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Circuit des enclos paroissiaux (suite)


Circuit des enclos paroissiaux
Entre la baie de Morlaix et la rade de Brest, les enclos paroissiaux rivalisent de magnificence. Typiques des bourgs bretons, ils rassemblent dans un espace clos un ossuaire, un calvaire orné de personnages, une chapelle et une porte triomphale. Les scènes ciselées dans la pierre relient le monde des vivants au royaume céleste. Ces splendides monuments, érigés du XVe au XVIIe siècles, célèbrent la ferveur régionale autant que la prospérité de la manufacture textile et des ports d'alors.
Ce sont les fleurons du circuit : Saint-Thégonnec, Guimiliau et Lampaul-Guimiliau se livrent une compétition par enclos interposés. C'est à celui qui sera le plus remarquable, le plus exubérant… Saint-Thégonnec accumule les richesses ornementales en frôlant l'ostentation : calvaire à triple croix, clochetons sur l'église, chaire ouvragée… Toute l'opulence générée par le travail du lin s'exprime avec magnificence, des marches de l'entrée jusqu'en haut du clocher. Guimiliau se distingue par son impressionnant calvaire. Plus de 200 personnages rejouent des scènes légendaires et religieuses, avec beaucoup de vie et d'expression. Des histoires en 3D ! Sur le porche de l'église, une galerie d'apôtres salue les visiteurs. Extérieurement plus discret, l'enclos de Lampaul-Guimiliau est prestigieux par sa poutre de gloire déroulant une frise polychrome sculptée sur 3 faces et 6 retables qui sont de véritables livres illustrés.


Loc-Eguiner Saint-Thégonnec (29410)


A ne pas confondre avec la commune de Loc-Eguiner qui est parfois dénommée Loc-Éguiner-Ploudiry pour la différencier de Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec.

 

replacée comme borne milliaire le long de la voie romaine menant de Vorgium à Tolente (des fragments de tuiles romaines ont été trouvés dans le placître), et christianisée au cours du Moyen Âge, a été placéeà l'intérieur de l'enclos paroissial. La première trace du nom date seulement de 1652 (Logueguiner).
Une motte féodale, datée entre le Xe siècle et le XIIIe siècle, proche du bourg, entourée de douves profondes, d'une circonférence de 120 mètres et haute de 12 mètres, surveillait le franchissement de la Penzé par la route qui avait succédé à la voie romaine.
Longtemps Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec n'a été qu'une simple trève de la paroisse de Plounéour-Ménez. L'église est traditionnellement consacrée au saint éponyme, saint Éguiner mais aussi à saint Jean, car un établissement de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dont une commanderie se trouvait non loin de là à La Feuillée a dû y exister.
Par décret en date du 25 mai 1955 la commune portera désormais le nom de Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec.

Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec a été depuis l'Antiquité un lieu de passage obligé dans la traversée de la Bretagne intérieure. Une stèle datant de l'âge du fer,

La chapelle de Loc-Eguiner
« La chapelle, et non l'église, de Loc-Eguiner n'a jamais été qu'une chapelle de secours, dans et pour la paroisse de Plonéour-Ménez, sans fabrique, ni possession ni titre avant la Révolution » écrit M. Kernéis, recteur de Plounéour-Ménez, au vicaire général de Quimper en 1864. Dès le 28 frimaire an XII (20 décembre 1803), les habitants font la demande d'un prêtre à Mgr André, évêque de Quimper. Ils exposent qu'ils sont à une lieue et demie de l'église paroissiale de Plonéour-Ménez, et à des distances analogues de toutes les localités voisines : Saint-Sauveur, Guimiliau, Commana, Saint-Thégonnec. M. Berthou, desservant de Plonéour-Ménez, appuie leur requête, le 1er ventôse an XII (21 février 1804), en déclarant qu’il faut conserver l'oratoire nommé Loc-Eguiner, où, avec un prêtre, on rendrait service aux fidèles de quatre paroisses. Un presbytère est construit grâce à une souscription parmi les habitants en 1828 et une nouvelle demande est adressée en 1829 : un prêtre (un vicaire de la paroisse-mère de Plounéour-Ménez) est enfin nommé et Loc-Eguiner devient une *trève de Plounéour-Ménez en 1830. En 1832, les habitants demandent le droit d'inhumer dans leur cimetière. Le 20 novembre 1843, cette dernière est érigée en église succursale par l'évêque de Quimper, ce qui est confirmé par ordonnance royale du 16 août 1844, mais sa séparation de Plounéour-Ménez a déclenché de violentes protestations de la part des riches paysans qui pensaient avoir été rattachés à une paroisse de rang inférieur.
Loc-Eguiner devient une commune indépendante le 31 décembre 1866.

*trève : voir Lampaul-Guimiliau
l'église Saint-Éguiner..


Plouneour-Ménez

 
Les quevaises de l’Abbaye du Relecq étaient nombreuses et étendues.
Celles des hospitaliers se limitaient à cinq sur le territoire de Plounéour, à savoir : quatre à Keradalan et une à Mesquéau. Loc-Eguiner, la partie Ouest de Plounéour-Ménez, ancienne trève, fut érigé en paroisse en 1843 et en commune en 1866.
L’activité agricole est principalement orientée vers l’élevage depuis le début du XXe siècle et se concentre dans la partie nord de la commune. La partie Sud est constituée par la crête des Monts d’Arrée qui suit une ligne Sud-Ouest / Nord-Est. Elle est couverte de landes et de tourbières. De nombreux ruisseaux y trouvent leur source et alimentent les trois principaux cours d’eau de la commune.

*Tenure (féodal): mode de concession d'une terre, en vertu duquel une personne n'en possède que la jouissance, à titre précaire. On distingue la tenure noble (ou « terre de noble tenure » car elle impliquait un hommage lors de l'acquisition, synonyme de fief), la tenure roturière, la tenure censitaire et la tenure servile.

Plounéour-Ménez (Ploeneour-in-Monte vers 1330), la paroisse d’Enéour-de-la-Montagne, est une paroisse primitive créée vers le VIe siècle par St Enéour, venu de Grande Bretagne à l’époque de l’émigration.
Saint Enéour serait, selon la légende, enterré dans l’église. Au nord du Roc’h-Trévézel, se situe un bloc de pierre, creusé de cavités où la légende voit l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de St Enéour ainsi que la marque de son corps, et qui marquerait l’endroit où il mourut.
C’est sous l’impulsion des moines de l’Abbaye du Relecq et des hospitaliers de St Jean de Jérusalem, que sont mises en valeur les pentes des Monts d’Arrée. Des colons vont défricher les terres et abattre les bois sous un mode de *tenure particulier, la quevaise.

La porte triomphale.
 










Eglise Saint Yves


Elle fut construite en 1651, à l'emplacement d'une église plus ancienne. L'église elle-même et l'arc de triomphe ont été classés monument historique par arrêté du 27 mars 1914 ; la porte monumentale, le mur de clôture et le terrain de l'enclos ont été classés par décret du 5 juin 1925.
Son architecture plutôt sobre, met en évidence les grandes dimensions de l'édifice et en particulier du clocher qui culmine à plus de 50 m ce qui en fait l'un des plus hauts du Finistère, tout au moins en ce qui concerne les églises
La nef.
L'autel du Rosaire (XVIIe siècle)
à suivre ...
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