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Languidou, Tronoen

Jeudi 15 juin, il est environ 9 heures lorsque nous quittons la pointe du Van. Direction Loctudy par la côte.
Le moulin de Trouguer est situé sur la commune de Cléden-Cap-Sizun. Le moulin-tour en granite s'élève en avant de la zone protégée de la pointe du Van, non loin du site archéologique gallo-romain de Trouguer. Au XVIe siècle, la commune comptait une quinzaine de moulins à vent. Le moulin de Trouguer est le dernier d'entre eux. Abandonné dans les années 50, il a été restauré par la commune à la fin des années 90. Durant la saison estivale, il est remis en activité pour moudre du blé noir.
La légende de la chapelle de Languidou
La chapelle de Languidou est en ruines dans la paroisse de Plovan, sur le versant d'un coteau herbu qui regarde la mer sans la voir. Il y a pourtant un vallon qui mène de la chapelle à la côte, et cette côte est tout près. Le vallon est occupé par un étang d'eau saumâtre, séparé de la mer par un cordon de galets si haut, que même les plus grosses vagues du plus mauvais hiver ont de la peine à le franchir.
Et c'est ainsi que Languidou est prisonnière dans les terres depuis on ne sait quand, mais ce n'est pas d'avant-hier. A cause de ces galets que la mer elle-même a tiré du fond de son ventre pour bâtir un mur. Quel malheur pour la chapelle et pour le Saint Kido qui en était le maître !
Bien avant le temps où le plus vieux chêne de la Bretagne n'était pas encore un gland, la mer venait lécher librement l'enclos sacré de Languidou. La marée, deux fois par jour, remontait jusqu'au manoir de Lesnarvor qui est à une lieue de la côte.
Le pays de Penmarc'h, en ce temps-là, était un archipel d'îles basses entre lesquelles on circulait par des canaux. Tout au long de la Baie d'Audierne, il y avait des ports ouverts. Et c'est par la route de mer que des pèlerins arrivaient de toute part au grand pardon de Languidou. Ils venaient même des pays étrangers et apportaient avec eux leurs bannières pour rendre hommage au seigneur Saint Kido. Et puis, il vint un temps ou la mer attrapa mal au ventre, on ne sait pas pourquoi ni comment. Peut-être à cause des pêchés des hommes. A force de convultions, elle dérouta ses courants, elle bannit ses poissons au large, elle encombra les canaux de sa vase, elle finit par dégorger, sur ses bords, les galets qui lui faisaient mal. Toutes les charrettes du monde n'auraient pas réussi à en débarrasser le rivage avant le jour du jugement. La baie de Kido se trouva barrée d'un cordon de galets polis et se dessécha derrière ce mur. La rivière devint un étang et les cloches de Languidou sonnèrent le glas du grand pardon. Pendant plusieurs années encore, des navires d'outre-mer chargés de pèlerins se présentèrent devant la Baie d'Audierne, cherchant l'entrée de la rivière de Kido.
Mais ils avaient beau croiser de Porz-Karn à Porz-Pouhlan, il n'y avait plus d'entrée. Quelques marins débarquèrent sur la grève et montèrent sur le cordon de galets. Derrière, ils virent l'étang mort et la chapelle, au versant du coteau, qui semblait morte aussi. Alors, ils retournèrent dans leur pays avec leurs bannières inutiles. On ne les revit plus jamais.
Les gens du pays gardèrent leur confiance au seigneur Saint Kido, bien que son pouvoir ne s'étendit plus sur la mer. Mais le pardon de Languidou n'attirait plus les fidèles au-delà d'une étape de charrette. Et cependant, on parlait toujours de la chapelle comme de l'une des merveilles du monde. Les piliers qui la soutenaient n'avaient pas leur pareil à Rome.
La grande rosace, vers l'Est, garnie de verres de couleur, multipliait le soleil du matin qu'elle répandait sur le dallage en parterres mouvants. Les tailleurs de pierre, et même les maçons jusqu'au plus humble gâche-mortier, n'en finissaient pas d'ouvrir la bouche devant elle.
Tous les personnages de pierre étaient encore là, sur leurs consoles de pierre. Il y avait surtout une "image" qui était placée de telle sorte qu'elle pouvait regarder dehors par cet œil-de-bœuf qui est encore intact dans les ruines du mur au Sud. Et l'image tenait en respect, de son mieux, les tempêtes qui assaillaient la Pointe de Penmarc'h. Elle était le dernier recours des pèlerins de Languidou.
Mais un beau jour, elle avait disparu. Elle était partie pour des raisons qui étaient les siennes ou celles du Seigneur Tout-Puissant. Alors, la désolation tomba sur Languidou. On prit peur devant cet abandon, la plus grave catastrophe depuis les convulsions de la mer. Certains chargèrent leurs biens sur une charrette et vidèrent le pays. Des gens de peu de foi. C'était trop tôt. Quelques temps après, l'image se retrouva, installée comme chez elle, dans une des chapelles d'alentour. Mais on ne sait laquelle. Et Languidou, tombée en décadence, entra définitivement dans l'histoire, ayant gardé ses os mais perdu sa chair. Pour les gens de Plovan, elle n'est plus que le vieux cimetière.
Calvaire et chapelle de Tronoën (Saint Jean Trolimon)
La chapelle
La cathédrale des Dunes
Au Ve ou VIe siècle, St Maudez, un moine irlandais, fils du roi Ercléus et de la reine Gestude, a fuit son royaume pour évangéliser la Bretagne. St Maudez soignait les sourds, les aveugles et les paralytiques ; la légende faisait de lui un chasseur d’insectes venimeux et outre les vertus supposées de St Maudez, on lui attribua également les guérisons de piqures de toutes sortes : guèpes, serpents, vers intestinaux, ballonnements…
A quelques pas de la chapelle se trouve toujours la fontaine qui était à l’époque très fréquentée pour ses vertus miraculeuses ! La source « miraculeuse a été aménagée en fontaine au XVe siècle.
St Maudez n’étant plus honoré en Bretagne, au XVe siècle fut édifiée ce qui est aujourd’hui Notre Dame de Tronoën.

