Retour en Bretagne
St Michel en grève - Landerneau - Plougastel

Lundi 12, après notre nuit à Locguirec, nous reprenons notre route vers Lannion. Ou nous avons rendez-vous avec des amis pour déjeuner.
Au passage, nous nous arrêtons à Saint-Michel-en-Grève. Petite station balnéaire située entre Lannion et Morlaix, 4 km de plage de sable fin aux dessins toujours renouvelés, aux couleurs changeantes, invitent à la promenade. Une plage magique marquée en son milieu d'une croix ancestrale, vestige de l'ancienne voie gallo-romaine.
Saint-Michel-en-Grève

La légende de Sainte-Folle

 
« Longtemps après la mort de cette sainte de fortune, on vit encore, dans la chapelle du Yodet, l'ex-voto que lui avait consacré la piété des matelots du navire conduit et sauvé par elle ». Une complainte l'évoquant, en langue bretonne, fut aussi longtemps chantée dans la région.
Voici l'histoire légendaire d'une jeune fille sourde-muette qui aurait habité, peu avant la Révolution française, un des cabarets de Saint-Michel-en-Grève. Surnommée "La Folle" car considérée comme faible d'esprit, mais que les pêcheurs, superstitieux, emmenaient fréquemment avec eux, convaincus que la présence à bord de la jeune sourde-muette permettait de conjurer les orages. Lorqu'un bateau rentrait avec une bonne pêche, une part lui était réservée. Une nuit d'ouragan, la jeune femme, seule à bord d'un canot, alla porter secours à un brick de pêcheurs en grave difficulté en raison d'un ouragan et, prenant la barre, parvint à ramener le navire au port. Depuis ce jour mémorable, la Folle, canonisée par la reconnaissance de tout un équipage, devint "Sainte-Folle" pour tous les marins de Basse-Bretagne (...).
Face au village, une plage immense ! Nous nous arrêtons et marchons sur la grève jusqu'à atteindre l'eau, et elle est très loin,

Vers midi, nous retrouvons nos amis à Lannion, et comme prévu, nous faisons une petite dinette dans le camping-car. Après déjeuner, nous retournons à Morlaix pour la nuit. Nous en profitons pour faire les pleins et vidanges. Au petit matin du 13, nous repartons vers Brest ou nous devons voir des amis (encore) que nous n'avions pas vus de puis plus de 10 ans. Nous passons à Landerneau et nous nous y arrêtons.

Landerneau



Un pont habité de plus de 500 ans
Né au point où la marée finit sa course, le superbe pont de Rohan plonge ses 6 arches de pierre dans l’eau salée. Construit au XVIe siècle, le monument enjambe l’Elorn, succédant à un édifice de bois datant du XIIe. Les bâtiments qui se dressent sur les piles de granit ont abrité des générations de prospères artisans et de marchands de draps. Pour admirer leurs encorbellements recouverts d’ardoise, il est recommandé de prendre un peu de recul en remontant la rive droite de quelques pas.

Des fenêtres avec vue sur l’Elorn
Sur les quais, les négociants fortunés ont érigé de fières demeures illustrant la riche activité portuaire de la ville, liée à l’exportation de la toile de lin et du cuir. Les constructions des XVIIe et XVIIIe siècles s’ornent de lucarnes ouvragées, de tourelles, de pans de bois… et d’armoiries en forme de lune, devenue le symbole de la ville. La pierre ocre-jaune de Logonna donne une chaleureuse couleur.

Du bruit dans Landerneau
L'expression proverbiale « Cela va faire du bruit dans Landerneau » renverrait au tintamarre qui y était donné sous les fenêtres d'une veuve trop vite remariée. Elle est utilisée quand un événement provoque un grand émoi dans un milieu clos,  et par extension on appelle « Landerneau » un milieu considéré comme un club fermé de haut niveau (le « Landerneau culturel », le « Landerneau économique »).

