vaches en liberté.
la chapelle Saint-Antoine


Comme de nombreux monuments de la région, la chapelle Saint-Antoine occupe un site exceptionnel, culminant à 1193 m d'altitude, elle domine un panorama grandiose à la limite des monts du Cantal et de la planèze de Saint-Flour. La chapelle fut construite au XII° siècle, adossée aux murs du château féodal de Lesbros dont il ne reste nulle trace.
Saint-Antoine dépendit de l'archiprêtré de Blesle et fut rattachée en 1380 au chapître de Murat tout proche.
Après avoir subi de nombreuses restaurations toujours réalisées sans grand moyen, en 1993 une restauration importante est entreprise, elle concerne les maçonneries intérieures et extérieures, la charpente, la couverture, les peintures intérieures. Classé monument historique depuis 1947.



Nous arrivons vers 14h30 à Murat.

Murat





                                   « un mur mura Murat et Murat murmura ».

La guerre de Cent Ans fut une période de calamités : anglais et bandes de pillards ravagèrent la région, prirent et rasèrent les forteresses alentours tandis que Murat résista. Au cours d’une guerre intestine de succession pour la Vicomté, qui engendra pillages et tueries, les Bénédictins de Bredons furent brûlés vifs dans « la tour des moines ». La peste vint s’ajouter aux désastres de l’invasion, aux horreurs de la guerre civile.
Le château de Murat fut rasé en 1633 sur l’ordre de Richelieu. Les travaux de démolition durèrent 6 mois et nécessitèrent six quintaux de poudre.
Les révolutions politiques ou économiques, même celle de 1789, n’eurent que des échos étouffés dans notre région.
Le dernier événement tragique de la ville remonte au 24 juin 1944. Après une embuscade et une fussillade menée par les résistants quelques jours plus tôt, les allemands revinrent en force, incendièrent une dizaine de maisons et rassemblèrent tous les hommes du village sur la place de l’Hôtel de Ville. Ce jour-là, 120 muratais furent emmenés en déportation dans les camps nazis.
Aujourd’hui, Murat est une ville sympathique qu’il fait bon découvrir en flânant à travers les ruelles qui s’entrelacent...
Après avoir cherché refuge dans des abris sous roche, les premiers habitants ont commencé à s’installer au sommet des pitons volcaniques qui offraient plus de sécurité, à la suite d’un radoucissement climatique. Ce n’est qu’au Moyen Age que l’homme descendit à nouveau dans la vallée et se mit sous la protection du château de Murat (au sommet du rocher de Bonnevie) et sous la tutelle religieuse du prieuré des Bénédictins de Bredons. La ville se développa rapidement, débordant sans cesse les murs d’enceinte, dont le premier donna naissance à la fameuse petite phrase qui fait la fierté de ses habitants :


Joachim Murat



Maréchal de France, roi de Naples, né à Labastide-Fortunière (aujourd'hui Labastide-Murat) en 1767 ; mort à Pizzo, Calabre en 1815. C'était le fils de l'aubergiste du village. Son origine sociale comparée à la fantastique carrière qui l'attendait exprime parfaitement ce que le choc de la Révolution a permis aux hommes décidés et courageux.
Officier (1792) et aide de camp de Bonaparte en Italie (1796), il participe ensuite au 18-Brumaire et épouse Caroline Bonaparte (janvier 1800). Membre du Corps législatif (1803), gouverneur de Paris (1804), maréchal (1804), grand amiral et prince d'Empire (1805), grand-duc de Berg et de Clèves (mars 1806-juillet 1808), il participe à la campagne d'Allemagne de 1806-1807 (capitulation de Lübeck, Eylau, prise de Königsberg).
Commandant en chef l'armée d'Espagne, il réprime durement l'insurrection de Madrid (2 mai 1808). Devenu roi de Naples (juillet) sous le nom de Joachim Napoléon, il s'empare de Capri et réalise dans son royaume d'importantes réformes : allégements fiscaux, abolition de la féodalité. Bien qu'ayant conspiré avec Talleyrand et Fouché (1809), il échappe à la disgrâce et participe à la campagne de Russie, où il se distingue à la Moskova. Mis à la tête de l'armée après le départ de Napoléon (décembre 1812), il abandonne son poste au prince Eugène (janvier 1813) pour rentrer à Naples, où il négocie secrètement avec l'Autriche. Après avoir combattu à Dresde et à Leipzig, il signe avec Vienne et Londres un traité lui garantissant ses États (11 janvier 1814). Il tente de se rallier à Napoléon aux Cent-Jours et, après Waterloo, se réfugie en Corse, d'où il essaie de reconquérir son royaume. Capturé en Calabre, il est fusillé (13 octobre).
Sa maison natale existe encore à Labastide-Murat, c'est un intéressant petit musée présentant quelques souvenirs du Maréchal et Roi.
Nous arrivons à Murat par les hauteurs.