La chapelle se compose d’une unique nef surmontée d’un clocher à trois flèches. On peut différencier deux entrées sur la façade sud, un porche de baptème à 8 niches et une porte. A gauche d’une d’entrée, derrière un pilier on peut voir une tête, c’est le guetteur de la chapelle. Il y a plusieurs légendes à son sujet. Pour certains il aurait été mis là pour surveiller la Vierge Marie aux seins nus qui se trouve sur le calvaire, afin de la protéger des regards indiscrets. Une seconde légende raconte, que si l’on entend le guetteur siffler lors d’une très grosse tempête, ce serait l’annonce de la fin du monde "apocalypse". Une autre légende laisserait entendre que le pilier support du clocher, à l’intérieur de la Chapelle, cacherait un escalier dont l’entrée (et la sortie) seraient cachées. A l’intérieur de la chapelle on peut remarquer que la nef comprend deux travées.
C’est l’un des très rares édifices à voûte de pierre de Bretagne et le seul en Pays Bigouden, à être séparé du chœur par l’arc diaphragme et son pilier.
 
 
Le Calvaire
Une bande-dessinée taillée dans la pierre

C’est le plus vieux des grands calvaires bretons. Il date du XVe siècle, comme la chapelle, et est entièrement constitué de granit. L’inégalité des matérieux laisse supposé qu’il s’agit d’un ouvrage composite et que la statuaire provient de 3 ou 4 ateliers différents. La magnifique statuaire déroule comme une bande dessinée la vie du Christ, de la naissance à la crucifixion. Si certains personnages ont souffert des outrages du temps, du vent et du sel de l’océan proche, la statue de la vierge en gésine est magnifiquement conservée et offre la pureté de son profil à l’admiration de dizaines de milliers de visiteurs chaque année.
Le Calvaire a été entièrement restauré en 1998 – 1999. Sur la scène de la nativité, le calvaire propose une représentation très rare de la vierge Marie. Dans sa maternité triomphante, la Vierge est allongée sur sa couche et les seins nus. A ses pieds l’enfant dieu est étendu, vêtu d’une robe et déjà bien grand pour un nouveau-né. Il tient un globe à la main gauche et lève la droite en un geste d’enseignement. Saint Joseph est assis au chevet de l’accouchée, son bâton près de lui.
Les scènes se lisent globalement dans le sens contraire des aiguilles d’une montre en partant de l’extrémité droite de la face Est. Seules les scènes de la mise au tombeau, celles de l’arrestation, ainsi que tous les actes de la vie de Jésus se déroulant entre son baptême et la Cène manquent dans l’iconographie représentée. D’ailleurs, l’aspect chonologique est secondaire dans ce calvaire, puisque la disposition des scènes répond avant tout à des considérations symboliques.

 
La Fontaine
Une fontaine miraculeuse
A 100m de la chapelle sur le chemin qui va vers la mer, en contrebas à gauche, on peut voir la fontaine. Elle est très basse et enfouie. C’est un petit monument avec un toit incliné et une niche en ogive deux reposoirs encadrent le tout. L’eau s’évacue par un canal vers un bassin plus important. Construite au début du XVe siècle, cette fontaine est aménagée sur une source. Comme cela se passe souvent lors du changement de Saint de la chapelle, sa fontaine a gardé le nom du premier Saint, Saint Maudez. Elle guérissait les piqûres de toutes sortes d’insectes : (guêpes, hannetons) et les morsures de serpents. Afin d’obtenir une efficacité totale les fidèles devaient mélanger l’eau de la fontaine à un peu de terre prélevée au pied de la statue de la chapelle …
La fontaine placée sous le vocable de Notre Dame de Tronoën, luttait contre la stérilité des femmes. Il fallait pour cela boire de son eau car, de par son caractère fécond, l’eau est fécondante. De petits morceaux de porcelaine encore visibles au fond ou autour du bassin indiquent que l’on pratiquait ici la tradition des " bravigou " (jolies petites choses). Les pauvres ou les enfants qui ne pouvaient donner quelque menue monnaie en offrande les remplaçaient par de petits morceaux de porcelaine. La fontaine alimente un lavoir en pierres et une mare.
Vers midi, nous déjeunons dans la crêperie "La terrasse" à côté de la chappelle. Nous y dégustons des crêpes originales et excellentes. Le tout accompagné d'un cidre exceptionnel. Tellement bon que nous demandons l'adresse du fabricant et que nous nous y rendons après ce repas (Cidrerie Kerné - Mesmeur 29710 POULDREUZIC). Nous reprenons ensuite notre route vers Loctudy où, après une bonne soirée, nous passerons la nuit chez nos amis.
Il fait vraiment trop chaud et nous décidons de raccourcir nos vacances.
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