Retour en Bretagne
de Camaret à la pointe St Mathieu en passant par Brest

jeudi 8, après nous être préparés et avant de reprendre notre route, nous allons visiter l'église de Camaret. Pas de chance, elle est fermée, nous ne pouvons voir que l'extérieur.


église Saint-Rémi de Camaret
Plusieurs édifices ont précédé celui-ci. Le plus ancien est mentionné au XVIIe siècle, le deuxième a été bâti à ses côtés entre 1738 et 1742.
Mais après la Première Guerre mondiale, l'église se révèle trop exiguë et menace ruine et est démolie.
8 juillet 1923. Le recteur de Camaret vient de bénir la mer. Précédée des bannières, la foule des fidèles et son berger montent vers l'église, accueillis par la cloche qui sonne à toute volée... Elle vole même si bien qu'elle atterrit au beau milieu de la procession qui entrait dans la nef, sans heureusement blesser quiconque. Ce ne fut pas ce miracle qui enfièvra la foule, mais le fait que ce n'était pas la première fois qu'un accident de ce genre arrivait. L'épisode de la cloche volante fut la (lourde) goutte d'eau qui accentua la pression des fidèles sur le recteur : il fallait absolument construire une église neuve, l'actuelle risquant de leur servir un jour prochain de tombeau à tous.
L'évêque donna son accord, mais pas les sous. Alors, bravement, l'abbé Joseph Bossenec (dit Tonton Joz) se mit à la tâche. Dès qu'il le pouvait, il prenait le train avec son vélo (le chemin de fer venait tout juste d'arriver jusqu'à la presqu'île) puis, toute soutane dehors, pédalait gaillardement à travers le diocèse pour solliciter tous les bienfaiteurs potentiels, paroissiens comme vacanciers.
Il fit si bien et y mit tant d'énergie qu'en 1931 la première messe était célébrée dans la nouvelle église Saint-Rémi.
L'ancienne et la nouvelle église
pont de Térénez
Il enjambe l'Aulne entre Argol et Rosnoën sur la route départementale 791 qui relie Crozon au Faou. Il est situé dans le Finistère et est considéré comme un élément essentiel de désenclavement pour la presqu'île de Crozon, si l'on ne veut pas faire un détour de 47 km pour passer par Châteaulin afin de rejoindre le Nord-Finistère.
Avant la construction du pont, la traversée de l'Aulne se faisait par bacs afin d'assurer la continuité de la route nationale. Les accidents étaient très nombreux, notamment les jours de foire en raison d'un bac à fond plat et peu manœuvrable qui était emporté par le courant des marées et chavirait. L'Aulne engloutissait les hommes, les chevaux et les marchandises.
Le pont de 1925


Le premier pont de Térénez a été construit entre 1913 et 1925. C'était un pont suspendu d'une longueur de 350 m, dont 272 m pour la portée principale. Le 13 décembre 1925, il est ouvert à la circulation et est, à l'époque, le plus grand pont suspendu d'Europe. Ce pont de Térénez aurait été détruit le 24 août 1944 par l'armée allemande, afin de retarder l'avance des troupes alliées ; des témoins affirment qu'il fut détruit par des bombardements américains, en même temps que ceux-ci bombardaient la ville de Telgruc, à proximité.
Le pont de 1952


Le nouveau pont, basé sur ses piles d'origine, n'est terminé qu'en 1952. C'est un pont suspendu, comme le précédent, qui reprend les mêmes mensurations : longueur de 350 m, dont 272 m pour la portée principale. Malheureusement, la pénurie de matériaux de qualités à l'époque entraîne l'utilisation de ciment de mauvaise qualité. Le pont contracte alors le « cancer du béton » (alcali-réaction) et se trouve à partir de 1992 sous étroite surveillance, année du constat. Il fut déconstruit bien après la mise en service du nouveau pont, faute de budget, les travaux commencèrent début 2014 pour s'achever fin 2014. Il fut scié en plusieurs tronçons, les deux extrémités du premier pont de 1925 furent conservées et servent actuellement de belvédère.

Le pont actuel (2011)


En 1998, le projet retenu s'oriente vers une reconstruction du pont de Térénez à proximité de l'ancien pont. L'option majeure est d'offrir des accès en courbe pour fluidifier la circulation. Sur le pont de 1951, les accès à angle droit ne permettaient pas le croisement d'un semi-remorque et d'un autre véhicule, l'un devant céder le passage à l'autre.
Le chantier a débuté le 19 avril 2007. Ce magnifique ouvrage d'art a été ouvert définitivement à la circulation à la suite de l'inauguration le 17 avril 2011. Il est le premier pont courbe à haubans de France, de 515 m de portée dont 285 m pour la travée centrale. L'ouvrage a été conçu par l'architecte Charles Lavigne et l'ingénieur Michel Virlogeux. Thomas Lavigne et Christophe Cheron ont assuré le suivi architectural de l'ouvrage pendant le chantier. C'est une première mondiale, jamais un pont à haubans de forme circulaire n'avait été construit. L'ouvrage est récompensé en 2013 par le World Infrastructure Award et en 2014 par le prix du plus bel ouvrage d’art remis par la Fédération international du béton. Il détient le record du monde de portance en courbe et sans support.