Landerneau doit sa renommée davantage à son exceptionnel pont habité, à sa « lune » ou au « bruit » que sont censés y faire des événements d’importance marginale qu’à l’ancienneté et à la densité de son histoire pourtant deux fois millénaire. Elle ne mérite pas d’être réduite à des clichés.
La cité, depuis le moment où les documents permettent d’en suivre la destinée, a fait preuve d’un réel dynamisme, servi par son statut de ville-centrale de la seigneurie de Léon, sa situation privilégiée au contact du Léon et de la Cornouaille, à proximité du grand marché de Brest, au débouché d’un riche terroir agricole et au contact des routes maritimes qui ont ouvert à ses marins et négociants les horizons des mers du Ponant. Capable d’attirer et de retenir des négociants puis des industriels, elle doit aussi sa réputation à la faculté d’innovation de ses chefs d’entreprise, qui l’ont fait connaître bien au-delà de son « pays », dans le domaine de l’industrie, de l’agriculture ou encore de la distribution commerciale.
 
L'église Saint houardon

La paroisse actuelle de Saint-Houardon se compose des quatre paroisses qui, avant la Révolution, se partageaient le territoire de l'actuelle commune : Saint-Houardon (rive nord, du ruisseau du Leck à la Petite Palue), Saint-Thomas et Saint-Julien sur la rive sud, Beuzit-Conogan sur la rive nord, à l'ouest de la Petite Palue. Saint-Thomas était à la fois paroisse et prieuré dépendant des Chanoines de Saint-Augustin de Daoulas, et donc du Diocèse de Cornouaille.

 
Le pont de Rohan
C'est un pont habité. Il permet defranchir l'Elorn au centre de Landerneau. C'est l'un des plus vieux parmi les quarante-cinq ponts garnis de maisons d'Europe. Construit au XVIe siècle au fond de l'aber qui servait de port, il a l'originalité supplémentaire de subir la marée et de séparer l'eau douce de l'eau saumâtre.
 
Dans la ville .
Plougastel-Daoulas


L'an 1186, Hervé, Vicomte de Léon, donna à l'Abbaye de Daoulas les dîmes de Ros-Ker-admel et le village de Saint-Pol en Plougastel. Ce seigneur possédait encore dans cette paroisse la châtellenie de Kerangoalan. L'abbaye de Daoulas va étendre son influence sur la paroisse qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille.
La paroisse de Plougastel-Daoulas (Plebs Petri et Guic Castel) est mentionnée vers 1330 (lors du procès de canonisation de Saint-Yves). En effet à cette époque " Guigo Enbis, paroisse de Pierre de Plougastel, âgé de 35 ans et plus " et " Judicel Omensin, paroisse de Guic Castel, âgé de 40 ans et plus déposent lors de l'enquête sur la vie de Saint Yves.
Le Quillou appartenait, en 1360, à Guillaume le Barbu dont le fils Gui le Barbu sera nommé évêque de Saint-Pol-de-Léon en 1385. A noter aussi qu'un château fort a existé au XIIe siècle à Kerévault.
On rencontre les appellations suivantes : Plebs Castelli ou Plebe Castello (au XIème siècle), Ploecastel (en 1173), Ploecastell (en 1186), Plebs Petri (vers 1330), Guic Castelle (vers 1330), Guicastell (en 1405), Ploegastel Doulas (en 1535), Plougastel-Daoulas (depuis 1779).
Le nom de Plougastel-Daoulas vient du breton "ploe" (paroisse) et "Castel" (forteresse). Plougastel est une paroisse bretonne fondée vers le VIe siècle. Son bourg est appelé en breton "Gwikastell" ou "Plou-Castel".
Plou-Castel (Plougastel) englobe les communes de Plougastel-Daoulas, Loperhet, Dirinon, Saint-Urbain, Trévarn (aujourd'hui en Saint Urbain), Saint-Thomas de Landerneau et la rive droite de Daoulas. Une vaste forêt appelée Talamon s'étendait le long des rives de l'Elorn. On trouve le nom de Plougastel au XIe siècle : l'abbaye de Landévennec y avait alors des possessions.
Eglise Saint Pierre de Plougastel-Daoulas (reconstruction partielle : 1950)
 
