Retour en Bretagne
Brest, Morlaix, les enclos


Vendredi 9, passage par Brest, nous pensions admirer la rade dans son ensemble, mais le stationnement est impossible sur les hauteurs. Nous nous rabattons donc sur le port et trouvons une place facilement. Nous aurions aimé voir la partie militaire, mais cela nous est impossible, tant pis !
Au fond la presqu'île de Crozon, le phare de Porzic sur la pointe.
L'arsenal.
La Porte Océane est un hommage aux gens des ports.
Brest est la porte de l'audace et du voyage, Brest est une porte ouverte sur le Monde. Il y a de grands lieux de départs, Brest en est un.
Le Saint-Denis et le Robustes, remorqueurs du port de commerce.
Le “André Colin” de la société “Penn ar Bed” assurant les liaisons maritimes entre Brest et Ouessant.
Puis, passage par Morlaix ou nous trouvons le parking municipal à côté d'un super marché. Nous nous y installons. L'eau et les vidanges sont gratuites, les places sont horizontales et assez larges.. Nous allons y passer la nuit et nous y reviendrons plusieurs fois pendant que nous serons dans la région.

Samedi 10, nous quittons Morlaix vers 9 heures. Nous allons visiter les enclos du circuit autour de Saint Thégonnec.




Circuit des enclos paroissiaux
Entre la baie de Morlaix et la rade de Brest, les enclos paroissiaux rivalisent de magnificence. Typiques des bourgs bretons, ils rassemblent dans un espace clos un ossuaire, un calvaire orné de personnages, une chapelle et une porte triomphale. Les scènes ciselées dans la pierre relient le monde des vivants au royaume céleste. Ces splendides monuments, érigés du XVe au XVIIe siècles, célèbrent la ferveur régionale autant que la prospérité de la manufacture textile et des ports d'alors.
Ce sont les fleurons du circuit : Saint-Thégonnec, Guimiliau et Lampaul-Guimiliau se livrent une compétition par enclos interposés. C'est à celui qui sera le plus remarquable, le plus exubérant… Saint-Thégonnec accumule les richesses ornementales en frôlant l'ostentation : calvaire à triple croix, clochetons sur l'église, chaire ouvragée… Toute l'opulence générée par le travail du lin s'exprime avec magnificence, des marches de l'entrée jusqu'en haut du clocher. Guimiliau se distingue par son impressionnant calvaire. Plus de 200 personnages rejouent des scènes légendaires et religieuses, avec beaucoup de vie et d'expression. Des histoires en 3D ! Sur le porche de l'église, une galerie d'apôtres salue les visiteurs. Extérieurement plus discret, l'enclos de Lampaul-Guimiliau est prestigieux par sa poutre de gloire déroulant une frise polychrome sculptée sur 3 faces et 6 retables qui sont de véritables livres illustrés.

Saint Thégonnec (29410)




 

Dans les temps anciens, Saint Thegonnec s'est aussi appelé : Ploeyber Riual (vers 1330), Ploeyber Riual Saint Egonneuc (vers 1450), Ploeyber Sanct Egonnec (en 1467 et en 1557), Saint Thégonnec (en 1693).
Le nom de la commune provient de saint Quonocus ou Toquonocus (Quonoc, Coquonoc ou Toquonoc), par déformation ensuite Thégonnec.
La commune se situe dans le Finistère Nord, à environ 50 km de Brest, sur le plateau du Léon. Le bourg domine la vallée du fleuve côtier, la Penzé. Saint-Thégonnec est desservie par la voie ferrée électrifiée Paris-Brest via Rennes et Morlaix ; la voie express N 12 Paris-Rennes-Morlaix-Brest passe également par la commune.

La commune s'appelle aujourd'ui Loc-Eguiner Saint-Thégonnec à la suite de la fusion en 2016 entre les deux communes .

La légende de Saint-Thégonnec
Quonoc dénommé Thégonnec, disciple du saint breton Pol Aurélien, serait venu du Pays de Galles au VIe siècle pour évangéliser cette partie de la Bretagne. Reconnu comme le saint patron de la paroisse, c’est lui qui, selon la légende, aurait fait construire l’église de Saint-Thégonnec : il allait chercher des pierres à Plounéour-Menez, dans les Monts d’Arrée, quand, en traversant un bois, un loup se jeta sur le cerf qui tirait sa charrette et le tua. Saint-Thégonnec fit un signe de croix devant le loup qui fut aussitôt apprivoisé et remplaça donc le cerf pour tirer la charrette. Aujourd’hui, le loup est représenté sur le blason de Saint-Thégonnec.
 