Les bases de l'ancien pont ont été conservées et servent de Belvédère.
Une construction magnifique.
Petit passage par Brest où nous souhaitons aller visiter le Conservatoire botanique national. Malheureusement, il ne nous est pas possible de visiter les serres tropicales qui ne sont ouvertes qu'en juillet et aout. Nous nous contentons donc des jardins. C'est très joli, mais ne mérite pas le détour !
La pointe Saint-Mathieu
La pointe Saint-Mathieu est l’un des plus beaux sites de Bretagne. Ville importante au Moyen-Age (elle a compté jusqu’à 36 rues), Saint-Mathieu n’est plus qu’un petit village, mais les vestiges de l’abbaye sont témoins de ce passé. La légende raconte que des marchands léonards revenant d’Ethiopie avec le corps de Saint-Mathieu auraient été miraculeusement sauvés du naufrage au large de la pointe Saint-Mathieu. L’abbaye fut fondée au VIe siècle pour abriter les reliques du Saint. L’abbaye eut une histoire agitée : enrichie par les impôts levés par les moines, elle était la cible régulière d’attaques de pillards saxons, normands et anglais. Elle accueillit finalement les moines en disgrâce (les conditions climatiques éprouvantes sur la pointe étaient une bonne punition pour ces moines !). La tour de l’abbaye servit ensuite de feu, mais son délabrement amena la création du phare actuel, qui fut mis en route pour la première fois en 1835. Il mesure 56 mètres et sa portée est de 60 kilomètres. C’est l’un des plus beaux de Bretagne. A proximité de l’abbaye, le sémaphore fut bâti en 1905 pour assurer la surveillance du littoral. Autres curiosités du site : la chapelle Notre-Dame-de-Grâce et une croix de granite. Le panorama visible depuis la pointe est l’un des plus impressionnants de Bretagne : par temps clair, la vue va de la pointe du Raz et l’île de Sein jusqu’à Ouessant et Molène, en passant par les caps et pointes de la presqu’île de Crozon. On aperçoit également au large le phare mythique des Pierres Noires.

Le sémaphore :

Construit en 1906, au bout de la pointe pour bénéficier d'une vue globale sur le goulet de Brest et le chenal du Four, le sémaphore actuel fait 39 mètres de haut et possède des logements de guetteurs. Il ne se visite pas, mais on peut en faire le tour.
Le phare :

En 1250, les moines de l'abbaye allument un feu en haut d'une tour afin de guider les navires. Quelques siècles plus tard, en 1835, le phare actuel est allumé. Haut de 37 mètres, il culmine à 58 mètres au-dessus du niveau de la mer et signale la route à suivre pour entrer dans le goulet de Brest (grâce notamment à son alignement avec le phare du Portzic). Électrifié en mars 1937, il est automatisé en 1996 et télécontrôlé depuis 2005. Il est classé au titre des Monuments Historiques depuis novembre 2010.
L'abbaye :
L’abbaye, de construction romane et gothique, daterait du 11e siècle. Des moines bénédictins l'ont occupée jusqu'à la Révolution française, assurant le rôle de surveillance du littoral en entretenant un feu en haut d’une tour, « ancêtre » du phare actuel.
La chapelle Notre-Dame-De-Grâce :

Cette chapelle, voisine de l'abbaye, a été restaurée en 1861, côté entrée, on remarque un porche, vestige de l'ancienne église paroissiale. La chapelle abrite quelques statues : Notre-Dame-de-Grâce , Saint-Mathieu, Sainte-Anne, Saint-Tanguy (armé de l'épée qui tua sa soeur) et Sainte-Haude. C’est dans cette église que se déroulait la vie religieuse des habitants de la Pointe. Cette église comportait deux nefs. Des arcades incluses dans le mur nord en témoignent.

Le cénotaphe :


Ce monument national consacré à la mémoire des marins morts pour la France a été construit en 1927. Dominant un vieux fortin, une haute stèle traduit la douleur morale et la tristesse d’une femme en deuil face à l’océan. Il est ouvert au public et présente une exposition consacrée aux marins disparus et aux naufrages.



Un cénotaphe (du grec κενοτάϕιον : kenos (vide) et taphos (tombeau)) est un monument funéraire qui ne contient pas de corps contrairement au mausolée, élevé à la mémoire d'une personne ou d'un groupe de personnes, et dont la forme rappelle celle d'un tombeau. Le Monument aux morts est une forme de cénotaphe.
Après cette belle journée de visites, nous avons rendez-vous chez des amis au Conquet. Nous y passons une excellente soirée. Nous allons, ensuite, nous coucher et nous nous endormons rapidement.
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