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Circuit des enclos paroissiaux (fin)


Circuit des enclos paroissiaux
Entre la baie de Morlaix et la rade de Brest, les enclos paroissiaux rivalisent de magnificence. Typiques des bourgs bretons, ils rassemblent dans un espace clos un ossuaire, un calvaire orné de personnages, une chapelle et une porte triomphale. Les scènes ciselées dans la pierre relient le monde des vivants au royaume céleste. Ces splendides monuments, érigés du XVe au XVIIe siècles, célèbrent la ferveur régionale autant que la prospérité de la manufacture textile et des ports d'alors.
Ce sont les fleurons du circuit : Saint-Thégonnec, Guimiliau et Lampaul-Guimiliau se livrent une compétition par enclos interposés. C'est à celui qui sera le plus remarquable, le plus exubérant… Saint-Thégonnec accumule les richesses ornementales en frôlant l'ostentation : calvaire à triple croix, clochetons sur l'église, chaire ouvragée… Toute l'opulence générée par le travail du lin s'exprime avec magnificence, des marches de l'entrée jusqu'en haut du clocher. Guimiliau se distingue par son impressionnant calvaire. Plus de 200 personnages rejouent des scènes légendaires et religieuses, avec beaucoup de vie et d'expression. Des histoires en 3D ! Sur le porche de l'église, une galerie d'apôtres salue les visiteurs. Extérieurement plus discret, l'enclos de Lampaul-Guimiliau est prestigieux par sa poutre de gloire déroulant une frise polychrome sculptée sur 3 faces et 6 retables qui sont de véritables livres illustrés.


Abbaye du Relec


 


A proximité de Plounéour-Ménez, on peut découvrir l'Abbaye du Relec. Fondée en 1132, l’abbaye du Relec est composée d’une grande église romane, de vestiges du cloître, d’étangs, d’une chaussée bordée de grands arbres, d’une fontaine monumentale et d’anciens jardins entourés de douves.
L’église romane, plusieurs fois modifiée, est aujourd’hui classée Monument Historique. Tous ces éléments confèrent aujourd’hui au lieu une magie indéniable. L’onde qui parcourt la surface des étangs, le vent dans les feuilles des arbres bruissent des souvenirs évanouis de cette vie cistercienne qui a, six siècles durant, animé le lieu et modelé le paysage. À partir du 15 juin 2015, réouverture de l’abbatiale après restauration patrimoniale. Ce bâtiment exceptionnel du XIIe siècle reste un rare témoin encore debout de l’architecture cistercienne en Bretagne.


Plougonven


 
Le 24 juillet 1764, Yves François Larcher, sieur de Kerascoët (intendant du marquis de Kersauson) passe contrat avec Mgr Hervé Nicolas Thépault du Breignou, évêque de Saint-Brieuc (avec le consentement de l'évêque de Tréguier), pour la fondation au bourg de Plougonven d'une maison et d'école de religieuses du Saint-Esprit. Cette maison est fermée à la Révolution et vendue comme bien national, le 2 mai 1793, à Joseph Raoul. " Fondation, au XVIIIe siècle, du couvent et hôpital du Saint-Esprit, en la paroisse de Plougonven, par haut et puissant seigneur Jacques-Gilles de Kersauson, seigneur marquis de Brézal, école et hôpital, supprimés par la Révolution .
La paroisse de Plougonven était jadis partagée en neuf *frairies : le Bourg, Kerhervé, la Forest, Kerangueven, le Duc, l'Abbaye, Quilliou, Kermorvan et Kervigaouez. Des trois grandes seigneuries de la paroisse de Plougonven, Kerloaguen, Garspern et Rosampoul, les deux premières étaient, dit-on, des démembrements de Bodister.
On rencontre les appellations suivantes : Plebs Conven ou Gonveni (vers 1330), Ploegonven (fin XIVe siècle), Ploë Gonven (en 1427), Plogonven (en 1440).
L'église a été construite de 1507 à 1523 et restaurée en 1933 après sa destruction par un incendie dans la nuit du 1er mai 1930.
Le Calvaire date de 1554 et a été restauré en 1897 par Yann Larhantec.
Une frairie est une subdivision de paroisse, apparue au Moyen Âge et qui a survécu jusqu'à la Révolution française.