L'escalier permettant d'atteindre l'arrière de l'église.   Vue d'ensemble par l'arrière.
Arc de triomphe ou Porte triomphale (1587-1589)
 
En granit de Plounéour-Ménez, il est dû à l'atelier du Château de Kerjean. Il est de style Renaissance. Quatre piliers massifs, surmontés de lanternes cubiques et de lanternons délimitent trois ouvertures. Seule la partie centrale, formée d'un arc en plein cintre, sert de porte et présente une prière en breton adressée à Notre-Dame de Vrai-Secours. Saint Thégonnec est figuré par son âne et sa charrette de chaque côté de la date de construction. Aux angles de l'attique, l'archange Gabriel et la Vierge, en Kersanton, encadrent quatre niches à coquilles, séparées par des pilastres et des trophées Renaissance, dominées par deux canons. Dans la niche du fronton triangulaire : Dieu le Père. Les passages latéraux sont bouchés par des échaliers empêchant les animaux de rentrer dans l'enclos. La porte centrale était fermée par une grille, uniquement ouverte pour les grandes occasions.
L'ossuaire (1676-1682)
L’ossuaire à gauche de la porte triomphale, construit entre 1676 et 1682 par l’architecte Jean Le Bescont, est dédié à la prière pour les défunts. Il servait de chapelle funéraire et de reliquaire. Il ne contient aucun ossement.
Le fronton triangulaire au centre de la façade abrite une statue de saint Pol Aurélien tenant en laisse le dragon qu'il aurait capturé à l’île de Batz. Une Vierge en argent au sommet du toit fait face au petit clocher. À l’intérieur, le retable de 1685 est dédié à saint Joseph, patron de la bonne mort. Dans la crypte se trouve une Mise au tombeau du Christ spectaculaire.
Notons également qu'avant la construction de l'ossuaire actuel en 1676, il en existait un autre, sur l'un des côtés du cimetière de la partie nord, et celui-ci servait en réalité à recueillir les ossements, il fut détruit en 1850.
 
Le Calvaire (1610)
Il fut élevé en 1610 et illustre la passion du Christ. Sur le socle, se trouvent des groupes de personnages qui figurent des scènes de la Passion. Au-dessous, on peut voir une petite niche qui abrite la statue de saint Thégonnec avec le loup qu'il attela à sa charrette, après que le cheval eut été dévoré par les loups. La plate-forme est surmontée d'une croix à deux traverses portant des personnages. A signaler les anges qui recueillent le sang s'écoulant des plaies du Christ.
Toutes les scènes sont signées Le Maître, de Saint-Thégonnec, sauf le Christ aux outrages, façade sud, signé Roland Oré et représentant un bourreau sous les traits d'Henri IV.


L'église Notre-Dame et Saint-Thégonnec (1563-1599)
Victime d'un terrible incendie accidentel, le 8 juin 1998, l'église de Saint-Thégonnec renaît de ses cendres grâce à la forte mobilisation des habitants de la commune, et surtout au minutieux travail de restauration réalisé par les architectes et les ouvriers de Monuments Historiques (6 ans de restauration).
L'élément le plus ancien est le petit clocher, à gauche du clocher-tour, qui date de 1563. La tourelle de l'escalier est noyée dans le rehaussement de l'église au XVIIe siècle. De style Beaumanoir, ce clocher est jugé trop modeste et la fabrique décide, en 1599, lors des travaux de reconstruction de l'église, de bâtir une tour qui pourrait rivaliser avec celle de l'église de Pleyben. De puissants contreforts encadrant l'oculus (oeil-de-boeuf) et l'horloge montent jusqu'à la galerie en encorbellement. Quatre clochetons d'angle encadrent le dôme qui porte une lanterne octogonale surmontée d'un lanternon (posé en 1626).
L'entrée du porche est encadrée par des colonnes baguées (dans le style de Philibert Delorme) et des colonnes cannelées. Au-dessus de l'arc, saint Thégonnec, en tenue d'évêque, surmonté d'un dais en forme de dôme. Sous le porche, quatre apôtres Jacques, Thomas, Pierre et Jean conduisent vers l'entrée de l'église.
Intérieur de l'église
La nef et ses vitraux.
Retable de l'arbre de Jessé   orgue construit en 1670 par Jacques Mascard, facteur d’orgues à Landerneau, mais plusieurs fois remanié.