L'ancienne église a été édifiée en 1870 sur les plans de Bigot et endommagée par les bombardements des 22 et 23 août 1944. Restaurée et reconstruite en partie, elle a été livrée au culte en 1950. L'édifice actuel, en forme de croix, comprend un clocher encastré, une nef de cinq travées avec bas-côtés, une croisée avec tour lanterne et ailes au centre de laquelle est le choeur, puis une autre nef de trois travées avec bas-côtés terminée par un chevet droit. L'église du XIXe siècle avait conservé un beau retable du Rosaire (daté de 1654-1656 et oeuvre de Jean Berthoulous) et un autel surmonté d'une Mise au Tombeau du XVIe siècle, provenant de l'ancienne église. Le maître autel moderne, en marbre de la Mayenne, est exécuté sur les plans de Dom de Laborde et consacré le 2 septembre 1957. On y trouve un chemin de croix moderne de M. des Abbayes et des fonts baptismaux du XIIe siècle provenant de Meilars. L'église abrite une statue de saint Pierre et une Pietà ;
 
 
 
 

 

Le calvaire de Plougastel-Daoulas
 
  détails du Calvaire de Plougastel-Daoulas  
171 statuettes donnent la vie à ce beau calvaire. La frise est ornée d'une multitude de bas-relief représentant la vie de Jésus-Christ. On y remarque la Nativité, la fuite en Egypte, la Cène et le lavement des Pieds. Le grand drame de la passion se déroule ensuite en une véritable armée d'acteurs. Parmi les différents groupes de statuettes, l'un se distingue surtout par son originalité : c'est celui de l'entrée triomphale de Jésus-Christ à Jérusalem. Cette vaste composition en granit de Kersanton, est dominée par trois grandes croix plantées au centre. Détruit sous la Terreur, le calvaire est restauré au XIXe siècle, puis au XXe siècle, après la Libération, ayant été fort endommagé lors du siège de Brest. Le calvaire porte plusieurs inscriptions : sur la frise du massif "Ce mace fut achevé a lan 1602 Fabriques lors M. A. Corr. F. Periou. I. Baod. Curé", au dos de la croix de Notre-Seigneur "H. Rollant. I. Le Moal. 1603", sur la pierre du tombeau "1604. I. Kerguern Thomas. Fab. O. Vigouroux. Curé".
 
Il y a 300 ans, Frézier ramenait sa fraise à Plougastel...
En 2014, la fraise de Plougastel a célébré ses 300 ans ! Importé du Chili en 1714, le fruit rouge a conquis la pointe bretonne avant de devenir un des emblèmes de notre gastronomie nationale. Mais sait-on encore aujourd’hui que si c’est un monsieur Frézier qui l’a découvert, tout cela n’est que le fruit du plus grand hasard ?
Amédée François Frézier fut envoyé officiellement en 1711 par Louis XIV en tant que conseiller militaire pour les colonies espagnoles. Sa vraie mission néanmoins, était d’espionner les installations sud-américaines du voisin pyrénéen. Ce qu’il fit. Mais, féru de botanique, il observa également la faune locale et tombant sur la magnifique fraise blanche chilienne. Il décida de l’exfiltrer. Notre James Bond avant l’heure ramena en 1714 de bons fraisiers du Chili dont l’un allait être planté à Plougastel.

Il est temps de reprendre notre route, direction Brest ou nous sommes attendus. Une bonne soirée et un bon repas nous attendent. Suite à quoi nous passerons la nuit dans notre camping-car devant la maison. Le lendemain matin, nous reprenons la route pour visiter la région.

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20170612 - St Michel en greve.zip
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