*frairies : Une frairie est une subdivision de paroisse, apparue au Moyen Âge et qui a survécu jusqu'à la Révolution française. Les frairies n'existaient que par endroits dans le Royaume de France.
Plougonven vient de l’ancien breton « ploe » (paroisse) et de "Saint-Conven". Saint Gonven est invoqué pour les maux de tête.

Plougonven est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis le territoire de Saint-Eutrope. Saint Conven fonde la paroisse vers le VIe siècle. Plougonven fait partie ensuite de la châtellenie de Morlaix-Lanmeur et du fief de Pestel (seigneurie détenue au XIe siècle par la famille de Dinan). La pièce la plus ancienne dans laquelle figure le nom de Plougonven est un compte de décimes de la province ecclésiastique de Tours (dont dépendait l'évêché de Tréguier), rendu vers 1330 environ. Au XIVe siècle, au nombre des vingt-sept paroisses du Plougastel (Archidiaconatus de Pago-Castelli), on trouve Plebe Conveni. Un autre compte de 1461 donne la forme Ploëgonmen.
Saint-Eutrope, chapelle d'un quartier de la paroisse, avait pour chef-lieu le village de Guélétréo (en 1543). Saint-Eutrope est érigé officiellement en trève le 8 janvier 1651 (sentence de l'évêque de Tréguier, Mgr Baltazar Grangier, rendue le 24 novembre 1650), sur requête de François du Parc et Marie Le Duc, son épouse (seigneurs de Kergadou, de Rosampoul, et conseiller au Parlement de Bretagne).
Missire Pierre Paul est installé en 1651 comme premier curé de Saint-Eutrope. Le culte de Saint-Eutrope a été importé à Plougonven par Louise Beschet (Bechete) de Rybemont, mariée vers 1420 à Maurice de Kerloaguen, seigneur de Rosampoul.

L'église a été construite de 1507 à 1523, et dédiée à saint Yves - Le chevet a été modifié en 1702 - Elle a brûlé dans la nuit du 1er mai 1930 et seuls sont restés les murs et le clocher. Les travaux de restauration ont été achevés en 1933.
Les autels en pierre de kersanton ont été sculptés par Yann Larhantec (natif de Plougonven), et placés dans l'église de 1855 à 1874.
La bannière, dans le choeur, côte Ouest, près des stalles, date du XVIIe siècle : elle comporte une adoration du Saint Sacrement et la Vierge Marie. Elle a été restaurée en 2006.
 
Le Calvaire a été érigé en 1554. Il est le second dans l'ordre chronologique, le premier étant celui de Tronoen, en Saint-Jean-Trolimon. Il a été restauré en 1897 par Yann Larhantec.
Il représente les principales scènes de la vie et de la Passion du Christ.
Au premier niveau : L'Annonciation - la Visitation la Nativité - l'Adoration des Mages - Jésus au Temple - le Baptême de Jésus - la Tentation au désert - l'Arrestation de Jésus - Saint Yves entre deux plaideurs.
Au deuxième niveau : La Flagellation - le Couronnement d'épines - Jésus devant Pilate - Véronique et les saintes femmes de Jérusalem - Jésus porte sa croix - Jésus est mis au tombeau - Jésus visite les Justes aux enfers - Jésus Ressuscite.
Tout en haut : Jésus en croix avec sa mère et saint Jean, les deux larrons, deux soldats, et au-dessous, Jésus est descendu de la croix pour être mis au tombeau.
A remarquer :
- les costumes (sauf ceux de Jésus et de la Vierge) sont ceux des paysans et des bourgeois du XVIIe siècle.
- l'un des gardes est armé d'une arquebuse. Maichus aux pieds de Jésus, alors que Pierre remet tout tranquillement son épée au fourreau.
     
Voilà, c'est fini pour les enclos, mais, nous n'avons pas tout vu. Il en reste pour d'autres voyages.
Nous reprenons notre route, direction Roscoff.


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