Lampaul-Guimiliau



la légende

 
Le monstre obéit aussitôt et saint Pol, ayant conduit les deux dragons dans un bois désert et écarté, mit un bâton en terre auquel il les attacha en leur défendant de quitter cette place et de faire du mal à qui que ce fût.Les deux animaux observèrent cet ordre jusqu'au moment où, épuisés, ils périrent faute de nourriture. Et, à cause de ce grand miracle, on nomme encore aujourd'hui ce bois Coat-ar-Sarpant (le "Bois du Serpent"). La croix élevée jadis a été détruite en partie pendant la Révolution. On a pu en reconstituer la partie supérieure dressée aujourd'hui sur un fut entièrement neuf. Saint Pol fonda un monastère dans le village.
 
Lampaul-Guimiliau, dénommé anciennement Landa Pauli Botenes (attesté en 1467), puis Lampaul-Bodénès (attesté en 1581), était une *trève de Guimiliau, faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'Évêché de Léon et était sous le vocable de Notre-Dame. Les Évêques du Léon y possédaient une résidence champêtre à Coat-an-Escop ("Le Bois de l'Évêque") et le moulin qui en dépendait porte toujours les armes d'un évêque : Rolland de Neufville

*trève : Une trève (trev, treo ou tre, en breton) est, en Bretagne, une succursale de paroisse, subdivision rendue nécessaire par l'éloignement du lieu de culte paroissial. Ce terme religieux a, en toponymie, le sens de quartier. L'habitant d'une trève est un trévien (trevad ou trevian, en breton).
Noter le e accent grave par rapport à la trêve qui s'écrit avec un e accent circonflexe et qui est un arrêt limité et négocié d'activités ou d'hostilités pendant une guerre ou un conflit.


Le grand apôtre du Léon, saint Pol Aurélien, venait de vaincre un féroce dragon qui avait ravagé les environs du Faou, dont il était la terreur. Pol était arrivé près de l'endroit où s'élève aujourd'hui ce village qui doit au grand saint le nom de Lampaul, lorsque deux habitants l'abordèrent en lui disant qu'un petit du dragon, plus féroce encore que son père, dévastait les alentours, dévorant les bestiaux et les habitants. Le saint délia alors le basilic, qu'il avait dressé comme un chien docile. Il lui commanda d'aller chercher son faon et de le lui amener en ce lieu où s'éleva depuis la croix dite Croaz-Pol.

L'église (carte postale ancienne)
Le porche, le calvaire et au fond l'ossuaire.
L'église Notre Dame
Le clocher (1573), bâti 40 ans après le porche, était, après la chapelle Notre-Dame du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon, l'un des plus hauts du Finistère. . Il doit sa forme tronquée à la foudre qui en a détruit la flèche en 1809, et l'a amputé de 18 mètres.
La façade nord porte la date de 1609 gravé au dessus de la porte. Le mur sud, entre le porche et le choeur, a été refait en 1622. Le chevet polygonal (1627) est abondamment orné de lanternons.
De chaque côté du Porche sont disposés les statues des douze apôtres, en granit de Kersanton :
à l'est : Pierre, Thomas, Jude, Jean, Jacques le mineur, Jacques le majeur ; à l'ouest : André, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Matthias, Simon.
 