La place de l'hotel de ville avec ci-dessus : la Maison de la Faune (avec les tours) et à gauche l'Hotel de ville.
La Maison de la Faune ouvre ses portes au public le 15 juillet 1987 avec de nombreux oiseaux et mammifères de nos régions, depuis les montagnes jusqu'aux rivages marins, et d’une collection de coléoptères de France donnée de plus de 2 000 espèces différentes.
Ancien hôtel particulier du XVIe siècle et propriété de la famille Teilhard--Laterrisse, le site fut aménagé, par la ville de Murat en musée.
Notre Dame des Oliviers


Cette église a été construite entre le XIIIe et le XIVe siècle, mais elle a subi de nombreux remaniements.
En particulier, on trouve enchâssée dans la façade, une échauguette appartenant à une maison voisine. Dans quel but ? on l'ignore !
De même, elle est affublée d'un clocher en forme de bulbe qui a remplacé l'ancien (très pointu) et qui n'a rien a voir avec le style auvergnat traditionnel.
L'intérieur, de style gothique, compte un grand nombre de chapelles latérales qui abritent un riche patrimoine : autel du XVIIe siècle, retables, tableaux et plusieurs statues dont une copie de Notre-Dame-des-Oliviers. Cette dernière étant depuis toujours vénérée à Murat.
L' échauguette appartenant, jadis, à une maison médiévale voisine puis enchâssée dans la façade de l'église sans que l'on en connaisse la raison.
Agrandissement de l'édifice religieux ? Remaniements du coeur de la cité ? On l'ignore.
L'autre face de l'échauguette donnant à l'intérieur de l'église renferme la statue de Notre-Dame qui est une copie, l'originale ayant été volée.
La Vierge Noire

Le qualificatif de noir n’a, on le sait, rien de désobligeant pour Notre Dame : le langage iconographique l’emprunte à la dévotion du peuple, qui a baptisé ainsi des images vénérées. Il désigne toute une famille de Vierges, sculptées ou peintes (plus rares), dont les parties chair, visage et mains, présentent cette coloration.
C’est en France, et spécialement dans le Massif Central, que les Vierges Noires ont trouvé leur terre d’élection. Parmi la douzaine que compte le Puy-de-Dôme, les plus visitées sont à Marsat (vieux sanctuaire où Grégoire de Tours (VIe s.) fut témoin de miracles) ; à Orcival ; à Clermont-Ferrand (Notre-Dame du Port), à Vassivière. Dans le Cantal, citons : Notre-Dame des Miracles à Mauriac (statue d’un bois très noir portée sur une tour d’ivoire) ; Notre-Dame des Oliviers à Murat, (qu’on habille de vert en sa fête de la Chandeleur) ; Notre-Dame de Laurie, près de Massiac ; Notre-Dame de Vauclair, près de Moulompize. À l’exception de cette dernière, toutes ces Vierges Noires d’Auvergne ont reçu les honneurs du couronnement.
Aux pieds de l'église Notre Dame des Oliviers, la place du Planol, la fontaine et la Halle.
 
Au fil des ruelles.
                 
le Rocher de Bonnevie
Surplombant la ville de Murat, le Rocher de Bonnevie offre un large point de vue sur les Monts du Cantal. A son sommet, veille la statue de Notre-Dame de Haute-Auvergne. Cette statue en fonte d’environ 14 mètres de hauteur a été construite en 1878, à 984 mètres d’altitude. Ce rocher domine la petite ville de Murat et la statue qui le coiffe est considérée comme un des 3 célèbres édifices religieux bâtis sur des promontoires volcaniques dominant le site de la ville de Murat. A l’origine, ce rocher était surmonté du château des vicomtes de Murat détruit à l’époque de Richelieu.
Eglise Prieurale de Bredons à Albepierre-Bredons
Cette petite église romane fortifiée classée monument historique est tout ce qui reste aujourd’hui du Prieuré fondé par les moines bénédictins de Cluny au XIe siècle. L’église a été construite en 1075 puis fortifiée comme l’ensemble du prieuré aux XIVe et XVe siècles. Elle est bâtie à 970 mètres d’altitude sur une éminence verdoyantequi domine la petite ville de Murat, face au Rocher de Bonnevie. Elle est considérée comme un des 3 célèbres édifices religieux dominant le site de Murat.
Mardi 23 juin, après une bonne nuit passée sur le grand parking pour camping-cars de Murat, nous nous levons à 7 heures. Après nous être préparés, nous plions bagages et reprenons la route en direction de la maison. Nous avons encore 300 kilomètres à faire. Nous arrivons chez nous vers 17 heures.
Un petit mois de vagabondage et 1700 Kms, nous rentrons heureux et pleins de souvenir.
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