Intérieur de l'église.
La Poutre de Gloire (XVIe siècle) qui sépare la nef du chœur, porte un impressionnant Christ en croix avec la Vierge et saint Jean.
Baptistère baroque breton, en bois polychrome à colonnes torses et torsadées (1650).
La tribune des orgues, un beau travail du XVIIe siècle.
Le Calvaire (XVIe siècle). Il présente le Christ en croix entre le bon malfaiteur  apaisé, et le mauvais, au visage tourmenté. Sous la croix, 2 anges recueillent le précieux sang.
Guimiliau



 



Guimiliau vient du breton « Gwic » (bourg) et de Miliau, roi de Cornouaille. Budic, fils d'Alain Le Long, onzième roi de Bretagne-Armorique meurt vers l'an 531 en laissant trois fils : Théorodic, Miliau et Rivodius. Miliau épouse la reine Haurille qui donne naissance à saint Mélar (ou Mélard). Miliau est assassiné par son frère Rivodius (ou Rivod) vers l'an 531.
Guimiliau (ou Ploumiliau), ancienne paroisse primitive, était autrefois homonyme de Ploumiliau (Côtes-d'Armor). Elle porte aujourd'hui le nom de son chef-lieu. Elle englobait autrefois les territoires de Guimiliau et de Lampaul-Bodénès, sa *trève (aujourd'hui Lampaul-Guimiliau). La paroisse de Guimiliau dépend de l'évêché de Léon.

*trève : voir Lampaul-Guimiliau

L'église Saint-Miliau
Elle date du XVIe siècle et a été reconstruite au début du XVIIe siècle. Le porche méridional est remarquable et date de 1606-1617. Au-dessus du fronton triangulaire surmontant le porche se trouve la statue de saint Milliau. A gauche du porche, se trouve un petit ossuaire comportant des bas-reliefs figurant des scènes de la vie du Christ. A l'intérieur, l'église est couverte d'une voûte lambrissée. Du côté droit, se trouve un magnifique baptistère en chêne sculpté (1675). Huit colonnes torses supportent un baldaquin ouvragé qui est surmonté d'un dôme abritant un groupe représentant le baptême de Jésus-Christ. Dans le croisillon droit se trouve le retable de saint Joseph (XVIIe siècle) avec dans le bas et à droite, saint Hervé l'aveugle, et dans le bas et au centre, saint Yves, patron des avocats, entre le riche et le pauvre. A gauche, se trouve le retable de saint Milliau (1580) qui représente des scènes de la vie du saint. Dans le croisillon gauche, se trouve l'autel de la Vierge (XVIIe siècle) avec, au sommet, une Trinité. La chaire date de 1677. Les trois bas-reliefs de la tribune d'orgues datent du XVIIe siècle.

 

la Chapelle funéraire
La sacristie : coupole ronde au toit conique, flanqué de quatre demi-coupoles, séparées de contreforts saillants.
Au-dessus, statue de saint Miliau.
 


Le calvaire
(1581-1588).


Il porte un autel avec, au-dessus de celui-ci, l'inscription "Ad Gloriam. Domini. 1581". Il se compose de 25 scènes et plus de 200 personnages qui racontent la vie et la passion du Christ sur deux étages.
La date de 1588 se lit sous la représentation de la Fuite en Egypte.




  Baptistère (1675)
Véritable merveille en chêne sculpté, somptueux et varié dans un décor de « bas-reliefs », de guirlandes, rosaces et motifs de toutes sortes. Abritant la cuve baptismale en granit, un magnifique baldaquin (Renaissance) porté sur huit colonnes torses, où oiseaux, escargots, serpents grappillent baies et raisins. Au-dessus, des arcades en plein cintre, agrémentées de sujets historiés (angelots, Renommée couronnant un dauphin, rosaces et guirlandes...). Au-dessus des arcades, très belle frise... Puis un tambour octogonal, animé d'un petit Paradis de statuettes finement sculptées. A remarquer, entre autres (face au vitrail) : Saint Louis, roi de France, sous les traits de Louis XIV. Prolongeant ce dôme, une balustrade étagée et ajourée et, sous la coupole, le «Baptême de Jésus». Couronnant ce massif de charme, un lanternon surmonté d'un ange qui semble soutenir la voûte.

La chaire
en bois ouvragé (1677)
 
La chaire offre des finesses de sculpture insoupçonnées. Quatre anges dodus et trois cariatides soutiennent la cuve  aux panneaux couverts de « médaillons » d'une ornementation très soignée : aucun détail n'est omis dans les traits..

Vue de la nef.

La superbe estrade et son buffet d'orgues au fond de la nef.

à suivre ...
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